Le Havre : Accord ou pas accord à Pierre Janet ?

8/07/2018 - La confusion régnait autour de la situation à l'hôpital Pierre Janet du Havre vendredi soir. Alors que certains parlaient déjà de victoire et de soulagement, il semble que la situation ne soit pas aussi claire. Pourtant, des avancées sont bien à noter.





Rebondissements à Pierre Janet...

La semaine du 2 au 8 juillet 2018 aura été longue au Havre. En effet, les rebondissements se sont multipliés au coeur de la mobilisation des soignants de l'hôpital psychiatrique Pierre Janet. A tel point que, vendredi soir, il devenait urgent de se poser pour analyser la situation. Les personnels sont en grève depuis le 16 juin tandis que 7 d'entre eux occupent le toit des urgences depuis le 26 juin. Ils réclament notamment la création de 50 postes, soit une unité supplémentaire, et 35 lits permanents supplémentaires.

Dès lundi,  le directeur du Groupe Hospitalier du Havre (GHH), Martin Trelcat, acceptait de se rendre sur place pour faire de premières propositions. Le dialogue était alors noué. Mais pas question de parler de négociations du côté des grévistes. Car ces propositions ne les statisfont pas. Sur les 28 postes proposés par la direction, seuls les 2 recrutements d'infirmiers sont des nouveautés selon eux. 13 sont déjà décidés depuis 2016 alors que 13 autres concernent un projet auxquels ils "n'adhèrent pas" à l'hôpital Flaubert. De plus, les soignants souhaitent alors toujours la venue de la directrice de l'Agence Régionale de Santé (ARS), Christine Gardel avant d'entamer des négociations.

Ont suivi la venue du député de la Somme François Ruffin, mardi, puis une manifestation au conseil communautaire de la CODAH jeudi soir. Malgré le dispositif policier mis en place pour filtrer l'accès au Carré des Docks, une délégation a pu s'y exprimer. Lors de ce conseil, le président de l'agglomération Luc Lemonnier n'était d'ailleurs plus favorable à l'idée de demander la venue de la directrice de l'ARS. En effet, il préférait "renouveler sa confiance en Martin Trelcat" pour mener les négociations. Après tout, l'ARS avait déjà fait part de son souhait de ne négocier qu'avec lui.

C'est ensuite que les événements se sont accélérés puisqu'une réunion entre le personnel et le directeur du GHH avait aussi lieu jeudi soir. Une réunion qui se muait en "envahissement" d'après les soignants et en "séquestration" selon certains observateurs.



... Avant la confusion

Mais tout ça, c'était avant le vendredi 8 juillet. Car, en milieu de journée, le GHH publiait un communiqué affirmant que de nouvelles propositions étaient en cours à la sous-préfecture du Havre. Et ces propositions semblent convenir aux soignants. En effet, l'assemblée générale qui a suivi a validé le principe de débuter les négociations sur cette base. La direction du Groupe Hospitalier du Havre met sur la table la création de 16 postes environ affectés à une unité d'accueil temporaire de 22 lits pour patients stabilisés à l'hôpital Jacques Monod de Montivilliers. Cette unité ouvrirait le 1er août et ce jusqu'au 30 novembre. Ensuite, il est aussi proposé la création de 12 postes d'infirmiers de nuit en plus des 2 déjà cités le 2 juillet. Quoique le personnel affirme que les 12 postes d'infirmiers étaient déjà actés depuis 2016 bien que non budgétés depuis.

"Nous ne pouvons pas nier qu’il s’agit d’une avancée puisque des lits seront ouverts. Pourtant, il ne s’agit que d’un petit pas (...) les chiffres annoncés en terme de recrutement sont bien en deçà des besoins indispensables au fonctionnement d’une telle unité" (communiqué de l'intersyndicale SUD / CGT / CFDT samedi 7 juillet)

En effet, les chiffres de 50 postes et 35 lits inclus dans les revendications des grévistes ne sont pas atteints. Pourtant, alors que l'on ne parlait que de dialogue jusqu'ici, les grévistes acceptent d'entamer les négociations sur cette base. Et ce tout en faisant apparemment une croix sur la venue de Christine Gardel, dans un autre communiqué publié ce même 7 juillet.

"On laissera de coté , le profond mépris de la patronne de la Santé normande (Madame la directrice de l' ARS (Agence Régionale de Santé) qui a toujours refusé de rencontrer le personnel ou ses représentants..."

Cependant, le mouvement des "perchés", ces 7 soignants qui occupent le toit des urgences de Pierre Janet depuis le 26 juin, n'est pas suspendu. La précision est importante puisque le contraire (accompagné du mot "victoire") circulait chez leurs soutiens. Non, des questions restent en suspens. Notamment au sujet des suites données à cette unité temporaire, au service proposé aux patients en-dehors du centre Pierre Janet et bien sûr quant au nombre de postes et de lits jugés nécessaires par les personnels.

"Il a été convenu d’une poursuite de la mobilisation puisque nous ne pouvons pas nous satisfaire pleinement des propositions faites (...) La mobilisation et la pression de tous restent fortes afin d’obtenir de meilleures conditions de soins pour nos patients et de travail pour nos collègues" (communiqué)

Donc la mobilisation se poursuit et les 7 soignants occupent toujours le toit des urgences de l'hôpital Pierre Janet du Havre. Un rassemblement est même prévu lundi 9 juillet en direction de la sous-préfecture. Quant aux négociations avec le Groupe Hospitalier du Havre, elles doivent se poursuivre dans la semaine. Mais pour le moment, aucun signe d'accord en vue entre les deux parties.

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