NORMANDIE: LA REGION VEUT MOINS D’INFIRMIERES

3/01/2017 – La nouvelle offre de formations assignée par la région à l’IFP Mary Thieullent du Havre est une réponse au bilan dressé par la nouvelle majorité régionale en octobre dernier.

CONTENU EDITORIAL

Révolution(s) à l'IFP du Havre

Moins d’infirmier(e)s. C’est en gros le message lancé par la Région Normandie via le Groupe Hospitalier du Havre, lundi 2 janvier. L’Institut de Formations Paramédicales (IFP) Mary Thieullent sera amputé de douze places dans ce secteur en 2017 et de 24 en 2018. L’institut de Formation aux Soins Infirmiers de Fécamp proposera quant à lui 4 places supplémentaires. En tout et pour tout, ce seront donc 20 sièges en moins à se disputer parmi les élèves se présentant aux concours d’entrée à l’horizon 2018.

UN VASTE PLAN IMPOSE PAR L’ETAT

Les 8 places supprimées dans l’Estuaire de la Seine sont bien peu au regard du plan global validé par la Région au mois de décembre. 114 le seront sur l’ensemble du territoire dès 2017. équence, l’IFSI de Vire (Calvados) fusionne avec l’Institut de Formation des Aides-Soignants (IFAS) de Flers et six établissements sont proposés à la fermeture (Alençon, Honfleur, Coutances, Bernay, Caen et section professionnelle du lycée Germaine Coty au Havre.

“Cela fait deux ans que l’Etat via l’Agence Régionale de Santé alerte sur la nécessité de revoir le quota infirmier à la baisse et qu’aucune décision politique n’avait été prise. Désormais, il ne s’agit plus seulement d’une volonté puisqu’un arrêté de réduction du quota sera publié au premier semestre 2017.” (David Margueritte, vice-président en charge de la formation et du développement des compétences)

Petite pique à la majorité socialiste précédente mais passons. Après tout, si l’équipe de Nicolas Mayer-Rossignol a fait la sourde oreille aux injonctions de l’Etat, celle de Hervé Morin ne procède “qu’à” 114 suppressions de potentiels diplômés alors que 122 étaient demandées. Sympa. Il est vrai que les chiffres avancés sont alarmants. Le chômage des infirmiers serait en hausse de 92% ces six dernières années d’après la Région Normandie. Cela représente aujourd’hui 850 personnes. Il est donc urgent de réduire la production de diplômés. On pourrait aussi augmenter les effectifs dans les hôpitaux me direz-vous mais il faut croire que c’est un autre débat qui implique le délicat sujet de l’argent public. Puis ce n’est pas comme si les infirmier(e)s manifestaient régulièrement pour leurs conditions de travail

“UNE SITUATION MOUVANTE”

Nos confrères du Monde (:-D) se sont penchés sur la question en novembre dernier. Ils sont allés questionner Nathalie Depoire, présidente de la Coordination Nationale infirmière qui estimait alors que cette politique n’était pas forcément adaptée.

“la situation est mouvante. (…) Il n’y a pas si longtemps, il y a eu une pénurie. Et il va y avoir dans les prochaines années beaucoup de départs à la retraite.”

Une autre considérations vient apporter de l’eau à son moulin. Les chiffres de l’INSEE l’ont montré hier, beaucoup d’habitants quittent la Normandie et on peut légitimement avancer que le chômage en est une cause. Qu’en sera-t-il quand les premiers effets de ce plan se feront sentir ? Par ailleurs, un doute subsiste aussi sur la politique qui sera menée dans les mois à venir. La présidentielle pourrait rebattre les cartes en cas d’élection de François Fillon par exemple, dont le programme inclue la suppression de 500 000 fonctionnaires y compris dans le secteur hospitalier.

Clairement, les collectivités territoriales naviguent à vue. Elles ne peuvent ignorer leurs besoins futurs mais doivent composer avec une politique essentiellement économiste. Le retour à l’équilibre du budget de la Sécurité Sociale valorisé par le gouvernement acquis sur le dos des malades et des personnels soignants l’atteste. Oui, la situation est mouvante et c’est ce que l’on attend des forces politiques aux commandes. Mais pour le moment, ce sont les solutions à court terme qui semblent privilégiées.

Crédit photo : James Gathany, Judy Schmidt, USCDCP

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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