PIANO IS NOT DEAD ! SANS DEC’ ?

21/11/2017 - Le festival Piano is not Dead revient dans les arcanes du Tetris pour une 4e édition ! Le festival veut montrer que l'instrument évolue et n'est pas seulement réservé à une culture classique. Et ça tombe bien parce que c'est aussi l'ambition de la Ville du Havre à travers son plan musique Vibrer au Havre. Elle n'est d'ailleurs pas bien loin.

CONFERENCE DE PRESSE

CONTENU EDITORIAL

Le piano est peut-être THE instrument par lequel on découvre la musique, il n'en reste pas moins un peu vieillot à l'écoute. Pourtant, c'est vite oublier qu'il évolue au même titre que ses homologues et de la musique en général. C'est donc sur ce postulat que part le festival Piano is not dead.  Ses organisateurs du Tetris au Havre, vont même jusqu'à classer le piano parmi les instruments surtout dédiés à la musique classique. Du moins, c'est comme ça qu'ils pensent que le public le voit.

C'est vite oublier que le piano a su trouver sa place à différentes époques loin de la musique classique ou du jazz. Des artistes rock'n roll en ont fait leur instrument phare comme Jerry Lee Lewis. De même que la soul avec notamment Ray Charles. Le disco puis le rock des années 80 ont ensuite abusé de l'un de ses dérivés: le synthétiseur.

Certes, aujourd'hui, le piano est retombé dans des sphères plus confidentielles. Mais pas nécessairement en dehors des musiques actuelles. Et c'est justement ce que Piano is not Dead cherche à montrer. Le tout avec une ambition pas si éloignée de la politique du Havre. En effet, à travers son plan musique Vibrer au Havre, celle-ci cherche à populariser tous les styles de musique auprès de la population.

LE CONSTAT QUI A BOUTI A PIANO IS NOT DEAD

La première édition de Piano is not Dead remonte à 2013 soit un an après l'ouverture du Tetris au Havre. Soit bien avant le lancement de Vibrer au Havre réalisé fin 2016. L'équipe de la Papa's Production en charge de cette salle dédiée aux musiques actuelles partait alors sur une vision bien définie. Une vision expliquée en ces termes par Caroline Moreau, sa responsable de la communication.

"Quand on a lancé le Tetris, on a toujours dit qu'on ne voulait pas faire que de la musique ou des musiques actuelles. On a donc créé deux temps forts pour placer des propositions qui ne s'intégraient pas très bien dans la programmation. Ca a été Piano is not Dead donc et Uptown"

Caroline Moreau poursuit.

"Le fil conducteur du festival, c'est de mettre en avant le piano sous d'autres approches assez décalées avec des artistes qui le reinventent. Ca fait un peu peur mais on a justement envie de montrer que le piano peut être très actuel. On le retrouve d'ailleurs dans des compos électro, rock..."

PIANO IS NOT DEAD MAIS L'ETAT-IL VRAIMENT ?

Mais qu'est-ce que c'est que cet acharnement à dire que le piano n'est pas bankable ? Il ne l'a pas toujours été. Du moins, c'est pour cette raison qu'on a balancé quelques exemples contradictoires en début d'article. Surtout que le piano a déjà subi au moins une évolution majeure avec l'électronique dont les musiciens ont fortement usé avec succès. Mais pour Paul-Etienne Berlioz, artisan accordeur partenaire du festival et de Vibrer au Havre, il ne faut pas tout confondre.

"On entend beaucoup parler de piano numérique mais ce n'est pas la même chose, les mêmes sensations. L'intérêt de Piano is not Dead est justement de montrer qu'il a encore de l'avenir"

Ok ! Il est vrai que les exemples donnés appartiennent à un passé relativement lointain. Donc voyons plus loin, regardons dans le futur.

Justement, le piano est l'instrument le plus mis en avant par le plan Vibrer au Havre. En effet, bon nombre d'entre eux ont été posés ici où là dans la ville en libe-service. Avec comme revers pour les élus d'être taxés d'élitisme par certains amoureux de la musique. Car oui, le piano a certes été utilisé dans des styles très accessibles au grand public, il traîne encore et toujours cette image classique par excellence.

Pourtant, cette image n'enlève rien à son attractivité si on écoute Caroline Moreau. Le Conservatoire Arthur Honegger est partenaire de Piano is not Dead mais aussi pilote de Vibrer au Havre. Et son directeur Patrick Bacot a bien remarqué cet intérêt d'après la responsable communication de la Papa's Production.

