LUC LEMONNIER: MAIRE DE FER OU DE PAILLE ?

29/05/2017 – Alors que Edouard Philippe avait suscité le scepticisme en 2010, Luc Lemonnier reçoit plutôt un bon accueil du Conseil Municipal. La personnalité plaît plus apparemment.

CONTENU EDITORIAL

Comme son prédecesseur, Luc Lemonnier aura l’étiquette d’héritier pour encore quelques années. Edouard Philippe aura dû attendre 2014 et sa victoire dès le 1er tour aux municipales pour s’en défaire. Lui qui avait été choisi par Antoine Rufenacht pour lui succéder en 2010. Le nouveau maire a eu le même privilège de la part du Premier Ministre. Pourtant, chez ses partisans comme ses opposants, on se réjouit plutôt de cette arrivée malgré les critiques de rigueur.

LUC LEMONNIER AVEC AUTORITE

Elu sans résistance

Ce n’était pas couru d’avance. Enfin, son élection, oui. Son unanimité, non. Pourtant, il l’a fait. L’ensemble de la majorité municipale a bien voté Luc Lemonnier pour succéder à Edouard Philippe. Quand on sait les questions qu’ont soulevé la nomination du Premier Ministre, on pouvait en douter. Tous les Républicains, UDI et Chrétien Démocrate étaient-ils si heureux de le voir rejoindre Emmanuel Macron (République En Marche) ? Mais non, il fallait montrer que la majorité était soudée. Et si les coulisses restent souvent inaccessibles, c’est bien cette image que l’on retiendra. D’ailleurs, Luc Lemonnier l’a bien fait comprendre lors de son intronisation.

“M. le Premier Ministre, vous pouvez compter sur une équipe soudée pour mener Le Havre dans la continuité de ce qui a été entrepris”

Le Premier Ministre Edouard Philippe est bien sûr ravi. Sa succession se passe comme il le souhaitait avec la personne qu’il avait désignée depuis plusieurs années déjà.

“Je suis très heureux que Luc Lemonnier ait été élu maire. Il a toutes les qualités pour. Le Havre est entre de bonnes mains”

MAIRE OU PANTIN ?

Mais dans l’opposition, on n’est pas aussi catégorique. Il est vrai que l’ascension du nouveau maire aura été fulgurante. 10 ans, à peine plus que son prédecesseur (9 ans). Adhérent à l’UMP en 2007, déjà candidat aux cantonales en 2008, conseiller municipal en 2011 puis adjoint en 2013… Luc Lemonnier aime se montrer, aime le contact, les responsabilités et la notoriété qui va avec. Et en se calant dans les pas d’Edouard Philippe, on peut dire qu’il a misé sur le bon cheval. Cependant, même s’il ne compte pas se démarquer de ce qui a été entrepris par Edouard Philippe et Antoine Rufenacht, aura-t-il les mains libres pour imposer sa patte ? Nathalie Nail (PCF) n’y croit pas.

“je rappellerai, qu’ici, au Havre, il a toujours accompagné aveuglément la mise en place des politiques néfastes pour notre territoire. Il n’a pas haussé un sourcil contre le déménagement des services publics (…) Il a laissé les commerces de proximité fermer, les uns après les autres, malgré leur rôle nécessaire au dynamisme de nos quartiers”

Sous-entendu, il ne s’est jamais opposé à Edouard Philippe. Ce qui, en soi, est un peu normal. La question est de savoir à quelle distance se trouvera Edouard Philippe du Havre dans les prochains mois. Il a assuré qu’il continuerait à suivre la ville bien que plus éloigné.

LUC LEMONNIER PLUS HUMAIN

Pourtant, au-delà de l’action et des idées que l’opposition ne partage évidemment pas, il y a l’homme. Et là, tout le monde est plutôt content. A commencer par le Front National (FN) avec Damien Lenoir.

“On y gagne au change. Luc Lemonnier est plus humain. Quand je le croise, il me sert la main. Edouard Philippe, s’il pouvait m’écraser… (…) Mais ça n’empêche qu’il y a deux Havre et ça, il doit agir contre”

Même son de cloche du côté du rassemblement Le Havre à Coeur / Pour Une Nouvelle Gauche au Havre qui s’exprimait sur cette possible élection dès vendredi.Le Premier Ministre était surtout pointé du doigt pour son mépris envers son opposition. Ceci pourrait d’ailleurs changer sous l’ère Lemonnier d’après eux. Jean-Louis Jegaden (PCF) y voyait même d’autre raisons de se réjouir.

“Ce qui est bien avec Luc Lemonnier, c’est que je l’ai battu aux cantonales en 2008. Donc lui, on peut le battre”

La personnalité appréciée, Les idées beaucoup moins. C’est déjà une nouveauté à l’ère de la personnalisation de la politique.

Sur la photo: (de g. à d.) Edouard Philippe et Luc Lemonnier