MERAVIGLIA: CE SI CHER BATEAU

6/06/2017 – Le passage par Le Havre du MSC Meraviglia n’est pas seulement un symbole arraché par la célébration des 500 ans. C’est aussi un prélude au développement économique du territoire qui ne plaît pas à tout le monde…

CONTENU EDITORIAL

Le Meraviglia. Dernier né de la flotte MSC mais premier de la classe du même nom. L’armateur inaugure avec ce navire une nouvelle lignée de géants des mers. Un parti pris qui rappelle les grandes heures de la Compagnie Générale Transatlantique, certes. Mais aussi un pari économique. Cependant, certains pensent que ce pari va à l’encontre des préoccupations économique et écologiques du moment.

LE MERAVIGLIA ECONOMIQUE A PLUS D’UN TITRE

Avec ses 5 714 passagers, c’est une petite armée de touriste que le MSC Meraviglia est capable de déverser partout où il accoste. Et il ne sera pas le seul. Bien qu’il en porte le nom, Meraviglia est surtout la nouvelle classe de navires déployée par MSC. Trois autres vont voir le jour prochainement. Le Sea Side verra ainsi le jour en décembre 2017 suivi du Sea View. Enfin, ce sera le Belissima qui prendra la mer en juin 2018. Le tout représente un investissement de 11 milliards d’euros pour MSC dont 700 pour le Meraviglia.

A lire: Le Havre renoue avec son passé

D’ailleurs, l’accueil de ce dernier au Havre n’était pas qu’un moyen de se rappeler au bon souvenir des grandes heures du France en cette période anniversaire. En effet, le dernier né de MSC reviendra régulièrement dans la Cité Océane en 2018. Car l’amateur veut y développer sa tête de ligne croisières installée en 2012. De 8 départs actuellement, leur nombre sera porté à 22 l’année prochaine. Le Meraviglia assurera ainsi une liaison vers l’Europe du nord.

Ces investissements ont ainsi permis de fournir du travail dans les chantiers navals. Notamment à celui de Saint-Nazaire où le Meraviglia a été construit pendant 26 mois. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si le président de la République lui-même s’est déplacé pour sa mise à l’eau. C’est aussi du personnel d’équipage, 1 330 par bâteau. Puis des emplois sur le port du Havre qui devra s’équiper en moyens humains pour assurer un trafic multiplié par trois au minimum en un an. Et ce sans compter les équences touristiques que cela implique.

MERAVIGLIA: UN RETOUR EN ARRIERE ?

Pourtant, ce revival des belles années du tourisme maritime n’est pas du goût de tout le monde. En particulier du côté des écologistes dont Alexis Deck, candidat Europe Ecologie-Les Verts aux législatives.

“L’impact écologique de ces navires gigantesques qui continuent de fonctionner grâce à des carburants très polluants perd le sens des mesures. (…) Fioul lourd, diesel marin… Ils en contiennent jusqu’à 3500 fois plus que le diesel que nous mettons dans nos autos”

A la place, le conseiller municipal du Havre promet plutôt la mise en service de paquebots plus petits, plus conviviaux mais aussi moins polluants.

A lire: Alexis Deck se montre

Du coté de MSC, on s’étonne de cette saillie. Car l’armateur communique beaucoup sur la limitation des émissions de gaz à effets de serre de ses nouveaux navires.

“MSC Croisières montre une forte responsabilité face à l’environnement dans lequel elle évolue, et a été la première Compagnie à
recevoir la récompense des 7 perles d’Or décernée par le Bureau Veritas, pour sa gestion et intendance de l’environnement”

Cependant, la compagnie n’a communiqué aucun chiffre sur les émissions de ses bâteaux. Elle affirme vouloir étudier d’abord les premiers mois de navigation du Meraviglia avant de le faire. Puis il n’y a pas que les rejets des cheminées qui sont pointées du doigt par le communiqué d’Alexis Deck publié vendredi 2 juin.

“7 paquebots sur 10 terminent leur vie dans des décharges géantes et à moitié sauvages des pays du Sud”

C’est peut-être là que l’on verra si le retour en arrière est effectif jusqu’au bout. Car, on s’en souvient, le France avait fini par être démantelé en Inde dans des conditions qui ont suscité la polémique. Mais pour ça, il faudra attendre plusieurs dizaines d’années.

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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