L’ombre des 500 ans plane sur Un Eté au Havre 2018

15/05/2018 - Le conseil municipal du Havre a planché sur Un Eté au Havre 2018 lundi 14 mai. Même si le programme n'a pas été officiellement présenté à la presse, les grandes manoeuvres ont commencé. Enveloppe, budget et organisation ont été évoqués par la majorité devant une opposition échaudée par l'édition 2017.



Il est difficile de suivre l'organisation d'Un Eté au Havre 2018 depuis un mois. Quelques informations filtrent ici ou là, certes. Toutefois, le conseil municipal du Havre d'hier soir a permis d'avoir des précisions. Et ce même si la presse va bien être la dernière informée de tous ses détails. Car oui, depuis les révélations de Mediapart début avril, cette présentation officielle a été reportée. Même s'il ne s'agit que d'une coïncidence d'après la Ville. Pourtant, le 17 avril, elle a bien eu lieu auprès des petites et moyennes entreprises auxquelles a été remis un formulaire de don. Encore hier soir, une nouvelle présentation a été faite aux élus... à huis-clos. On se contentera donc de ce qui a bien voulu être dit lors de conseil municipal.

Un Eté au Havre 2018 moins cher et sans ARTEVIA

Le maire du Havre Luc Lemonnier l'a dit clairement pendant les débats, Un Eté au Havre 2018 coûtera 2,9 millions d'euros. Cette somme n'est pas très éloignée des 3 millions d'euros qui ont filtré ces derniers mois. Comme prévu, c'est beaucoup moins que pour les 500 ans du Havre dont le coût total a été dévoilé : 20,545 millions d'euros. Mais ce document n'a pas été du goût de l'opposition (voir par ailleurs).

Cependant, en lisant la délibération n°33, on s'est demandé d'où pouvaient bien provenir les 650 000 € que la Ville proposait de mettre à disposition de l'événement. Il fallait être attentif puisque, dès la délibération n°7, le conseil municipal votait la modification de son budget 2018. Ainsi, 821 000 € étaient ajoutés aux dépenses dont 650 000 €. Cette somme est un montant prévisionnel de compte tiers d'après la Ville. C'est à dire que l'entité organisatrice d'Un Eté au Havre 2018, le Groupement d'Intérêt Public (GIP) Un Eté au Havre (anciennement Le Havre 2017) pourra piocher dedans dans la limite de cette somme. Celui-ci est composé, avec Le Havre, du port du Havre, de la CCI Seine Estuaire, de l'Université du Havre, de la Région Normandie et du département de Seine Maritime.

Ensuite, exit ARTEVIA, l'entreprise chargée de produire l'édition 2017. C'est la Ville du Havre qui va se charger de la production pour le GIP mais toujours avec Jean Blaise comme directeur artistique. Toutefois, rien à voir avec le remue-ménage provoqué par Mediapart. Selon les services de la Ville, les besoins en production étant moins importants, il a été décidé de ne pas avoir recours à une société extérieure. Ainsi, la Ville du Havre va prendre en charge l'ouverture d'Un Eté au Havre 2018 jusqu'à 400 000 € tandis que 250 000 € maximum seront dédiés à la communication de la saison. Le tout sous la direction du GIP.



2017 plombe-t-il Eté au Havre 2018 ?

Seulement voilà. L'opposition n'a pas été très satisfaite de ces précisions. Même si le chiffre de 2,9 millions d'euros a été donné pour Un Eté au Havre 2018, seule la provenance des 650 000 € votés hier soir a été dévoilée. Et selon elle, le flou subsiste toujours quant au budget 2017. En effet, le conseiller municipal du Parti Socialiste (PS) Matthieu Brasse est revenu sur sa demande du mois dernier. Il voulait alors avoir les comptes finaux des 500 ans du Havre. Et ce la veille de l'article de Médiapart révélant que certaines entreprises n'avaient pas encore été payées. Pourtant, le total des dépenses a bien été transmis en amont de ce conseil municipal.

N'ayant eu qu'un "budget résumé", Matthieu Brasse n'a donc pas souhaité voter cette délibération tout comme les groupes communiste et Pour Une Nouvelle Gauche au Havre. D'autre part, l'opposition est aussi restée très méfiante quant à la situation des entreprises non-payées par ARTEVIA lors d'Un Eté au Havre 2017. Au sujet de la promesse du maire du Havre Luc Lemonnier de régler ces impayés, d'une part. Mais aussi à propos de ses réponses pour justifier l'obtention du marché des 500 ans du Havre par ARTEVIA alors qu'elle connaissait déjà des difficultés financières en 2015. Le successeur d'Edouard Philippe a réfuté tout "copinage" et a assuré que l'appel d'offre s'était fait dans "en toute légalité".

Pour le défaut de paiement, il a aussi affirmé que les entreprises seraient payées dans les prochaines semaines tout comme ARTEVIA qui attend un chèque d'1 million d'euros. Là, encore, l'opposition n'a pas été convaincue. Les havrais paieront-ils donc 2 fois puisque c'est à ARTEVIA de payer ses sous-traitants ?

 

N'étant pas économiste, on demande à voir...

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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Bruno
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Bruno

1 million d’€ n’aurait pas été payé aux entreprises et la ville doit 1 million d’€ à Artévia
Que la ville le verse directement aux entreprises puisque qu’ Artévia serait en cessation de paiement!
C’est arithmétique comme raisonnement, je sais…
C’est bien les comptes mais on voudrait des contes pour 2018…