LE PCF A GAUCHE(S) TOUTE

24/01/2017 – Les voeux du Parti Communiste présentés vendredi 20 janvier à la salle Franklin du Havre ont mis en avant son ambition d’être la véritable force de gauche lors des échéances présidentielle et législatives. Une ambition que les primaires citoyennes peuvent tout aussi bien mettre à mal que renforcer.

CONTENU EDITORIAL

Bon, d’accord, ce n’est peut-être pas sympa. Les voeux du Parti Communiste du Havre ont eu lieu vendredi 20 janvier et Seinomedia n’y revient qu’en ce 24 janvier. C’est tard dans une actualité qui demande à aller vite. Mais c’est tout aussi vite oublier qu’il y a eu la primaire citoyenne de gauche entre-temps. Même si le temps de la gauche plurielle semble loin et que le divorce a bel et bien été consommé entre le Parti Socialiste et le Parti Communiste, ce dernier devait sûrement attentivement cette primaire.

Des voeux offensifs

Le Parti Socialiste est pris en tenaille par les candidatures d’Emmanuel Macron à sa droite et par celle de Jean-Luc Melenchon, soutenu par le Parti Communiste à sa gauche. Et il s’avère que deux courants se sont clairement distingués au sein de cette primaire à travers Manuel Valls qui représente l’aile droite du parti, plus libérale et autoritaire et Benoît Hamon, l’aile gauche plus sociale et (peut-être trop) consensuelle. Il est évident que la victoire de Manuel Valls lors de cette primaire citoyenne laisserait un boulevard à Jean-Luc Melenchon, seul candidat crédible à gauche et annulerait les efforts de l’ex-Premier Ministre et d’Emmanuel Macron. Mais voilà, celui qui paraît le mieux placé, c’est Benoît Hamon qui, en bénéficiant du soutien d’Arnaud Montebourg dont l’addition théorique des voix à celles de l’ancien Ministre de l’Education Nationale devrait lui donner la victoire avec près de 54% des suffrages.

MELENCHON AVAIT RAISON MAIS…

Le candidat de France Insoumise soutenu par le Parti Communiste se présentait alors comme le seul véritable candidat de gauche mettant en avant un rejet de la politique gouvernementale socialiste lors du quinquennat en cours. Les voeux du Parti Communiste du Havre sont d’ailleurs allés dans ce sens avec notamment les propos du secrétaire de section, Baptiste Bauza.

“Depuis 5 ans, la majorité actuelle a tourné le dos à ceux qui l’ont élue en menant une politique contraire aux intérêts de la grande majorité des citoyens.”

Seulement voilà, les électeurs de gauche n’ont pas fait un constat aussi radical. Manuel Valls, garant de la politique gouvernementale après avoir été successivement Ministre de l’Intérieur puis Premier Ministre, est toujours en course. Ceci dit, les pronostics vont vers Benoît Hamon. Même si son manque de stature et son appartenance au Parti Socialiste peuvent le desservir, certains points de son programme le font marcher sur les plates-bandes de Jean-Luc Melenchon. Lutte contre l’évasion fiscale, partage du temps de travail, programme éologique… Le boulevard qui s’ouvre pourrait bien profiter à Emmanuel Macron et favoriser l’éparpillement des voix de gauche.

… SE RETROUVE COINCE

Jean-Luc Melenchon ne s’y trompe pas. Il multiplie les déclarations depuis hier, ce qui ne serait sûrement pas arrivé en cas de ballotage pour Manuel Valls. C’est d’abord nos confrères (:-D) du Monde qui ont relaté lundi 23 janvier son souhait de voir le futur candidat PS se retirer. Cela s’est poursuivi dans les 4 Vérités de France 2 où le candidat de la France Insoumise a ouvert la porte à une rencontre avec Benoît Hamon tout en y posant ses conditions.

“Benoît Hamon est le bienvenu pour prendre un bon café. Mais je ne transigerai pas sur le programme. On n’est pas dans un congrès du PS. (…) Je n’ai jamais cru en la sincérité de la primaire du PS, Rien, dans cette élection, ne peut plus être cru.”

Peut-être, mais sur le strict plan comptable, c’est sa propre candidature qui est fragilisée puisque, malgré sa crédibilité perdue, le Parti Socialiste reste tout de même le parti de gouvernement de la gauche. Le Parti Communiste est bien entré une fois au gouvernement mais en tant qu’allié du PS… avant de s’en désolidariser suite à certains désaccords déjà. Preuve que rien n’est définitif.

UN BALAYAGE DE PLUS A MENER

L'imbroglio France Insoumise ?

Même si Jean-Luc Melenchon avait prévu un duel Hamon-Montebourg au 2e tour des primaires citoyennes, les deux candidats se présentant les plus à gauche du Parti Socialiste, il n’avait apparemment pas prévu la confrontation des deux lignes opposées qui démontrent un vraie fracture au sein du PS dont l’éparpillement pourrait le desservir. Au contraire, une affirmation claire des deux frondeurs au second tour des primaires aurait ouvert la porte à un rapprochement légitime avec des socialistes voulant rompre avec le quinquennat Hollande. C’est donc un obstacle de plus à franchir pour Jean-Luc Melenchon qui doit composer avec cette fracture socialiste avat de se pencher sur l’entente entre son mouvement France Insoumise et du Parti Communiste qui présentent chacun des candidats aux législatives. Ceci dit, s’entendre ensemble sur la posture à adopter vis-à-vis du futur candidat PS pourrait être un premier pas dans ce sens… Ou un sérieux sujet de discorde avant même le vrai début de la bataille.

Photos: (de g. à d.) Jyc1, Benoît Hamon lors d’une rencontre sur l’égalité réelle le 6 novembre 2010 à Guipavas, Creative Commons paternité 2.0 générique / Place au Peuple, Jean-Luc Melenchon à Paris, Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 Generic

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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