VELOTOUR: QUID, QUOI, COMMENT ?

7/09/2017 – Pour sa 4e édition, le Velotour devrait faire montre de son succès grandissant. Un succès qui n’est pas pour déplaire à la Ville du Havre. Car en plus de mettre en avant sa politique sur les transports doux, l’événement comporte un volet d’attractivité. Et le tout en investissant de moins en moins d’argent public.

CONTENU EDITORIAL

Initiative privée, le Velotour dérange une partie de la population havraise. Surtout les cyclistes engagés comme ceux du collectif Velorution. Car eux aussi organisent des balades à vélo “manifestives” et veulent promouvoir la pratique de ce mode de transport. La différence, c’est qu’ils le font gratuitement. Pourtant, de son côté, la Ville est plutôt heureuse de voir le Velotour s’installer confortablement au Havre. Et ce pour plusieurs raisons.

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LE VELOTOUR PRIVE ET COÛTEUX. VRAIMENT ?

Parmi les détracteurs de la manifestations, on entend souvent ces arguments. “15€ pour monter sur vélo” ou encore “la Ville préfère dépenser son argent là-dedans que dans l’entretien des installations”. Et encore, on ne cite que les plus récurrentes. Pour le prix, la question a été abordée. Certes, la municipalité du Havre aurait très bien pu organiser cet événement elle-même. C’est le maire Luc Lemonnier qui le dit.

“On n’a pas de dogme. On ne s’interdit pas de faire en régie ou via un prestataire. Nous faisons ce qu’il y a de mieux pour l’usager. D’ailleurs, toutes les compétences n’ont pas été déléguées à Velotour”

Bon, ça c’est dit. Et vous le savez, on n’a pas l’habitude d’être tendre avec la Ville ou la communauté d’agglomération (CODAH). Surtout quand elles font n’importe quoi. Cependant, en ce qui concerne le vélotour, il n’y a pas grand chose à dire sur la cohérence de l’événement. Certes, il s’agit d’un prestataire privé auquel la Ville donne son concours financier. Mais il est à noter que ce concours s’élève à 25 000 € depuis 2016. Les subventions 2014-2015 étaient quant à elles de 70 000 €. Ce pour une raison assez simple d’après le maire du Havre.

“Les financements sont négociés pour 2 ans. Et la participation de la Ville se veut être de plus en plus modeste pour inciter à un modèle économique viable”

Quoiqu’il en soit, 70 000 ou 25 000 € ne suffiraient pas à entretenir les voies cyclables. Et on ne dit pas ça pour récupérer ces subventions (on vous voit venir). D’après le plan vélo engagé par la CODAH en 2012, 11 millions d’euros seront nécessaires à construire et entretenir les 187 km de voies cyclables disponibles à l’horizon 2020. Mais justement, où est-on de ce modèle économique du Velotour ? Son directeur Bastien de Marcillac semble plutôt satisfait.

“La 1ere année, on était à 5 000 € de bénéfices et 10 000 € la 3e. Il n’y a qu’en 2015 où nous avons été déficitaires parce que nous avions surestimés le nombre de participants. Pour cette année, nous avons encore un prévisionnel de 10 000 € en bénéfices”

Rentable donc. Mais pas encore assez pour se passer totalement du soutien de la Ville. Et ce malgré l’investissement de 150 bénévoles et 8 partenaires privés sur cette édition 2017.

VELOTOUR: UNE PROMO EFFICACE. MAIS POUR QUI ?

Néanmoins, sur le volet promotion, on est un peu plus sceptique. Surtout quand on nous explique qu’il s’agit surtout de faire celle des modes de transport doux. Mais Bastien de Marcillac s’empresse de le contredire.

“Sur chaque édition, on distribue un questionnaire. En 2016 90% de ceux qui ont répondu sont intéressés pas une plus grande pratique du vélo”

Intéressant. Mais si cette promotion du vélo est si importante, pourquoi avoir supprimé les rondes-rollers ? Ces balades vélo-trottinettes-rollers nocturnes y contribuaient aussi jusqu’en 2016. Aujourd’hui, il n’y a donc plus que le Vélotour qui fasse office de grand rassemblement cycliste soutenu par la Ville. Sur ce point, c’est l’adjoint chargé des sports Sébastien Tasserie qui monte au créneau.

“Comme vous l’avez remarqué, il y a 4 horaires de passage. Ce n’est donc pas un amas de vélos à un instant T. D’autant plus qu’il respecte le code de la route. Ce qui pose problème, c’est la concentration du public. Et c’est parce que les rondes-rollers étaient tout le contraire qu’elles demandaient de fermer tout le périmètre autour du parcours. Ce que nous ne pouvions plus assurer”

Bon, allez, on ne va pas se mentir, il y a bien un (tout) petit aspect touristique dans ce Vélotour. Surtout quand on regarde le parcours proposé cette année. Quoique les chiffres de fréquentations réalisés par les organisateurs viennent contredire cette affirmation. En effet, 80% des participants viennent de la CODAH d’après eux. Seulement 5% ne seraient pas issus de Seine Maritime. Un petit travail à faire là-dessus M. le maire ?

“Ca fait partie de l’événement. L’enjeu, c’est aussi l’attractivité. Faire du vélo, ce n’est pas difficile et si on en peut en profiter pour faire venir du monde, on ne va pas dire non. Mais ce n’est pas un axe de travail majeur pour nous”

Réponse décevante pour les mauvais esprits que nous sommes. On se dira juste que cette édition du Vélotour ne pouvait pas passer à côté des 500 ans du Havre. Mais on gardera un oeil sur l’édition 2018 pour voir si cette année particulière justifie la participation record attendue. Peut-être qua dans ce cas, Luc Lemonnier et son équipe changeront d’avis sur la question.

Quoiqu’il en soit, toutes les informations et réservations sur ce Velotour 2017 sont disponibles ici. Il aura lieu le 24 septembre entre 8h et 12h à partir de la catène des containers du Havre.

Sur la photo: (de g. à d.) Luc Lemonnier et Sébastien Tasserie