Le Havre : comment la police a dispersé les gilets jaunes

La manifestation des gilets jaunes a encore été suivie de violences samedi 8 décembre au Havre. Mais l’assaut des forces de police et de gendarmerie pose questions. Avant ou après les premiers heurts ?



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La semaine dernière, les images de dégradations près de l’Hôtel de Police du Havre ont fait le tour des réseaux sociaux. Apparemment, la manifestation des gilets jaunes a dégénéré. Feux sur la voie publique, jets de projectiles, destruction d’abribus… Tout y était. Autant dire que la nouvelle marche du mouvement prévue samedi 8 décembre était attendue côté forces de l’ordre. Certes, le principal temps fort s’est encore situé sur la Place de l’Hôtel de Ville du Havre. Mais le cortège devait refaire un passage par le Boulevard de Strasbourg où se trouvent sous-préfecture et commissariat. Deux lieux qui ont donc encaissé la colère des gilets jaunes le 1er décembre.

Dégradations samedi 1er décembre au Havre © Seinomedia (abonné : GegeR)

Samedi 8 décembre, le commissariat de police du Havre a ainsi été “sauvé”. Toutefois, il l’a été au prix d’une manoeuvre plutôt discutable quoique compréhensible qui n’a pas empêché des violences en fin de journée.
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Les gilets jaunes attendus à l’Hôtel de Police

Les gilets jaunes du Havre avaient donc prévu de revenir du côté du Boulevard de Strasbourg. Plus nombreux encore d’ailleurs. Samedi 1er décembre, c’est sur cet axe menant de la mairie à la gare que les manifestants s’étaient montrés les plus véhéments. Une première fois devant la sous-préfecture où des pétards ont été lancés dans l’enceinte aux cris de “Macron, démission”. Si la compagnie de CRS présente sur place n’a pas eu à intervenir, elle s’est montrée pour dissuader.

Des forces de police et de gendarmerie ont donc été mobilisées dès le matin aux alentours des points chauds comme l’Hôtel de Ville du Havre. Des forces dont on ne connaissait pas encore le rôle prépondérant dans le dénouement de la journée.

Stationnement des forces de police et de gendarmerie mobilisées le 8 décembre © Seinomedia (abonné : Boustifaille76)

Pourtant, d’après nos informations, de premiers heurts se sont bien produits avant l’arrivée des gilets jaunes à l’Hôtel de Ville du Havre. En effet, ils auraient eu lieu du côté de la gare en début d’après-midi même si ces échauffourées auraient été contenues à l’intérieur même du cortège. Finalement, la manifestation est arrivée jusque dans les jardins de la mairie et dans le calme malgré la forte affluence. Elle s’est ensuite dirigée vers le Boulevard de Strasbourg où elle ne s’est même pas arrêtée devant la sous-préfecture.

Au contraire, les gilets jaunes ont fait un arrêt devant le tribunal du Havre. Là, quelques jets de bouteilles contre la façade ont fait croire à une première dégénération. Mais ils se sont étonnamment arrêtés aux premières remontrances. C’est ensuite que le cortège a pu se diriger vers son étape finale où il est resté stationné plusieurs minutes : le commissariat de police du Havre.

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La police au contact des gilets jaunes

Contrairement à l’étape du Palais de Justice, il n’y a aucune violence à déplorer le temps du rassemblement. Certes, le commissariat de police est fermé et barricadé. Tout juste un gardien de la paix est-il envoyé en éclaireur sur le toit. L’agent fait l’objet de remontrances et même de projections de laser avant de s’éclipser. Toutefois, malgré certains mots lancés en l’air, le calme semble être de mise. Mais l’expérience du 1er décembre est encore en mémoire.

Cependant, le dispositif de sécurité se met en place. Les forces de police et de gendarmerie stationnées au niveau de l’Hôtel de Ville sont restées en retrait mais suivent à distance raisonnable le cortège, environ une vingtaine de mètres. Et ce jusqu’à créer un cordon de sécurité sur toute la largeur du Boulevard de Strasbourg. Ce dont on s’aperçoit à ce moment là, c’est que d’autres groupes ont pris position dans les rues adjacentes. On peut ainsi shématiser le dispositif policier comme suit.

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Gilets jaunes dispersés, casseurs débusqués

La question est donc : qu’est-ce qui a mis le feu aux poudres ? Car, intrigué par les prises de position des forces de police, on est allé voir ce qu’il se passait. A priori, rien. Pourtant, à peine quelques minutes plus tard, les premières grenades lacrymogènes sont tirées. On entend même des plaintes à propos de tirs de flashball. Ce qui est sûr, à ce moment là, c’est qu’il n’y a pas eu de sommation. Quoiqu’il en soit, l’effet a été radical, les milliers de gilets jaunes ont déguerpi vite fait bien fait. Avec précipitation mais sans panique ni drame pendant la fuite, ce qui est un moindre mal. Puis, au fur et à mesure, que ces gilets jaunes se sont dispersés, fuyant l’offensive de police et gendarmerie, ne sont restés que les plus récalcitrants.

Alors, comme évoqué plus haut, le caractère pacifique de la manifestation semblait fragile en ce samedi 8 décembre au Havre, certes. Et il est compréhensible que, après les violences observées devant ce même commissariat samedi 1er décembre, la police ait voulu abréger le rassemblement avant qu’il ne dégénère de lui-même. C’est une possibilité, du moins, parce qu’on ne peut pas être à la fois sur le terrain à regarder et bien au chaud à écouter les points presse téléphoniques de la préfecture…*

Cependant, ce qui ressemble à un piège bien tissé a eu un deuxième “effet kiss-kool”, celui de faire sortir les manifestants les plus désireux d’en découdre avec les forces de l’ordre. A moins qu’ils aient été repérés en amont et séparés de la foule ? Raisonnement tordu, mais pourquoi pas ? Non, trop sophistiqué… En tout cas, c’est à partir de ce moment là que des affrontements ont eu lieu accompagnées de dégradations.

Et encore, on a surtout vu ce qu’il s’était passé dans les quartiers sud. Mais, d’après certaines informations, d’autres dégradations ont eu lieu du côté du Rond-Point, toujours au Havre. Le deuxième “effet kiss-kool” qu’on vous dit… Cette manoeuvre aura peut-être permis de protéger une grande partie des gilets jaunes sur place. Pour le reste, elle est très très discutable.

*  La préfecture de Seine Maritime a été contactée mais n’a pas donné suite à notre demande de précisions sur ces événements

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 8 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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