Le Havre : l’université vent debout contre les réformes

L’annonce du Premier Ministre Edouard Philippe en a surpris plus d’un le 19 novembre. Les frais d’inscription vont augmenter pour les étudiants étrangers hors Union Européenne dès la rentrée 2019. Une mesure qui fait débat au Havre et ce dans toutes les spères locales.



En ces temps de contestation sociale, Edouard Philippe en a remis une couche lundi 19 novembre. Deux jours après le début du mouvement des gilets jaunes, le Premier Ministre annonce une hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers à l’université. Ainsi, ceux venant d’un pays extérieur à l’Union Européenne paieront 10 à 16 fois plus cher pour venir étudier en France. Cette réforme fait bondir au sein de l’université du Havre. Professeurs comme étudiants d’ailleurs. Cependant, le débat s’est aussi invité dans les sphères politiques locales. Et finalement, on s’aperçoit que cette mesure dépasse de très loin la simple question des étudiants étrangers.

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Profs et étudiants d’accord (enfin presque)

C’est suffisamment rare pour être souligné. L’ensemble de la communauté universitaire du Havre semble être d’accord pour dire non à cette nouvelle tarification. En effet, à l’appel du syndicat étudiant UNEF, les étudiants se sont rassemblés jeudi 13 décembre. Si la Fed’LH, antenne havraise de la FAGE, ne s’est pas jointe officiellement à la manifestation, la fédération étudiante s’est aussi prononcée contre la mesure. Ensuite, c’était au tour des personnels de l’université, professeurs en tête, d’organiser un rassemblement vendredi 14 décembre. Au menu des contestations ? Cette hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers en premier chef. Mais pas que (voir plus bas). Enfin, le conseil d’administration de l’université du Havre lui-même s’est mis d’accord sur une motion pour s’opposer à cette réforme.

“Cette hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers extracommunautaires représente une rupture de l’égalité de traitement de tous les étudiants de l’ESR (Enseignement Supérieur et de la Recherche NDLR) public, une mesure grave et sans précédent dans l’histoire de la Vème République française (…) Le CA de l’université du Havre demande au gouvernement français d’annuler la mesure de hausse des frais d’inscription

Pour vous donner une idée, ces frais d’inscription passeraient de 170 € à 2 770 € en licence et de 380 € à 3 770 € en master dès la rentrée 2019.

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Le Havre : entre unanimité et dispersion

Toutefois, si tout le monde semble être d’accord pour refuser cette hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers hors Union Européenne, on remarque aussi que l’union n’est pas parfaite. En effet, bien qu’ayant adopté la même position, les deux principales organisations étudiantes font bande à part. Si l’UNEF a organisé son rassemblement, la Fed’LH n’était pas invitée. Celle-ci s’est plutôt exprimée au sein du conseil d’administration en faveur de la motion. D’autre part, la manifestation étudiante s’est aussi faite à part de celle des professeurs qui ont milité vendredi 14 décembre. A leur grand désarroi comme l’explique Sonia Anton, maître de conférence en littérature française.

“Je pense que les étudiants ne veulent pas être associés aux syndicats. Mais les étudiants étrangers vont sûrement continuer à se mobiliser”

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Frais d’inscription et autres rancoeurs

Cependant, les frais d’inscription ne sont pas le seul cheval de bataille des enseignants. Ces derniers s’inquiètent aussi du non-renouvellement des postes remplacés par des contractuels, nous dit-on. Et ce alors que le nombre d’étudiants augmente et que les heures de cours à dispenser restent les mêmes, argumentent les professeurs. Puis, enfin, les enseignants-chercheurs fustigent le désengagement de l’Etat dans le financement des universités. Une réduction des crédits qui, selon eux, oblige les établissements à chercher d’autres ressources ailleurs et à adopter des modèles économiques axés sur la rentabilité. Une crainte qui n’est pas sans rappeler celles émises par les étudiants et professeurs lors du vote de la loi sur l’autonomie des universités en 2007. Maître de conférence en civilisation britannique, Nada Affiouni ne dit pas le contraire.

