LOI TRAVAIL: MANIF ET MEETING AU MENU

22/09/2017 – La 2e journée de mobilisation contre la loi travail était très attendue. Notamment au Havre puisqu’un meeting unitaire se tenait dans la foulée non loin de là à Harfleur. Un meeting qui a su donner l’image que souhaitent insuffler les opposants à cette réforme dans leur contestation.

MANIFESTATION

Alors, on va commencer par être honnête. On essaye de toujours l’être mais plus particulièrement ici. On n’était pas au meeting unitaire organisé à Harfleur hier soir. En effet, on était sur le vernissage de l’exposition We Love Le Havre à la gare SNCF. Ceci n’empêche qu’on va en parler. Pas aussi bien qu’on l’aurait voulu, certes. Mais après tout, c’est bien la manifestation qui a retenu l’attention du plus grand nombre.

LOI TRAVAIL: LA CONTESTATION STAGNE ?

Entrons donc dans le vif du sujet. Combien de manifestants jeudi 21 septembre au Havre ? 10 000 selon les syndicats et 3 500 selon la police. Le chiffre avancé par les organisateurs est stable par rapport à la semaine dernière. En revanche, il est en recul d’après les forces de l’ordre qui avaient compté 4 000 personnes.

Pourtant, les prémices de cette journée laissaient présager un plus gros contingent. D’une part parce que l’entrée en matière réalisée le 12 septembre semblait séduire les sympathisants qui ne s’étaient pas déplacé. Puis, d’autre part, les syndicats avaient à nouveau préparé le terrain en vue de cette mobilisation. En effet, plusieurs opérations de tractage avaient été réalisées en amont pour sensibiliser la population. Ainsi, les militants de l’intersyndicale CGT-Solidaires-FSU-UNEF se sont rendus aux abords du stade Océane et centre commercial du même nom à Gonfreville l’Orcher mardi. C’est ensuite le pont VII bis qui a eu le droit à son opération mercredi. Un type d’action qui a eu son petit succès d’après Alain Parisse du syndicat Solidaires.

“On a reçu un très bon accueil de la population (…) Il y a une colère parce que les gens savent que cette loi va casser l’avenir de leurs enfants”

A lire: Les syndicats cherchent l'élan

LOI TRAVAIL: QUELLE POSITION DANS LES ENTREPRISES ?

Surtout que les appels à la grève ont été plus nombreux pour cette 2e journée de mobilisation. Les salariés du port du Havre se sont ainsi mis en grève 24 heures durant tandis que les cheminots étaient aussi appelés à le faire. C’était aussi le cas des fonctions publiques hospitalière et territoriales. Mais le privé a franchi le pas en ce 21 septembre. On a pu voir parmi les manifestants des salariés des usines pétrochimiques Total, Chevron ou encore Exxon. Enfin, Safran-Nacelles (ex-Aircelle) avait aussi déposé un préavis.

Cette mobilisation a l’intérieur des entreprises est toujours un signal fort dans l’évolution d’une contestation. Elle a cette fois-ci été un gage de confiance pour les syndicats dans la préparation de cette journée. C’est du moins ce qui ressortait des mots du co-secrétaire général de l’Union Locale CGT du Havre, Reynald Kubecki.

“L’unité se fait par la base et elle est bien plus forte qu’en 2016 (…) On est tous d’accord pour dire que cette loi est mauvaise et bien plus dure que la loi El Khomri”

Entre 4 000 et 10 000 manifestants le 12 septembre. Les salariés du privé qui rejoignent le mouvement. Une colère sous-jacente plus forte que lors des manifestations contre la précédente loi travail en 2016 qui avaient réuni jusqu’à 40 000 personnes au Havre. Comment donc expliquer que les chiffres stagnent quant au contingent de la manifestation de ce 21 septembre ? On pourrait même dire qu’ils baissent si on s’arrête au comptage de la police. Surtout que la tendance s’est vérifiée à l’échelon national (350 000 personnes contre 400 000 la fois précédente environ).

UN MEETING POUR MONTRER L’UNITE

Au moins, la journée s’est terminée par une bonne image. Car le fameux meeting unitaire organisé à la Forge de Harfleur était prévu depuis début septembre. Il a eu son petit succès en terme de fréquentation si l’on en croit les nombreuses photos réalisées par la CGT sur les réseaux sociaux. Quoique, contrairement à la manifestation du matin même, l’intérêt ne résidait justement pas en son affluence.

Non, ce meeting a eu le mérite de réunir sur une même scène plusieurs personnalités qu’on se plaît à opposer. Ainsi, en plus de l’intersyndicale havraise, Jean-Paul Lecoq (député Communiste), François Ruffin (député France Insoumise) et Philippe Poutou (candidat du Nouveau Parti Anti-capitaliste à la présidentielle) étaient côte à côte pour afficher leur désaccord avec cette loi travail. Il n’y avait pas qu’eux, certes. Mais à un moment où la division est plus que visible dans les différents camps, l’image est belle. Dans son contexte, du moins. Dommage pour eux qu’elle arrive au terme d’une journée somme toute décevante.

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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