"Il constate qu'il y a une forte demande en cours de piano au Havre"

Or on croit bien avoir entendu dire, bien qu'on ne l'ait jamais rencontré, que la culture du conservatoire insufflée par Stéphane Bacot était très classique. Bien peu orientée vers les musiques actuelles surtout. Ce n'est pas nécessairement contraire à ce que recherche le Tetris qui avait fait venir Stephen Paulello en 2013. Mais cela veut-il dire qu'on assiste à un changement dans la promotion du piano et son image au Havre ? D'autant plus que Piano is not Dead est soutenu dans le cadre de Vibrer au Havre. Caroline Moreau n'en est pas sûre.

"La Ville du Havre est demandeuse de croisements constants entre les styles. Pour le conservatoire, Piano is not Dead permet d'ouvrir un espace d'expression à ses élèves dans une salle de musiques actuelles (...) Donc ouvrir, démocratiser le piano, oui. Autrement que par le classique, je ne sais pas"

 

PIANO IS NOT DEAD EN LUI-MÊME

Maintenant qu'on a bien posé les ambitions du festival et son contexte, qu'en est-il de cette édition 2017 ? Eh bien on aura droit à cinq jours de festival dont quatre de concerts. Des concerts qui verront d'ailleurs l'espace Invaders du Tetris se transformer en version gradin (250 places).

Et les concerts se veulent éclectiques dans la pure tradition du Tetris d'après Caroline Moreau.

"On a essayé de mélanger les styles, les artistes connus, les découvertes et les locaux"

Certes, pas de tête d'affiche pour cette 4e édition comme Philippe Katerine en 2016 ou Brigitte Fontaine en 2014. Cependant, le festival arrive tout de même à proposer une programmation plutôt riche. On retrouve ainsi Rover que l'on a pu découvrir en 2012 avec son album Aqualast. Il revient cette année avec un album pop mélancolique et intimiste intitulé Out of the blue. Toujours côté pop, sa première partie est assurée par Lenparrot qui est le gros coup de coeur du programmateur de la salle, Etienne Legendre.

Le lendemain, c'est l'artiste belge An Pierlé qui déboule dans un tout autre style. Plutôt portée sur les musiques sacrées, elle aime accompagner sa voix à l'orgue. Pour l'occasion, elle quitte sa formation solo pour s'entourer de trois claviers et d'un orgue. Emilie Yojenka porte quant à elle la première partie dans un tout autre style. En effet, la pianiste havraise est plutôt connue pour ses textes humoristiques et en français. Le tout avant de retrouver en dernière soirée une programmation plutôt électro avec Bachar Mar Khalifé et Laake en première partie. Le premier se permet même de le mêler au chant traditionnel libanais. Entretemps, on aura pu voir Ô Brigitte par la compagnie Musique à ouïr qui fait la part belle à l'oeuvre de Brigitte Fontaine.

Mais Piano is not Dead, ce ne sont pas seulement des concerts. En effet, le samedi est marqué par une rencontre et un atelier. La première est à faire avec Pascal Pistone. Ce pianiste auteur-compositeur-interprète franco-italien et docteur en musicologie vient animer une conférence intitulée Quel piano pour demain ? Dans la foulée, l'atelier Du ressenti du pianiste aux pratiques du technicien est assuré par Patrick Sinigaglia. Son objectif: permettre à tous les pianistes de mieux comprendre le fonctionnement de leur instrument afin d'en tirer le meilleur.

Enfin, le dimanche est réservé aux élèves du Conservatoire Arthur Honegger mais leur travail est ouvert au public ! Le jeune ballet présente ainsi Eclat de Glass, une performance dansée autour de l'oeuvre du compositeur minimaliste américain Philipp Glass.

LA PROG' COMPLETE DE PIANO IS NOT DEAD

MERCREDI 29 NOVEMBRE
20h30: LenParrot               Rover Entrée: 12€ / 17€ / 21€
JEUDI 30 NOVEMBRE
20h30: Emilie Yojenka               An Pierlé Entrée: 8€ / 12€ / 16€
VENDREDI 1ER DECEMBRE
20h30: Ô Brigitte par la compagnie Musique à Ouïr Entrée: gratuit / 8€ / 12€
SAMEDI 2 DECEMBRE
13h30: Quel piano pour demain par Pascal Pistone 15h: Quel piano pour demain par Pascal Pistone 16h30: Du ressenti du pianiste aux pratiques du technicien par Patrick Sinigaglia Entrée gratuite 20h30: Laake               Bachar Mar Khalifé Entrée: 12€ / 17€ / 21€
DIMANCHE 3 DECEMBRE
11h: Brunch jazz avec concert de Zbabouche Concert gratuit / brunch: 12€ par personne 15h: Eclat de Glass par le jeune ballet du Conservatoire Arthur Honegger Entrée gratuite

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