Le Havre : les urgences crient à l’aide

Une délégation des urgences du Groupe Hospitalier du Havre (GHH) s’est exprimée sur la situation du service au conseil municipal du Havre. Une autre s’est présentée à celui de Montivilliers. Deux voeux ont été adoptés pour les soutenir.



Des urgences surchargées

Au Havre comme à Montivilliers, les urgentistes sont venus dénoncer le manque de moyens. D’après eux, “le nombre de passages a explosé” entre 2010 et 2018. En effet, le nombre de patients passant par les urgences de l’hôpital Jacques Monod était de 46 807 en 2018 contre environ 30 000 en 2010.

“Seulement 1,8 temps plein ont été créés pour doubler le quart d’après-midi à l’accueil et l’orientation des usagers. Ce qui entraîne un temps d’attente jusque 7 heures avant une prise en charge médicale” (déclaration)

Et pour justifier cette dégradation pointée du doigt, les personnels ont un coupable tout trouvé : le manque de moyens. Ainsi, ils dénombrent 46 infirmiers et infirmières dans le service des urgences du Havre. En s’appuyant sur les recommandations de la Société Francophone de Médecine d’Urgence, ces personnels estiment à 66 le besoin pour fonctionner. Idem du côté des aides-soignants et aides-soignantes. Il y en a actuellement un peu moins de 23 alors qu’il en faudrait 57 d’après la délégation. Du côté du GHH, ces mêmes personnels soulignent que la direction envisage de créer 1,5 postes infirmiers et 2 postes d’aide-soignant.



Les urgentistes “craquent”

En grève lundi 28 janvier, le personnel des urgences du Havre sont venus exprimer leur ras-le-bol voire même leur mal-être.

“Les personnels craquent. Ils ont le sentiment de maltraiter les usagers (soin dans les couloirs, manque de confidentialité, retards de prises en charge…) et de leur faire courir des risques (…) Le seuil du soutenable est dépassé de ce que peut supporter un collectif de travail”

D’autant plus qu’ils disent être exposés “à la violence quotidienne des usagers” sans faire l’objet d’une prime en retour de la part de leur direction.

“Les créations de postes sont indispensables pour le retour à une activité soutenable et une prise en charge de qualité optimale pour les usagers”



Les politiques locaux au soutien

Au Havre, le conseil municipal a adopté à l’unanimité un voeu présenté par la conseillère communiste Nathalie Nail. Celui-ci demande à l’Agence Régionale de Santé (ARS), au nom du conseil municipal du Havre, “de débloquer ou d’obtenir les crédits nécessaires au fonctionnement du service des urgences dans les meilleurs délais”. Le maire du Havre Luc Lemonnier, aussi président du conseil de surveillance du GHH s’est engagé à recevoir une nouvelle délégation en entretien mecredi 30 janvier.

A Montivilliers, sur la base des mêmes déclarations, une motion a été présentée par l’opposition de gauche “Agir Ensemble pour Montivilliers“. Celle-ci soutient les personnels et “comprend” leurs demandes. Enfin, cette motion invite la directrice de l’ARS a engager le dialogue afin d’apporter des réponses.

Ça vous plaît ? Dîtes-le !

[Total : 0    Moyenne : 0/5]

Un petit partage ?
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Avatar

Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 8 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
View all posts by Maxime Malfoy →

Participez à la grande conversation !

Merci de vous identifier pour donner votre avis

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  Suivre la conversation  
Me notifier des