LOI TRAVAIL: CA PROMET AU HAVRE

8/06/2017 – Echanges tendus, colère palpable et réponses convenues sur la loi travail. Voilà ce que l’on peut retenir du passage de l’intersyndicale du Havre au siège local de la République En Marche (REM) jeudi 8 juin. Les échéances futures s’annoncent rudes.

CONTENU EDITORIAL

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On a parlé du fond. Parlons maintenant de la forme. Car s’il y a bien eu dialogue public entre syndicats et Béatrice Delamotte jeudi 8 juin, cette dernière n’a pas eu la partie facile. La faute à une position difficilement tenable face à un tel interlocuteur d’une part. Mais aussi à cause d’une opposition plutôt véhémente de la part des syndicats présents.

DEFENDRE LA LOI TRAVAIL SEULE

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Il faut dire que la candidate REM dans la 8e circonscription ne s’est pas rendue la tâche facile. Le rassemblement syndical était prévu et elle y a fait face seule. Devant une cinquantaine de personnes rompues aux manifestations, le fait d’être issue de la société civile a prouvé que ce n’était pas toujours un avantage. Car affronter l’hostilité demande aussi un peu de pratique. Son inexpérience sur ce point s’est révélé lors de ce premier test. Pourtant, son expérience personnelle au sein de la CFDT lui laissait croire en un bon déroulement de la matinée.

“Il n’y a pas eu beaucoup de dialogue. Ils sont enfermés dans leur carcan (…) J’ai été syndiquée, j’ai été à leur place. Mais là, ça n’a pas été très constructif…”

En effet, l’impression qui ressort du dialogue entre Béatrice Delamotte et les représentants syndicaux est plutôt le malaise. Car il semble bien que les manifestants aient profité de leur nombre pour mettre la pression sur la candidate. Ceci s’est traduit par un temps de parole plus important sans toujours laisser la représentante REM de d’aller au bout de ses réponses. Cependant, Reynald Kubecki, co-secrétaire de la CGT réfute cette interprétation.

“Les salariés sont énervés et c’est légitime. Les politiques n’ont pas écouté la colère qui s’est exprimée l’an dernier (…) C’est lamentable d’avoir une candidate comme ça (…) On avait différents salariés qui connaissaient leur métier et elle ne savait pas quoi répondre”

DE LA DESINFORMATION SUR LA LOI TRAVAIL ?

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Le souci est qu’aucune des deux parties ne pouvait se comprendre sur cette loi travail. En effet, l’intersyndicale CGT, Solidaires, UNEF exposait déjà ses griefs contre cette loi avant même que des pistes soient présentées par le gouvernement. Quant à Béatrice Delamotte, elle défend la loi parce qu’elle y croit. Il n’est pas question de lui enlever ça. Cependant, il faut avouer que certaines de ses réponses ont manqué de mordant et de connaissances. Notamment sur la réforme des indemnités prud’hommales et la flexibilité. Ceci a amené Roselyne Mabille de Solidaires à lâcher cette phrase assassine.

“Si on a 300 députés avec si peu de réponses essentielles pour la population, la France est en grand danger”

Mais pour Béatrice Delamotte, les arguments de CGT, Solidaires et UNEF ne tiennent pas. Car ils ne représentent pas la réalité.

“Il y a beaucoup de désinformation de la part des syndicats. Notamment sur les ordonnances. Les ordonnances, ce n’est pas le 49.3. Avec le 49.3, il n’y a pas de dialogue à l’Assemblée Nationale. Là, il y en aura un et ils le savent. Ou alors il y a confusion”

Finalement, sur la forme, personne ne sort véritablement gagnant de ce premier échange. Quoique le courage de la candidate mérite d’être souligné. Mais la tension risque encore de monter dans les prochains mois. En particulier le 22 juin. D’ici là, peut-être que Béatrice Delamotte n’aura plus à être en première ligne. Cependant, si une majorité REM se dégage à l’Assemblée Nationale, il est fort possible que le siège local du parti soit encore pris pour cible. Et alors, les syndicats l’annoncent déjà: ils reviendront plus nombreux encore.

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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