Le Havre : le bac de philo pourra-t-il avoir lieu ?

De nombreux syndicats enseignants appellent à une grève de la surveillance du bac le 17 juin. Jour des premières épreuves du baccalauréat. Pourquoi ? Les sujets de discorde sont nombreux.



[membership level="0,2"]
Vous devez être un abonné Seinomedia Reader pour consulter ce contenu ! Pas encore de compte ? Devenez un abonné Seinomedia !

Gratuit
0€ TTC

Brèves Seinomedia

Lire les articles des abonnés

vidéos courtes

Lire les commentaires

Reader
4,99€
mois

Profil personnel

Articles Seinomedia

Live Seinomedia

Sondages Seinomedia

Brèves Seinomedia

Lire les articles des abonnés

Vidéos courtes

Commenter

Lire les commentaires

Speaker
4,99€
mois

Profil personnel

Publier vos photos, vidéos...

Publier vos articles

Rencontrer, échanger

Forums

Messagerie

Brèves Seinomedia

Lire les articles des abonnés

Vidéos courtes

Commenter

Lire les commentaires

[/membership]

[membership level="1,3"]A lire: La réforme du bac passe assez mal [/membership]

[membership level="1,3"]

Les salaires et la fonction publique en ligne de mire

"Une large intersyndicale". C'est ainsi qu'est considérée la coalition SNES/CGT/SUD/SNALC/syndicats de lycées agricoles qui appelle à une grève des surveillances du bac lundi 17 juin. FO n'appelle pas à la grève mais invite ses adhérents à débattre en assemblée générale. Quant à l'Union Nationale des Lycéens (UNL), il semble qu'elle invite les élèves à porter un brassard en soutien. Enfin, la fédération des parents d'élèves (FCPE) "ne condamne pas" l'initiative d'après les syndicats.

Mais avant de se poser sur l'organisation et les conséquences, parlons plutôt des causes. Car elles sont nombreuses. Enfin, elles sont 4 exactement. Parmi elles, on retrouve le statut du professeur à travers sa rémunération et son contrat. En effet, la revalorisation des salaires est une revendication de longue date qui revient sur la table à l'occasion de ce baccalauréat 2019. Pour cela, les syndicats mettent en avant le gel du point d'indice servant au calcul des salaires en vigueur depuis 2010. Mais les professeurs brandissent d'autres chiffres.

"Oui, il y a le gel du point d'indice depuis 2010 auquel il faut ajouter l'augmentation de la CSG. Si on fait le calcul depuis 1981, il faudrait nous augmenter de 40% pour rattraper le retard" dit un enseignant syndiqué SNES.

Cependant, la rémunération n'est pas la seule crainte des professeurs vis-à-vis de l'avenir. Leur statut en fait aussi partie. Et la loi de transformation de la fonction publique discutée au parlement depuis mars dernier y est pour quelque chose. Car l'un de ses points phares est de favoriser le recours aux contrats à durée déterminée. Pour les enseignants, l'Education Nationale pourrait être fortement concernée.

"Actuellement, on a 15 à 20% de contractuels. Avec cette réforme, on passera facilement de 25 à 30%" dit une professeure du lycée Claude Monet.

Un problème majeur d'après le corps éducatif qui induirait une baisse de la qualité de formation due au manque de continuité des cours, du travail en équipe. Mais aussi liée au fait que les contractuels embauchés n'auraient pas toujours le niveau universitaire ou n'enseigneraient pas nécessairement leur matière de spécialité.

[/membership]



[membership level="1,3"]A lire: Pourquoi la loi Blanquer leur fait si peur [/membership]

[membership level="1,3"]

Les réformes Blanquer ne passent (toujours) pas

Mais au-delà, de ces deux premières considérations, le sujet de discussion passe aussi par les réformes Blanquer. Oui, LES réformes. On a déjà eu l'occasion de parler du projet de loi "pour une école de la confiance" qui suscite des contestations dans l'enseignement primaire. Elle fait aussi partie des cibles des professeurs du secondaire. Mais ceux-ci sont mobilisés depuis plusieurs mois à propos de la réforme du lycée et du baccalauréat.

Donc qu'est-ce que les profs reprochent à cette réforme du lycée et de son examen emblématique ? La réorganisation des matières en premier lieu. Fini les filières L, ES et S. Bienvenue à un nouveau tronc commun agrémenté de 3 matières de spécialité en 1ere (puis 2 en 2nde) à choisir parmi un large panel. Et c'est là que l'ire des enseignants se déploie. Car, il semble acté que les établissements ne pourront dispenser toutes les spécialités disponibles.

"Par exemple, à Guillaume Le Conquérant, il n'y aura pas l'option théâtre. Si ces élèves veulent en faire, ils doivent déménager (...) Les élèves sont totalement libres d'après le ministère mais il y a des disparités géographiques" dit un professeur du lycée de Lillebonne.

Cependant, le projet de loi stipule qu'un élève peut suivre ces enseignements de spécialité dans les lycées qui les dispensent même s'il poursuit son tronc commun dans un autre. Là encore, les professeurs sont sceptiques sur la compatibilité des emplois du temps et les modalités de transport.