“Tout ce qu’on avait annoncé en 2007-2009 se concrétise. Ne nous voilons pas la face. Cette hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers est une première étape vers une hausse pour tous les étudiants

Périodes d’examens et de fêtes obligent, les actions font une pause jusqu’en 2019. Avant une reprise à la rentrée ? En attendant, les revendications se sont faites entendre sur le terrain politique.

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[membership level=”1,3″]A lire: [LIVE] Le conseil municipal du Havre de décembre[/membership]

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Les frais d’inscription sur les terrains politiques

Le sujet passionne. En effet, il s’est même déplacé sur le terrain politique avec pas moins de deux voeux présentés en conseil municipal du Havre puis en conseil communautaire de la CODAH. Et ils ont donné lieu à des débats assez acharnés. Ancien vice-président de l’université du Havre, l’adjoint au maire et conseiller communautaire Régis Debons s’est exprimé en faveur de cette réforme vis-à-vis de ses objectifs.

“je partage la première réaction scandalisée d’augmenter ces frais de 125% alors que cette ouverture est une richesse. Il en résulte quand même qu’il y a des étudiants étrangers qui sont dans la misère, qui vivent dans la rue, qui mangent aux Restos du Coeur. Ils ont un compte bancaire rempli mais il est vidé par des passeurs dès leur arrivée en France (…) Alors, je ne sais pas si cette réforme va passer. Mais la simplification du visa, le renforcement des cours de français, la mise en place d’un accompagnateur pour s’intégrer dans la ville, ça me paraît être de bonnes mesures”

Ainsi, pour la majorité municipale, la grande innovation de cette nouvelle tarification serait plutôt l’accompagnement des étudiants étrangers extracommunautaires. D’ailleurs, elle met en avant ces compensations tout comme les bourses qui seront toujours disponibles mais aussi l’ambition de faire finalement venir plus d’étudiants hors de l’Union Européenne qu’aujourd’hui. Le tout en travaillant plutôt sur de meilleures conditions d’accueil.

Pourtant, pas de quoi convaincre la gauche et le Parti Communiste (PCF) en particulier, à l’initiative des deux voeux. Nathalie Nail a qualifié la mesure “d’injuste et discriminatoire”. Du côté de Pour Une Nouvelle Gauche au Havre, Muriel De Vrièse, par ailleurs aussi maître de conférence à l’université, considère que la réforme n’a pour but que de sélectionner les étudiants par l’argent.

Cependant, si ce voeu a été rejeté par le conseil municipal du Havre, un autre a été adopté par le conseil de la CODAH. Un voeu qui, pour les mêmes raisons que celles avancées par la majorité municipale havraise, a dû être amendé. Ceci justement pour que les conditions d’accueil des étudiants étrangers soient mises au coeur du projet en faisant intervenir toutes les parties prenantes. Ces parties prenantes étant l’Etat mais aussi les collectivités locales et les universités. Parce que, pour le maire du Havre et président de la CODAH Luc Lemonnier, l’affaire semble entendue.

“Je crois que le sujet des frais d’inscription, c’est plutôt plié. Mais ce qui m’intéresse à mon niveau, c’est de savoir comment on peut accompagner, accueillir l’étudiant. Aujourd’hui, une fois qu’il a payé, rien n’est prévu. Ce n’est pas normal qu’un étudiant ait une incertitude sur sa capacité à résider sur le territoire français”

Des débats qui dépassent donc largement la question des frais d’inscription. En assemblée comme à l’université, d’ailleurs. A voir si les différentes communautés universitaires et celles du Havre en particulier l’entendent de cette oreille après les fêtes…

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[membership level=”1,3″]A lire: [LIVE] Le dernier conseil communautaire de la CODAH[/membership]

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 8 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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