LOI TRAVAIL: C’EST PAS UN PEU TÔT ?

15/06/2017 – Que la future loi travail inquiète les syndicats est une chose. Surtout quand on se souvient de la mobilisation suscitée par la dernière en 2016. Mais doit-on crier au loup maintenant alors que les concertations n’ont même pas débuté ?

CONTENU EDITORIAL

A lire: Elle obsède les syndicats

Pour le moment, il n’y a pas grand chose à dire de la future loi travail. Les leaders syndicaux nationaux ont été reçus courant mai par le président de la République Emmanuel Macron. Des échanges plutôt bien accueillis par les partenaires sociaux. Alors pourquoi la base boue-t-elle autant ? Plans sur la comète ? Surtout qu’une concertation doit encore avoir lieu entre le Premier Ministre et les syndicats dans le courant du mois de juin.

LOI TRAVAIL: COMMENT CA VA SE PASSER ?

Cependant, on sait déjà comment va se passer la concertation entre Matignon et les syndicats représentatifs de salariés. Le gouvernement a en effet prévu de consacrer 2h à chacun d’entre eux par sujet abordé. Il y en a 3: le droit du travail, les moyens d’intervention des salariés et la formation professionnelle. Cette concertation devrait donc durer 6h par syndicat concerné. Une façon de faire qui ne plaît pas au co-secrétaire de la CGT du Havre, Reynald Kubecki.

“A partir du moment où on pose les limites de la négociation, on discute de quoi après ? Des limites de la négociation ?”

Une analyse sur laquelle Serge Fouché de Solidaires va plus loin.

“La destruction du code du travail, ça ne se négocie pas, ça se combat (…) on n’accompagnera pas cette réforme donc on n’est pas des partenaires sociaux mais adversaires”

CE QU’ON SAIT DE LA FUTURE LOI TRAVAIL

A lire: Une loi XXL à rabougrir

Pourtant, au-delà de la méthode, l’intersyndicale est sûre de son fait sur certains points de la réforme. Notamment sur les contrats de travail que présente Serge Fouché.

“Ce qu’on sait, c’est que Macron propose un contrat zero heure qui sert juste à maquiller les chiffres du chômage. Car on a un contrat donc on n’est pas inscrit et on ne touche pas d’indemnité. Mais dans le même temps, on peut travailler 2h, 3h seulement”

Une mesure qui sert surtout à favoriser les dirigeants d’entreprise pour CGT, Solidaires, UNEF et FSU. C’est aussi le cas du plafonnement des indemnités prud’hommales d’après Reynald Kubecki.

“Jusqu’à maintenant, on règle les conseillers prud’hommaux règlent les litiges au cas par cas. Là, on va avoir un barême en fonction du litige et de l’ancienneté du salarié et on pourra savoir à l’avance. C’est très facile à provisionner pour une entreprise”

Et encore, les syndicats n’y voient qu’un prélude à une série de réformes qui ne vont pas dans leur sens. Notamment celle voulue par le ministre de l’Education Nationale Jean-Michel Blanquer sur l’autonomie des établissements. Un changement qui pourrait amener, d’après FSU, à des contrats de droit privé auxquels s’appliquerait forcément la future loi travail. Autant dire que ce premier combat s’annonce crucial pour les syndicats dans le bras de fer qu’ils comptent engager avec le nouveau gouvernement. En attendant, seul l’avenir peut dire si leurs craintes et leurs gesticulations sont totalement fondées sinon les précédents du quinquennat Hollande.

Un petit partage ?
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
View all posts by Maxime Malfoy →