UMEP: “ON N’A PLUS LE TEMPS”

6/04/2017 – On avait quitté une UMEP véhémente quoique sûre de son pouvoir en janvier. En trois mois, le discours n’a pas vraiment changé. Mais au moins, le ton s’est adouci, l’ambition du projet est plus claire. La colère hivernale a laissé place à la peur. Celle de voir disparaître le port du Havre comme acteur majeur du commerce international.

L'UMEP hausse le ton

Quand c’est présenté calmement, c’est beaucoup plus compréhensible. C’est l’opinion que l’on peut se faire du projet Seine Port Europe. Celui-ci avait été présenté avec vigueur en janvier par l’Union Maritime et Portuaire (UMEP) et le Syndicat des Transitaires du Havre (STH) en janvier. Et, avouons-le, cette présentation à la presse ressemblait plus à une crise de nerfs qui a fini par masquer l’essence de ce projet… Mais bon ! Là, on avait un candidat à la présidentielle, considéré comme petit, certes, mais candidat quand même. Qui plus est, il était le premier à vraiment répondre à l’invitation. C’était là l’occasion de garder son calme.

Et Cheminade est arrivé

L’UMEP POUR UNE REVOLUTION PORTUAIRE

Les surprises de Cheminade

Par exemple, ce que personne n’avait vraiment compris à l’époque, c’est que Seine Port Europe est le nom du futur port réunissant Le Havre, Rouen, Paris et toute la vallée de la Seine en une seule entité. Sacré port, convenons-en. Mais c’est justement ce que réclamait Antoine Ruffenacht, ancien commissaire au développement de l’Axe Seine, avant d’être débarqué. Et le temps presse d’après Michel Segain.

“Sur le port du Havre, on a la capacité d’accueillir 3,5 millions de conteneurs. Mais pour les écouler, il faut les infrastructures adequats. Depuis 2007, nous stagnons à 2,5 millions de conteneurs. Anvers, c’est 9 millions alors que nous avions le même tonnage en 1997”

Ce retard, le président de l’UMEP l’attribue à un manque de volonté politique certain. Un champ politique trop présent au goût des chefs d’entreprise qui se disent absents du processus de décision. Du fait que ce sont eux qui utilisent les infrastructures portuaires, ceci doit naturellement changer.

“Il faut arrêter de tout vouloir centraliser sur Paris. Aussi bien à Seine Port Europe qu’à Marseille, les pouvoirs doivent être là pour les façades. Aujourd’hui, nous sommes en guerre économique et elle va être de plus en plus dure”

Pour cette raison, c’est la gouvernance des ports mêmes qui doit changer. Et pour cela, l’UMEP propose de passer d’une gestion publique à une gestion privée sous contrôle de l’Etat et en partenariat avec les régions. Ceci pourrait se faire en limitant les portes d’entrée françaises au Havre (donc Seine Port Europe, vous suivez ?) et Marseille alors qu’on en compte 7 actuellement. Le contrôle de l’Etat serait alors assuré par un ministre de la mer aussi chargé des transports.

L’UMEP A PEUR

Que financer et pourquoi ?

Ce qui semblait être un grossier chantage à l’emploi en janvier apparaît aujourd’hui plus complexe.

“Depuis 25 ans, nous attendons toujours l’électrification de la ligne Serqueux-Gisors. L’accès à la Seine par Port 2000 n’existe pas. En France, on a un manque de vision et d’ambition au niveau portuaire et il faut que cela change” Michel Segain

Car dans une économie mondialisée, la communauté portuaire a surtout pour objectif de soutenir la comparaison avec ses concurrents européens. Et le territoire ne semble pas encore prêt pour subir une telle perte d’activité d’après Michel Segain.

“Dans les 5 ans qui viennent, si nous ne faisons rien, il n’y aura plus que 8 000 salariés sur les 22 000 qui existent aujourd’hui. Nous représentons actuellement 41% de l’économie locale. Si rien ne se fait, on ne sait pas qui remplacera les 20% d’économie que nous aurons perdu”

Comme quoi. Quand c’est expliqué calmement, on comprend tout de suite mieux. Même si le privé semble encore un peu gourmand quant à ses ambitions…

Photo: Michel Segain, président de l’Union Maritime Et Portuaire

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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