UNE TASK FORCE POUR (PRESQUE) RIEN ?

5/07/2017 – Ah une Task Force ! Ca fait longtemps que certains secteurs économiques demandent un lobby puissant à Bruxelles. Justement, Hervé Morin avait dans l’idée d’en monter un à l’échelle de la Normandie depuis quelque temps. Satisfaisant néanmoins ?

CONTENU EDITORIAL

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L’idée d’un lobby normand était jusqu’à mardi 27 juin un vieux serpent de mer. Bien qu’il constitue une suite logique à la politique économique mise en place de puis début 2016. Mieux. Cette Task Force est même la connection entre ce développement économique et la politique d’attractivité si chère au président de Normandie. Car en se dotant d’une présence équente à Bruxelles, ce sont autant ses projets que sa marque qui y sont portés. Mais est-ce compatible avec ce qu’attendent les autres partenaires ?

TASK FORCE: UN SOUHAIT DE L’UMEP

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Bien que logique au vu de la politique normande menée par Hervé Morin, la création de cette Task Force est avant tout issue de l’UMEP. En effet, l’Union Maritime et Portuaire du Havre en avait fait une priorité lorsqu’elle a présenté son plan Seine Port Europe en début d’année. Quoique le lobby imaginé alors concernait surtout les acteurs portuaires autour de l’Axe Seine. Il était donc normal de se demander de demander à Michel Segain si la Task Force normande allait porter une attention toute particulière à ces enjeux.

“Je remercie M. Morin qui a réagi tout de suite quand je suis allé le voir pour créer cette Task Force. Six mois après, c’est le cas”

Apparemment, il faut remercier le président de Normandie. Quant à nous, on préfère lui reposer la question.

“Au sujet de l’Axe Seine, il y a le contournement de l’Île-de-France qui était une idée du maire du Havre, et la création de la châtière. Ces investissements doivent s’intégrer dans le shéma de transport de l’Union Européenne”

En d’autres termes, les ambitions liées à l’Axe Seine seront englobées dans celles concernant l’attribution des aides aux transports. Ce n’est pas aussi ambitieux que ce qu’espérait créer l’UMEP mais c’est déjà ça, dirons-nous.

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UNE TASK FORCE POUR PILOTER LES PROJETS EUROPEENS

Il en va de même pour la Chambre d’Agriculture de Normandie. Que fait-elle dans ce groupement alors que les problématiques de sa filière sont essentiellement nationales ? Sans pour autant contredire cette analyse, son président Daniel Genissel n’est pourtant pas si catégorique.

“Tout ce qui a trait à la Politique Agricole Commune est géré par l’Etat en effet. Mais il y a de plus en plus de fonds régionaux comme le FEDER ou le FEIS. Et les régions sont demandeuses pour être pilotes des projets européens au niveau local”

Ainsi, l’anticipation voulue par la Normandie sur la renégociation des différentes enveloppes européennes va dans ce sens. Surtout si elle arrive à obtenir les pleins pouvoirs sur la façon de les utiliser après 2020. Ce sera la mission de la Task Force à Bruxelles dans les trois prochaines années. Car, pour le moment, en Normandie comme ailleurs, on ne fait pas assez à cet échelon d’après Daniel Genissel.

“Je crois qu’il faut faire en sorte que l’Europe soit vraiment notre affaire et pouvoir utiliser les moyens qui sont mis à notre disposition”

Les trois prochaines années vont donc être cruciales pour cette Task Force. On verra en 2020 si elle fait vraiment office de levier de développement économique. A moins qu’elle ne se cantonne qu’à un simple rôle de rayonnement du territoire à l’international…

Sur la photo: (de g. à d.) Hervé Morin et Luc Lemonnier

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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