NORMANDIE IMPRESSIONNISTE: MAIS… POURQUOI ?

26/09/2017 – La présentation du nouveau Normandie Impressionniste a donné lieu à quelques discrètes passes d’armes entre élus. Certaines renvoyant même cette formule à ses contradictions. C’est à se demander pourquoi tout le monde s’est réuni pour la soutenir d’ailleurs…

CONTENU EDITORIAL

L’image est belle. Des élus de tout bord en Normandie se réunissent autour d’un projet commun qui doit faire rayonner la région dans le monde. Dit comme ça, c’est beau, oui. Une unité qui aurait pu paraître évidente si certains egos ne s’étaient pas réveillés pendant la présentation. A moins qu’on ne se fasse des idées…

AU CARREFOUR DE NORMANDIE IMPRESSIONNISTE

Ils étaient (presque) tous là au Musée Malraux du Havre. Hervé Morin, président de Normandie, Frédéric Sanchez, président de la métropole de Rouen, Pascal Martin, président de Seine Maritime, Pascal Lehongre, celui de l’Eure et bien sûr Luc Lemonnier, maire du Havre et président de la CODAH. A cette liste, on ajoutera aussi le maire de Rouen, Yvon Robert et le maire de Caen et président de son agglomération Joël Bruneau. L’image est d’autant plus belle que tout ce beau monde a su faire fi de son étiquette politique pour se rassembler autour de Normandie Impressionniste. Ce n’est pas Luc Lemonnier qui dira le contraire. D’ailleurs, il ne l’a pas dit.

“Cette 4e édition de Normandie Impressionniste se prépare dans un esprit d’équipe normand afin de proposer un événement d’envergure ensemble”

Avouons-le, ceci n’a pas toujours été le cas. Du moins, avant que les 2 régions normandes intialement dirigées par le Parti Socialiste ne soient aujourd’hui réunifiées sous la présidence du centre-droit Hervé Morin. Surtout que les 2 départements hauts-normands co-fondateurs du projet ne sont passés à droite qu’en 2015. Ainsi, il a fallu attendre 2016 pour voir Le Havre accueillir un vrai moment fort du festival. Le Musée Malraux a accueilli une exposition sur Eugène Boudin.

NORMANDIE IMPRESSIONNISTE ET LES PAROISSES

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Mais voilà 2020 marque un tournant. En effet, il s’agira du 1er Normandie Impressionniste entièrement préparé par les nouvelles équipes. Cette 4e édition devrait ainsi s’avérer plus efficace dans le choix des manifestations si on écoute Hervé Morin.

“Avec 200 manifestations, on a largement de quoi irriguer le territoire. Avant, on n’osait pas dire non et on accordait le label qui valait en fait une subvention de 10 000 € à une manifestation dont le lien avec l’impressionnisme était très ténu”

Bon… On va dire que ça passe parce que c’est dit poliment. Même si de la part de quelqu’un qui n’a jamais été en phase avec la gestion de l’ancienne majorité régionale. Ne la qualifiait-il pas en février dernier de “politique molle de guichet” d’ailleurs ? Il y a la gestion, certes. Mais aussi la vision. C’est cette fois le président de Seine Maritime Pascal Martin de s’en occuper.

“Lors des dernières éditions, la jeunesse n’a pas été assez prise en compte. Il faut sensibiliser les jeunes auprès notamment via le numérique”

Des petites piques qui posent question, surtout quand on sait ce que pense chacun de ses prédécesseurs, mais pas plus. Mais c’est vite oublier que tout le monde est là. Le plaidoyer du président de l’Eure Pascal Lehongre pour le musée de Giverny est apparu comme surprenant. Car le musée a toujours été en très bonne place justement dans l’ancienne programmation. Mais c’était peut-être avant. Cependant, il l’a été beaucoup plus que l’intervention du maire socialiste de Rouen, Yvon Robert. Celui-ci a notamment réagi au souhait de Hervé Morin d’un festival plus contemporain.

“Dès la 1ere édition, ma prédécesseure Valérie Fourneyron avait tenu à inscrire cette manifestation dans le contemporain en l’apportant dans rue puis avec une grande fresque de street art lors de la dernière”

Messieurs, si vous avez encore des détails à régler, on vous laisse sans problème… Finalement, le président, lui aussi socialiste, de la métropole rouennaise sera le seul à rester assez neutre sur la question.

“Nous sommes aujourd’hui en mesure de réaliser une nouvelle édition de Normandie Impressionniste. Il n’y a que ça qui compte et la métropole Rouen-Normandie est fière de pouvoir y participer”

Wouhou !

PAS DE POLITIQUE SUR NORMANDIE IMPRESSIONNISTE ENFIN…

Alors, forcément, on ne peut pas s’en empêcher. On aurait pu demander s’il y avait un malaise quelque part. On se contentera juste de demander quelle valeur politique a ce changement de formule. Eh bien il n’en a pas d’après Hervé Morin.

“S’il y a changement de formule, c’est parce qu’on a vu des points faibles sur les dernières éditions. Ca n’a rien de politique. On fait toujours ça quand on construit un événement culturel”

On aurait très bien pu se contenter de cette réponse. Surtout qu’avec la horde de journalistes venus pour l’occasion, elle avait été difficile à poser. C’était sans compter sur Joël Bruneau, le maire Les Républicains de Caen, qui est venu au soutien du président de Normandie.

“Si vous voulez y voir un acte politique, la réunion de nous tous, nous acteurs normands, en est un”

Merci, on avait saisi. D’où le décalage entre l’image et les paroles. Mais apparemment, sans qu’on ne demande rien, la réponse n’était toujours pas assez convaincante. C’est là que Philippe Augier, maire de Deauville et directeur de l’agence Normandie Attractivité entre en scène. Là, c’est surprenant puisqu’il n’était pas censé être là.

“L’impressionnisme est 1 des 3 piliers de l’attractivité normande. C’est pour ça que, comme l’a dit Hervé Morin, Normandie Impressionniste constitue une pépite pour notre région qu’il faut absolument améliorer et faire perdurer”

Donc, ce changement politique mais sert l’attractivité du territoire. L’attractivité qui est justement ce sur quoi se base toutes les réformes de Hervé Morin. En ce sens, c’est un bel outil, en effet.

Sur la photo: (de g. à d.) Yvon Robert, Pascal Martin, Luc Lemonnier, Frédéric Sanchez, Hervé Morin, Selma Toprak-Denis, Joël Bruneau, Pascal Lehongre et Catherine Morin-Desailly.