LA CONCERTATION SELON HAROPA

17/10/2017 – Les ports du Havre, Rouen, Paris (HAROPA) souhaitent impliquer tout le monde dans la concertation publique qui s’engage. C’est à dire pas uniquement les professionnels de la place portuaire. Seulement voilà, conquérir l’intérêt de la population est loin d’être gagné. Même si on veut bien rendre service.

CONTENU EDITORIAL

Le sujet de l’accès fluvial au port du Havre est très technique. Vous vous l’êtes sûrement dit en lisant le résumé de conférence de presse. Pourtant, il s’agit déjà d’un résumé ultra tronqué. Ne vous inquiétez pas, l’essentiel permettant de comprendre les enjeux du projet y sont. Tout ça pour dire que même en vulgarisant au maximum, on reste dans un sujet pas accessible à tout le monde. Et les dirigeants de HAROPA ne mettent pas vraiment du leur pour le faire. Mais si en plus, le courageux citoyen qui s’aventurerait à la 1ere réunion publique du 8 novembre n’a pas toutes les données pour contribuer convenablement…

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LE DOSSIER INCOMPLET DE HAROPA

Le directeur général délégué de HAROPA, Antoine Berbain et Baptiste Maurand, directeur général adjoint du port du Havre ne s’en cachent pas. Les médias ont un rôle à jouer pour attirer la population aux réunions publiques. Alors, comment dire… Qu’il s’agisse du sous-préfet ou de la communauté portuaire, on veut bien rendre service. Mais là, on part de très très loin. On aura déjà échoué à rendre le sujet à la fois accessible et complet… Donc si même HAROPA n’a pas toutes les pièces nécessaires au dossier où va-t-on ? Car oui, il en manque. 2 études ont été engagées en prélude à la concertation publique. Une socio-économique et l’autre environnementale… Dont les conclusions seront rendues le 15 novembre soit après les 2 premières réunions organisées au Havre et à Rouen.

Pourtant, ce ne sont pas les inquiétudes qui manquent. Surtout si le projet de chatière est retenu. En effet, dans l’attente des résultats de ces 2 études, certains impacts ont déjà été identifiés. Par exemple, on sait que l’extension des digues peuvent modifier les courants marins. A courte distance, certes. On sait aussi que ce projet peut impacter la biodiversité marine et réduire le milieu de vie de certaines espèces.

Mais pour le moment, on se contentera de ces données. Du moins pour les 2 premières réunions publiques donc. De toute façon, Antoine Berbain l’assure: c’est voulu.

“On voulait mettre toutes les solutions sur la table et ne pas fermer le débat dès le début avec le résultat de ces études (…) On est dans une concertation moderne. C’est à dire qu’on ne propose pas un plan A puis un plan B pour choisir entre les 2”

Euh…

HAROPA POUR LA CHATIERE ?

A partir de là, quel est le risque ? Tout simplement de se retrouver dans un débat public uniquement entre membres de la communauté portuaire. Etant donné que la fameuse chatière est une obssession pour les entreprises implantées sur le port du Havre, il serait logique que le choix se tourne vite vers cette solution. Quoique l’instauration d’un péage payant pourrait les refroidir… Pas sûr d’après Baptiste Maurand.

“Oui, les professionnels du port son favorables à la chatière. Mais il faut que tout le monde y prenne part. Après tout, nous, ce qui nous intéresse, c’est d’améliorer le service que nous offrons. Ce n’est plus le port d’hier, il doit s’ouvrir”

De plus, il faut savoir que les entreprises de la place portuaire sont clientes du port du Havre. Et l’objectif de ce dernier est justement de satisfaire ses clients. Ce qui est normal. Ensuite, les dispositions qui seront prises ont aussi pour but de lui faire gagner en attractivité. Et donc d’attirer de nouveaux clients. Les ports du Havre, Rouen et Paris ont ainsi tout intérêt à écouter leurs clients dans l’optique de ses ambitions. Pourtant, à en croire Antoine Berbain, la question ne pose pas comme ça.

“C’est vrai qu’on est en décalage dans le timing. Mais c’est aussi parce qu’on doit respecter les délais fixés par la CNDP et le contrat Etat/Région. Quoiqu’il arrive, on reçoit toutes les demandes complémentaires des citoyens et on y portera attention dans le cadre de la concertation”

Balle au centre. Toutes les propositions sont sur la table. Y compris la chatière à 100 millions d’euros. Cette dernière représenterait d’ailleurs un sacré investissement. En effet, cette somme correspond presque aux 2/3 du chiffre d’affaire réalisé par HAROPA en 2016. Mais il semble que le directoire des 3 ports doive déjà composer avec beaucoup d’autres paramètres.

Sur la photo: (de g. à d.) Baptiste Maurand et Antoine Berbain

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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