LOI TRAVAIL: LES SYNDICATS ONT-ILS BON ?

29/06/2017 – Les syndicats sont dessus depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République. Non à sa loi fondatrice et à “la casse du code du travail”. Maintenant que les premières annonces du gouvernement sont faites, sont-ils dans le vrai ?

CONTENU EDITORIAL

La loi travail, encore la loi travail toujours la loi travail. Les syndicats crient au loup depuis bientôt deux mois. Pendant ce temps, le gouvernement temporise et laisse filtrer ses annonces au compte-goutte. Des annonces qui ne sont même pas officielles d’ailleurs car relayées dans la presse sur la base de documents de travail. Donc quel crédit accorder aux craintes des syndicats ?

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LOI TRAVAIL: CE QUE CRAIGNENT LES SYNDICATS

La mobilisation du 27 juin a encore fait preuve d’anticipation dans le timing. En effet, elle a précédé d’une journée les annonces officielles de la ministre du travail Muriel Pénicaud. Celles-ci ont été conclues à la suite de la concertation menée avec les syndicats nationaux. Place maintenant à la négociation. Mais pour l’intersyndicale CGT, FSU, Solidaires et UNEF du Havre, le doute ne semble plus permis de puis longtemps. Il n’y a qu’à écouter Serge Fouché de Solidaires pour le comprendre.

“Ni les salariés ni les jeunes n’ont à y gagner. Personne n’a intérêt à brader ses conditions de travail à un tel prix. Luttons contre ces personnes qui aggravent nos conditions de vie au profit du capital !”

Car des 4 syndicats havrais, c’est bien Solidaires qui joue le plus la carte de la pédagogie. Entendons par là des exemples concrets sur ce qu’il retient de la future réforme. Magali Marion s’en est chargée.

“Ce projet prévoit de redistribuer le socle de hiérarchie des normes. Avant, c’était en matière de temps de travail. Demain, ce sera extensible aux conditions de travail. Et celles-ci différeront selon les entreprises”

Pour résumer, le discours n’a pas changé depuis deux mois. L’intersyndicale pointe toujours du doigt les réformes du contrat de travail, des négociations sociales et de représentation du personnel. Mais aussi celle concernant les indemnités prud’hommales.

LOI TRAVAIL: CE QUE L’ON SAIT

A lire: le combat, c'est maintenant

Ca, c’était ce que fustigeaient les syndicats mardi dernier encore. Ce doit toujours être le cas, d’ailleurs. Car Muriel Pénicaud a annoncé les principaux points de la réforme mercredi 28 juin. La ministre espère ainsi faire valider cette loi travail par ordonnance du gouvernement vers le 21 septembre. Donc keskia dedans maintenant qu’on a quelque chose de vraiment officiel à se mettre sous la dent ? Eh bien des propositions pas si éloignées des préoccupations des opposants pour être honnête.

En effet, Muriel Pénicaud souhaite favoriser le recours aux CDD et CDI “de chantier”. Pour ces derniers, il s’agit d’étendre un contrat pour le moment réservé au secteur du bâtiment. Il consiste en une embauche sur le temps d’un projet dont la durée est inconnue à la date de signature du contrat. Ce point, Solidaires l’avait déjà en ligne de mire notamment par la voix de Serge Fouché.

“Vivre avec des CDI de projet, ce n’est pas possible. C’est grave ! Ou alors il faut changer la mentalité des banquiers et assureurs. Comment voulez-vous obtenir un prêt avec ce type de contrat ?”

UN SPARE A DEFAUT D’UN STRIKE

En ce qui concerne la primauté des accords d’entreprise sur les accords de branche, elle est toujours d’actualité. A ceci près que le ton s’est assoupli et qu’une branche pourra toujours s’imposer si son ensemble est d’accord. Ensuite, les instances représentatives du personnel devraient bien être fusionnées. Au moins 3 sur 4: les délégués du personnel, le Comité d’Entreprise (CE) et le Comité Hygiène Santé Sécurité des Conditions de Travail (CHSCT). Le texte prévoit même d’y inclure les délégués syndicaux en cas d’accord majoritaire au sein de l’entreprise.

Enfin, il prévoit bien de fixer un barême pour les indemnités prud’hommales en cas de licenciement. Celui-ci devrait être basé sur l’ancienneté du salarié et le type de litige l’opposant à son employeur. Il est d’ailleurs question d’une remise à plat des motifs de licenciement. Aujourd’hui, il en existe 5 avec ses conditions strictes. La ministre voudrait les unifier. Eh bien, pour le coup, les syndicats ne l’avaient pas vu venir celle-là et c’est bien la seule.

Sur la photo: Pascal Richer (CGT), Stéphanie Rio (FSU), Reunald Kubecki (CGT), Valentin Druez (UNEF) et Serge Fouché (Solidaires)

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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