"On sait que des élèves vont suivre des cours sur François 1er, Monet et Porte Océane. Mais on n'a aucune information sur les modalités pour le moment..." dit-on du côté de François 1er au Havre.

A cette inconnue, il faut ajouter le scepticisme des enseignants sur le fait que les matières scientifiques (mathématiques, physique et SVT) soient incluses dans les spécialités. Mais aussi et surtout sur la réforme de l'examen du baccalauréat. C'est notamment le cas au lycée Claude Monet du Havre.

"On va avoir le droit à un bac maison avec un contrôle continu à 40% et une réorganisation des établissements et disciplines très inégalitaire"

En effet, les enseignants estiment que l'examen sera joué à 85% avant l'épreuve de philosophie. Cependant, les doutes sur ces épreuves finales font aussi bondir les profs. Selon eux, du fait de la réforme diffuse de l'examen, les futurs candidats s'inscrivant en 2nde ne peuvent encore connaître les épreuves qu'ils passeront en terminale. Une donnée à laquelle il faut ajouter l'incertitude autour de l'adaptation de l'enseignement supérieur qui doit lui aussi faire l'objet d'une réforme prochainement.

[/membership]



[membership level="1,3"]

Un mécontentement au long cours

Pourtant, bien que les réformes en cours bousculent les professeurs, il s'agit surtout d'un mécontentement qui gronde depuis plusieurs années. Du moins, c'est ce que l'on comprend quand on les écoute. Et leur rémunération n'est pas seule en cause. Les syndicats dénoncent ainsi un mépris de la part des instances dirigeants (gouvernement et rectorats).

"Faire grève au moment du bac est une action extrême qui n'est pas partagée par tous. Mais le comportement du rectorat arrive à convaincre certains collègues" dit un professeur du lycée Jules Siegfried.

Un mépris qui se traduit depuis longtemps à les entendre par la détérioration du service public de l'Education.

"La situation est comparable à l'hôpital même si on n'a pas de brancard dans les couloirs. On a des élèves perdus et des absences chroniques difficiles à gérer" dit une enseignante de Claude Monet.

"Un élève allemand apprenant le français a plus d'heures de cours qu'un français qui apprend sa langue maternelle. Il ne faut donc pas s'étonner si le niveau baisse. On ne peut pas faire plus avec moins. Cela ne marche pas à l'hôpital, ça ne marche pas dans la police, ça ne peut pas marcher chez nous non plus" ajoute-t-on à Lillebonne.

Ainsi, pour les syndicats, l'enseignement privé devrait être le grand bénéficiaire de ces réformes.

"Au Havre, par exemple, un lycée privé comme Saint Joseph est tout autant doté qu'un lycée public mais il bénéficie aussi de l'argent du secteur privé catholique... C'est aussi un effet pervers de la scolarisation obligatoire dès 3 ans. Certaines communes vont financer des maternelles privées"

Car les enseignants estiment que la fuite des élèves du public vers le privé est en cours. D'après eux, elle est due à de meilleurs moyens chez la concurrence. A Jules Siegfried au Havre, on a quelques exemples.

"Le principe de seuil n'existe plus. On est passé de classes de 27 élèves à 30 puis à 30, 32 et même 35 l'année prochaine. Mais techniquement, on peut très bien avoir des classes à 40 élèves. Ce n'est pas possible (...) Dans un lycée professionnel comme le nôtre, on a perdu 4h30 de cours. On en vient à ne former qu'au métier souhaité. On n'apprend plus l'élève à réfléchir. Les enseignements généraux se réduisent juste aux besoins émis par ce métier..."

Des doléances comparables à celles déjà croisées au collège Marcel Pagnol du Havre, récemment.

[/membership]

[membership level="1,3"]A lire: Pourquoi le collège Pagnol était-il en grève ? [/membership]

[membership level="1,3"]

Que se passera-t-il le 17 juin ?

Bien qu'on ait essayé d'être le plus exhaustif possible, il serait trop long d'exposer ici toutes les doléances émises par les enseignants. En tout cas, elles sont suffisamment nombreuses pour motiver cet appel national à la grève de surveillance du bac. Au Havre et dans ses environs, 6 lycées répondent à l'appel pour le moment : François 1er, Porte Océane, Claude Monet, Jules Siegfried (Le Havre), Jean Prévost (Montivilliers), Guillaume Le Conquérant (Lillebonne). D'ailleurs, si cet appel ne concerne "que" le 17 juin, les syndicats n'excluent pas de reconduire le mouvement lors des épreuves suivantes. Est-ce que l'absence de professeurs conduira pour autant à l'annulation des épreuves de philosophie et de français ?

Un appel est aussi lancé pour les épreuves de brevet des collèges qui débutent le 27 juin 2019.

[/membership]

[membership level="1,3"]

This poll is no longer accepting votes

[/membership]

Ça vous plaît ? Dîtes-le !

[Total : 0    Moyenne : 0/5]

Un petit partage ?
  • 9
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    9
    Partages
  •  
    9
    Partages
  • 9
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Avatar

Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 8 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
View all posts by Maxime Malfoy →