Municipales 2020 : la bataille du Havre a commencé

Les élections municipales 2020 sont déjà dans toutes les têtes au Havre. En effet, les grandes manoeuvres ont déjà commencé malgré d'autres échéances plus proches. Pourtant, il semble bien que ce soit les absents qui tiennent les clés de la campagne.



La France Insoumise avait un peu surpris en annonçant ses intentions pour les municipales dès le mois de juin. En effet, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon se donne 2 ans pour construire un programme en concertation avec les havrais. Pourtant, le timing ne semble pas si anticipé que ça. Car en coulisses, les manoeuvres ont déjà commencé malgré l'échéance des élections européennes de 2019. Mais étrangement, ce sont des personnalités plus ou moins éloignées du Havre qui ont les cartes en main pour (re)conquérir la mairie. Et il est fort probable que leur présence (ou pas) et leurs choix décident de l'issue du scrutin municipal de 2020.



L'inconnu(e) Luc Lemonnier

Le maire du Havre Luc Lemonnier lors des voeux 2018 adressés aux personnalités
Le maire du Havre Luc Lemonnier lors des voeux 2018 adressés aux personnalités

Sa candidature et les chances qui vont avec devraient être naturelles pour Luc Lemonnier. Après tout, l'actuel maire du Havre n'a rien chamboulé de ce qui a fait le succès de son prédecesseur Edouard Philippe. 1er adjoint depuis 2014 de celui qui allait devenir Premier Ministre, il connaît bien les dossiers municipaux après avoir occupé la fonction stratégique d'adjoint chargé de l'urbanisme. Ainsi, Luc Lemonnier a annoncé la couleur dès sa prise de fonction en 2017 : continuer ce qui a été entrepris. En résumé : poursuivre le travail d'Edouard Philippe qui poursuivait déjà celui de son propre successeur Antoine Rufenacht.

Seulement, le successeur d'Edouard Philippe semble se heurter à 3 difficultés alors que les municipales se profilent. Certes, sa qualité de très proche du Premier Ministre assurait la continuité des politiques menées. Mais des questions se sont vite posées sur la véritable identité du maire. Des questions balayées par l'actuel locataire du poste dès que possible. Enfin, ces questions se sont vite posées chez ceux qui le connaissent. Car malgré beaucoup d'efforts déployés en présence et représentation, Luc Lemonnier subit encore un manque de notoriété dans l'opinion. Quoique cet élément n'est pas rédhibitoire puisque Edouard Philippe avait dû aussi en passer par là quand il a pris la succession d'Antoine Rufenacht en 2010... Avant de l'emporter dès le 1er tour aux élections municipales du Havre en 2014.



Division en vue des municipales 2020 ?

Oui, on a bien dit 3 obstacles et nous y voilà. Il faut savoir que l'écrasante majorité municipale n'est pas faite d'un seul bloc. D'ailleurs, il s'agissait du coup de maître d'Edouard Philippe en 2014 (et de Luc Lemonnier qui était son directeur de campagne). En effet, il avait réussi à rallier autour de lui l'ensemble de la droite et du centre dès le 1er tour. Une unité qui n'a pas été remise en cause depuis. Et ce malgré l'éclatement de ce bord politique qui a vu le parti Les Républicains (LR) se scinder en 2 et une partie des centristes se rapprocher du parti présidentiel La République En Marche (LREM).

Seulement, Luc Lemonnier ne semble pas constituer un point d'ancrage aussi important que son prédecesseur au sein de cette alliance. A tel point que, d'après une source proche du dossier (selon l'expression consacrée), une 2e liste (minimum) doit se présenter face à celle du maire du Havre. Elle regrouperait des dissidents des membres de LREM dont le comité havrais s'apprêterait à évincer son président Luc Lefevre et entamer un travail de reconstruction (déjà). Ils pourraient ainsi être rejoints par des membre du parti Agir, d'anciens LR qui ont quitté le parti et qui compte dans ses rangs l'ancienne adjointe devenue députée et proche d'Edouard Philippe Agnès Firmin-Le Bodo.

Agnès Firmin-Le Bodo

Pourtant, ces plans sur la comète pourraient devenir caduques... si Edouard Philippe se lançait dans la course. En effet, pas question pour ses proches de se présenter face à lui. Pas question non plus pour quiconque de la droite et du centre de remettre en cause celui qui, malgré son départ à Matignon en 2017, a emporté la mairie dès le 1er tour et mené la majorité pendant les 3 ans qui ont suivi. Reste à savoir si cette perspective trotte dans la tête du Premier Ministre théoriquement en poste jusqu'en 2022. Mais ça, c'est encore une autre histoire.

Municipales 2020 : l'heure de Lecoq ?

D'autant plus qu'on voit mal le Parti Communiste (PCF) ne rien tenter de nouveau après sa déconvenue en 2014. En effet, le parti qui tenu Le Havre de 1965 à 1995 s'était classé 3e derrière le Parti Socialiste (PS). Et c'est un autre (plus ou moins) absent qui pourrait bien sauter le pas : le député Jean-Paul Lecoq. L'ex-maire de Gonfreville l'Orcher y pensait déjà du temps de son premier mandat de député dans la 8e circonscription de Seine Maritime (2007-2012). Surtout lorsque la réorganisation des circonscriptions a poussé la sienne un peu plus vers Le Havre. Mais sa défaite aux législatives de 2012 a refroidi ses ardeurs, lui qui se voyait bien organiser un binôme avec Nathalie Nail à l'échelle de la CODAH. Un binôme qui a plutôt bien fonctionné lors des élections législatives de 2017. Suffisant pour tenter le coup ?

Jean-Paul Lecoq et Nathalie Nail

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