Pierre Janet : la mobilisation des perchés est terminée !

11/07/2018 - Un accord a été trouvé entre le Groupe Hospitalier du Havre et les soignants de l'hôpital Pierre Janet du Havre. Ainsi, les "perchés" qui occupaient le toit des urgences ont regagné la terre ferme. Pour de bon ?





C'en est donc terminé de la mobilisation dites des "perchés de Pierre Janet". Les soignants qui occupaient le toit des urgences de l'hôpital psychiatrique sont descendus mercredi 11 juillet. Ceci suite à d'ultimes négociations menées avec le Groupe Hospitalier du Havre (GHH) mardi soir à la sous-préfecture du Havre. Mais il aura fallu attendre le lendemain pour que les propositions soient acceptées en assemblée générale par le personnel. La grève durait depuis le 16 juin tandis que le toit avait été investi par 7 hospitaliers le 26.

Quelles avancées pour les soignants de Janet ?

Depuis le lancement de leur mouvement, les soignants de l'hôpital psychiatrique Pierre Janet avaient plusieurs revendications. Parmi elles, la création de 50 postes ainsi que de 35 lits permanents supplémentaires. Mercredi 11 juillet, 33 patients étaient encore installés sur des lits de fortune. Puis, comme préalable à ces négociations, le personnel réclamait la venue de Christine Gardel, directrice générale de l'Agence Régionale de Santé (ARS) sur le site.

Le 2 juillet dernier, le GHH engageait le dialogue avec la venue de son directeur Martin Trelcat sur le site d'hôpital Pierre Janet. Auparavant, une proposition de rencontre à l'hôpital Jacques Monod de Montivilliers avait été retoquée par les grévistes. Le directeur propose déjà la création de 2 postes d'infirmiers aux urgences. Pourtant, les hospitaliers ne parlent pas de négociations. Pour cela, il faut attendre le vendredi 6 juillet. En effet, une nouvelle réunion se tient alors la sous-préfecture du Havre. Et ce au lendemain d'échanges houleux à l'hôpital psychiatrique du Havre entre personnel et direction. Il est alors proposé l'ouverture de 22 lits permanents supplémentaires du 1er août au 30 novembre à l'hôpital Jacques Monod. Cette unité temporaire s'assortit de la création d'environ 16 postes. C'est sur ces propositions que l'intersyndicale CGT - Sud - CFDT accepte d'engager le négociations.

Enfin, après un week-end où la confusion a pu régner, une nouvelle réunion a donc lieu à la sous-préfecture du Havre mardi 10 juillet. Elle aboutira à un protocole de fin de crise. Finalement, ce sont entre 19 et 20 postes qui accompagneront l'unité de Jacques Monod à Montivilliers. Des effectifs qui seront ensuite relocalisés à l'hôpital Pierre Janet du Havre après le 30 novembre. Les 2 postes d'infirmiers proposés le 2 juillet sont maintenus. Tout comme la construction d'un nouveau bâtiment dédié aux urgences en mars 2020 et la création de 13 postes de remplacement de nuit. Quoique les soignants affirment que ces 13 postes avaient déjà été actés en novembre 2016.



Soulagement à Pierre Janet ?

A écouter le maire du Havre, Luc Lemonnier, lors du dernier conseil municipal, le temps commençait à presser. En effet, il affirmait alors que la situation pouvait stagner si les propositions de la direction n'étaient pas acceptées. "Si on refuse ce protocole, il ne se passera rien d'ici septembre" a-t-il répondu à la conseillère municipale Nathalie Nail sur la question.

Finalement, la mobilisation ne durera pas jusque là. Pourtant, il y aura bien des discussions à partir de septembre. Notamment autour des suites à donner après la fermeture de l'unité temporaire à l'hôpital Jacques Monod. Mais aussi autour du projet de santé qui doit être revu sur le territoire. Quoiqu'il en soit, si les perchés sont redescendus, les soignants de l'hôpital Pierre Janet n'ont pas prévu de se reposer sur leurs lauriers. D'autant que toutes les revendications de départ n'ont pas été satisfaites. Et ce même si des avancées ont été obtenues d'après Frédéric Le Touze, l'un des 7 ex-perchés.

"Aujourd'hui, on a l'engagement qu'on répondra aux besoins par des créations de postes et pas par des transferts de personnel. Mais concernant les postes et les lits, la lutte n'est pas finie"

Mais dans l'immédiat, cette lutte ne devrait pas prendre la tournure du mois écoulé. Il a été convenu de la création d'un comité de suivi pour vérifier la mise en oeuvre de l'accord signé ce 11 juillet. Un calendrier a lui aussi été fixé.

Cependant, pour un autre perché, Johann Théry, le futur importait autant que le passé à sa descente du toit.

"Je suis écoeuré d'en arriver à ce moyen extrême juste pour de la dignité et des conditions de travail acceptables. Mais bon, ce combat n'a pas été inutile"

Un combat qui n'a toutefois pas convaincu la directrice générale de l'Agence Régionale (ARS) Christine Gardel de se déplacer.

"On ne constate que le mépris de cette dame. Après, je pense aussi que si elle n'est pas venue, c'est parce des personnes plus haut placées qu'elle lui ont interdit de venir. C'est un mépris général pour les personnels et la population de l'agglomération havraise" (Frédéric Le Touze)

La mobilisation dite "des perchés de Pierre Janet" au Havre est donc terminée. Pour l'instant, du moins. Car ceci dépendra de la suite des événements à la rentrée mais aussi des traces laissées par cette mobilisation.

Sur la photo : 6 des 7 perchés avant leur descente du toit (tout à gauche, Frédéric Le Touze, et tout à droite, Johann Théry)

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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