MONDIAL 2019: PLUS QUE DU FOOT POUR LE HAVRE

28/09/2017 – Ah le football… Ce formidable sport tellement populaire qu’il est aussi devenu un outil de développement. De ce point de vue là, Le Havre compte en profiter pleinement. En effet, la Ville et ses partenaires se sont fixés divers objectifs aussi bien sociaux qu’économiques.

CONTENU EDITORIAL

Le sujet n’a pas été abordé explicitement par les parties prenantes de France 2019. Pourtant, les villes hôtes et la FIFA détentrice des droits de la coupe du monde féminine ont des intérêts convergents. Ainsi, le remplissage des stades et l’exposition attendus sont aussi des enjeux pour Le Havre. Et ce sur plusieurs points qui dépassent même l’aspect purement sportif.

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MONDIAL 2019: UN ENJEU SPORTIF (EVIDEMMENT)

Bien sûr, il y a la volonté de toutes la parties prenantes à développer le football féminin. Et pas seulement le football, d’ailleurs. Même si le parallèle est aussi dû aux circonstances, il faut savoir que la candidature du Havre à l’organisation de la coupe du monde féminine coïncide avec le lancement de son plan Le Havre en Forme. Le plan sport de la Ville (pour faire simple) doit inciter les havrais à se remettre en sport. En gros, c’est ça. Car Le Havre prend soin de se construire une image sportive notamment autour du nautisme et du football depuis plusieurs années.

Ainsi, la présence de Christine Volpe en tant que marraine de la candidature havraise puis ambassadrice de la ville hôte est un beau symbole.

“J’ai choisi d’être marraine de la candidature parce que la Ville me l’a demandé mais aussi parce que je viens d’ici”

Elle est aussi l’épouse du président du HAC. Qui d’autre pouvait être mieux placé pour défendre ce triptyque football-Havre-femmes ? Autant dire que d’un point de vue sportif, on commence à être pas mal quant aux intérêts convergents. Surtout si, en plus, un travail est réalisé spécifiquement en direction du football. Ceci a déjà été entrepris à des échelons supérieurs (FFF et FIFA) mais peut être pousuivi plus localement. Par exemple, Vincent Volpe a investi dans une section féminine au HAC, il y a 2 ans. Cette année, 9 joueuses américaines ont intégré l’académie du HAC. Le fait n’est pas anodin quand on sait que les Etats-Unis sont la Mecque du football féminin.

1 MILLIARD DE PERSONNE DEVANT LE MONDIAL 2019 ?

Oui, vous avez bien lu. 1 milliard de spectateurs, c’est ce qu’espère attirer la FIFA devant les écrans de télévision lors de cet événement. Il y a certainement une histoire d’argent dans cette annonce puisque la FIFA va prochainement vendre ces droits aux chaînes de télévision du monde entier. Cet aspect concerne surtout la fédération internationale donc on n’en parlera pas. Quoique, ceci explique aussi pourquoi le remplissage des stades est si important pour les organisateurs. Oui, des stades vides à la télévision, ça passe moins bien.

Et surtout, ça donne une mauvaise image. Aussi bien de la compétition retransmise que du territoire qui l’accueille. Or, justement, Le Havre compte bien profiter de l’exposition que souhaite procurer la prochaine coupe du monde féminine. Une exposition qui pourrait se traduire aussi par une recrudescence de la fréquentation touristique via les supporters(trices). D’où l’intérêt de bien montrer qu’on est une station balnéaire comme l’a expliqué le maire du Havre. Et on peut dire que Le Havre est paré pour passer à la télé. Les 500 ans du Havre l’ont montré.

Ensuite, pour revenir à un aspect plus sportif, un tel événement va forcément mettre en lumière le Stade Océane. Beaucoup plus en tout cas que les joutes du HAC chaque week-end en Ligue 2. La nouvelle enceinte havraise a d’ailleurs montré sa capacité à accueillir des rencontres internationales depuis sont ouverture en 2012. L’équipe de France féminine de football l’a rempli en 2016 tout comme les hommes en 2012. Même l’équipe nationale de rugby y est passée en 2013. Cette fois-ci, la médiatisation sera plus longue avec 5 matches organisés au Havre. “6 si on pousse un peu” dit même André Massardier, président de la ligue de football de Normandie. Nul doute que la CODAH et le HAC feront tout pour mettre en avant son infrastructure multi-fonctions qui n’aura même pas 10 ans.

MAIS ENCORE ?

C’est en partie pour ça que Le Havre a été choisi. Il y a le stade bien sûr mais aussi les infrastructures alentours. Le comité d’organisation France 2019 vante d’ailleurs ses mérites.

“Les infrastructures sont de premier ordre et le territoire est accessible. Autoroutes, train, bateau. La Normandie possède cinq aéroports dont un dans l’agglomération havraise et le tramway permet de relier le centre-ville à la gare en 5 minutes”

D’où l’intérêt de montrer la plage et tous ses agréments pour montrer à quel point Le Havre et ses environs sont attractifs. Seulement, la construction du Stade Océane devait s’accompagner d’aménagements. On parle notamment des terrains inoccupés mais aussi d’améliorations dans le quartier des Champs-Barets qui le jouxte. Même si ces travaux annexes se font attendre, le Stade Océane a au moins déjà acquis un mérite d’après le maire du Havre Luc Lemonnier.

“Vous savez, il y a encore quelques années, Le Havre commençait à la gare. Aujourd’hui, l’entrée de ville se trouve au niveau du Stade Océane. C’est donc une réflexion qu’il faut inclure dans le shéma de réhabilitation de l’entrée de ville”

A l’entrée de ville, peut-être. En revanche, si on réfléchit à son inclusion dans la ville, il y a encore des améliorations possibles. Et on s’est justement dit que l’accueil du mondial 2019 serait l’occasion de les réaliser. Ca ne paraît pas si évident.

“On peut imaginer beaucoup de choses surtout qu’il y a du foncier libre et que des financements publics sont possibles. Notre idée est de ne pas se focaliser uniquement des équipements sportifs pour ne pas refermer le stade sur lui-même. Pour l’instant, on n’a pas vraiment de vision sur cet espace. C’est en cours d’élaboration et il fait l’objet de beaucoup de travail”

A dans 2 ans alors. Sûrement avant même car si travaux, il doit y avoir, ils seront lancés en amont. Quoique les délais commencent à être courts.

Sur la photo: (de g. à d.) Christiant Grancher (CODAH), Emily Shaw (FIFA), Vincent Volpe (HAC), Christine Volpe, Brigitte Henriques (FFF), Luc Lemonnier et Sébastient Tasserie.