Le Havre : que penser de la consultation citoyenne ?

La consultation citoyenne proposée par la Ville du Havre depuis le 2 janvier pose quelques questions. Du fait de son nom, de son format mais aussi de son timing alors que se profile le grand débat national en réponse au mouvement des gilets jaunes. Entourloupe ?



Le maire du Havre avait promis des cahiers de doléances. Ça, c’était lors du conseil municipal extraordinaire du 22 décembre dernier. Les gilets jaunes du Havre s’étaient alors massés dans la salle pour faire entendre leur mécontentement. Cette promesse, Luc Lemonnier l’a faite en réponse à une injonction de la conseillère municipale communiste Nathalie Nail qui lui demandait de suivre le mouvement déjà engagé par d’autres villes en France et même dans l’agglomération havraise. Il faut dire que le temps commençait à presser puisque ces cahiers de doléances ne devaient pas rester ouverts au-delà du 15 janvier. En effet, cette date doit marquer le lancement du grand débat national annoncé par le président de la République Emmanuel Macron. Déjà une réponse au mouvement des gilets jaunes qui sévit depuis le 17 novembre. Pourtant, depuis le 2 janvier, point de cahier de doléances. Du moins, le format proposé par la Ville du Havre n’en a pas le nom. A la place, on a le droit à une consultation citoyenne. Doit-on y voir pour autant ce que l’on appelle dorénavant une entourloupe ?

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[membership level=”1,3″]A lire: Le conseil municipal du Havre du 22 décembre en LIVE[/membership]

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Qu’a promis Luc Lemonnier en fait ?

En ce matin du 22 décembre, le maire du Havre Luc Lemonnier ne s’est pas défaussé au moment de répondre à Nathalie Nail. Et à ce moment là, c’est bien un cahier de doléances qui semblait prévu. L’occasion pour le premier élu de la ville de donner ses explications sur leur absence à ce moment là.

“Pour les cahiers de doléances, ils ne sont pas encore en place parce qu’on voulait qu’ils soient numériques. Il y aura des cahiers de doléances à l’Hôtel de Ville et dans l’ensemble des fabriques”

Certes, le nom a changé. Du coup, le format aussi (voir plus bas). C’est une consultation citoyenne qui est lancée le 2 janvier 2019. Numérique car accessible en ligne (ici pour être exact) et dans les fabriques de quartier et mairies annexes, comme promis.

Mais il ne s’agit pas de la seule annonce faite ce jour là par le maire du Havre.

“Nous allons organiser plusieurs rencontres avec les havrais sur le territoire. Probablement fin janvier, début février. Ce sera surement sous la forme de rencontres individuelles avec des élus et même de l’opposition. Ceci pour recueillir le maximum d’éléments qui puissent être regroupés”

Pour le moment, il n’est pas fait mention de ces rencontres. Bien que Luc Lemonnier ait donné une échéance assez précise le 22 décembre. Et les services de la Ville du Havre n’en diront pas plus.

“C’est dans les tuyaux mais ce n’est pas encore fait. Après, le maire organise déjà des rencontres individuelles lors de ses permanences”

En effet, deux permanences du maire du Havre ont déjà été organisées depuis l’élection de Luc Lemonnier en mai 2017.

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Cahier de doléances, consultation citoyenne, quelle différence ?

Après tout, s’il s’agit juste d’une histoire de nom, pourquoi se poser des questions ? Ce serait vite oublier que les mots et donc les noms ont un sens. Si le procédé ne porte pas le nom de cahier de doléances, c’est tout simplement parce qu’il n’en est pas un. D’ailleurs, cette différenciation est assumée par les services de la Ville.

“Non, ce n’est pas un cahier de doléances. Un cahier de doléances, ça sert à exprimer ce qui ne va pas. Là, on propose d’exprimer aussi bien ce qui qui ne va pas que ce qui fonctionne”

Ce devrait être un bon point pour cette consultation citoyenne. En effet, l’ouverture des cahiers de doléances ne devrait pas s’étendre au-delà du 15 janvier environ, date à laquelle le grand débat national voulu par le président de la République doit débuter. Or, dans le cas de cette consultation citoyenne, aucune date de fin n’est prévue pour le moment d’après la Ville du Havre. De plus, le format diffère puisque le formulaire permet de formuler trois demandes puis trois propositions.

Or, même si on en sait encore peu sur les modalités de ce grand débat, cette consultation citoyenne semble prendre le risque de se téléscoper avec lui. C’est pourquoi le maire du Havre a annoncé son cadre dès le 22 décembre.

“Je n’ai pas pour but d’envoyer ces doléances à l’Etat. Mon but est de trouver des solutions au niveau municipal et communautaire” (Luc Lemonnier)

Et c’est justement une autre différence avec un cahier de doléance. Ce dernier, surtout dans le climat social actuel, semble beaucoup servir à relayer le mécontentement et peut-être ses causes à l’Etat. Ici, la consultation citoyenne se donne pour but de recueillir des informations locales pour y trouver des réponses locales. Toutefois, Luc Lemonnier l’assure : si des problématiques relevant de la compétence de l’Etat sont exprimées, elles seront transmises aux organes nationaux.

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Une consultation citoyenne qui répond aux attentes ?

Du coup, une fois qu’on a dit tout ça, cette consultation citoyenne répond-elle aux attentes de ceux qui réclamaient un cahier de doléances ? On pense bien entendu aux gilets jaunes. Car même s’ils ne sont pas nommés dans la lettre du maire du Havre accompagnant le lancement du formulaire, ce sont bien eux qui justifient son existence.

“Ces dernières semaines ont vu des inquiétudes, des protestations, des colères parfois, s’exprimer partout dans notre pays. Je l’ai dit à plusieurs reprises : manifester est légitime, c’est un droit que le peuple français a conquis depuis longtemps, auquel nous sommes attachés, et dont nous pouvons être fiers. Mais j’ai dit aussi, avec la même fermeté : les violences, les dérapages, la haine et les destructions de biens publics ou privés ne sont pas acceptables”

Toutefois, même si on ne doute pas qu’il s’agit là d’une réponse au mouvement des gilets jaunes, la Ville du Havre l’assure, cette consultation citoyenne s’adresse à tous les havrais.

Pourtant, il semble que ces formulaires occasionnent au mieux du scepticisme, au pire du rejet de la part des gilets jaunes du Havre et ses environs. Certains opposent cette consultation citoyenne à l’une de leur revendication, le Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC). Ils préfèrent obtenir gain de cause plutôt que de remplir le formulaire proposé par la Ville.

D’autres sont déjà allés le remplir mais ont pointé du doigt l’étroitesse des cases pour y exprimer leurs demandes et propositions. Car ces cases, en version numérique du moins, peuvent accueillir jusqu’à 130 caractères environ. Pour se donner une idée, c’est deux fois moins que ce que permet la plateforme renommée pour ses messages courts Twitter.

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Photo : © Ville du Havre

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 8 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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