HAROPA-AXE SEINE: INVESTIR COMMENT ?

1/02/2017 – Les investissements en cours sur les ports du Havre, Rouen et Paris s’inscrivent dans l’ordre de leur rapprochement en 2012. Pourtant, les avis divergent sur les priorités à donner dans un secteur crucial pour l’économie locale.

CONTENU EDITORIAL

Quand on commence à parler port(s), on en arrive toujours à parler chiffres; des chiffres souvent nombreux pas toujours faciles à comprendre. Le bilan 2016 présenté par HAROPA n’échappe pas à la règle. Pourtant, ces chiffres sont importants dans la mesure où c’est justement le trafic conteneur qui régit l’emploi sur le port du Havre particulièrement mais sur tous les sites de HAROPA (ports du Havre, Rouen, Paris). L’Union Maritime et Portuaire (UMEP) estime d’ailleurs que le traitement de 1000 conteneurs génère 5 emplois (1 manutentionnaire et 4 logisticiens). Quand on évalue le trafic du port du Havre à environ 2 millions de conteneurs et que celui-ci peut encore se développer vis-à-vis des grands ports du nord de l’Europe, les perspectives d’emploi son considérables.

Le bilan HAROPA 2016 satisfaisant

En dehors des ports, la zone industrialo-portuaire du Havre compte 600 entreprises et 22 000 salariés, ces chiffres montent à 1000 entreprises et 60 000 salariés sur l’ensemble de la vallée de la Seine. C’est déjà beaucoup mais le secteur est en danger selon certains. L’UMEP a d’ailleurs prédit que sans investissement stratégique, le nombre d’emploi dans la communauté portuaire havraise pourrait chuter à 8 000. Pourtant, des investissements, il y en a et c’est justement le privé qui les porte en grande partie soutenu par HAROPA. Le problème, si c’en est un, est que les investissements effectués par les uns ne concordent pas toujours avec les besoins émis par les autres.

UN DEVELOPPEMENT PROGRESSIF

527 millions d’euros. C’est ce qui a été investi sur les ports du Havre, Rouen et Paris en 2016. 437 millions environ avaient été dépensés en 2015 et 690 le seront en 2017. 1,6 milliard d’euros sur trois ans, c’est presque dix fois moins que ce que l’UMEP souhaite récupérer auprès de l’Union Européenne pour financer son projet Seine Port Europe d’ici à 2050 (17 milliards d’euros).

Quels sous pour financer quoi ?

Seulement, bien qu’il existe plusieurs points de convergence entre les ambitions des ports, des collectivités locales et la communauté portuaire, les moyens d’y parvenir divergent. L’UMEP veut des changements drastiques à coups de milliards (qui ne sortiront même pas de sa poche) tandis que HAROPA avec le soutien des collectivités locales voire même de l’Etat, fait avec ce qui existe déjà. Les entreprises privées financent les équipements nécessaires à leurs activités et HAROPA investit dans des infrastructures permettant aux entreprises (ses clients) de se développer au mieux. Si la Région Normandie a d’ores et déjà annoncé qu’elle faciliterait l’accès au foncier pour les entreprises de logistique sur l’Axe Seine, comme le souhaite l’UMEP, que l’électrification du tronçon ferroviaire Serqueux-Gisors a été reconnu d’utilité publique, ce qui va dans le sens des voeux de l’UMEP, ce développement progressif des moyens d’acheminement des marchandises pourrait bien paraître insuffisant pour les entreprises de la communauté portuaire de l’Axe Seine.

L'UMEP hausse le ton

Pourtant, cette façon de faire de la part de HAROPA paraît plus réfléchie et il paraît logique que développer un pôle multimodal aux deux extrémités de l’Axe Seine ainsi que la multiplicité des transports entre les deux ne peut que renforcer l’attractivité des ports de Paris, Rouen et Le Havre en tant que carrefour commercial entre l’Europe de l’est et l’Asie. Cela sera sûrement suffisant à moyen terme pour développer encore le trafic conteneur d’un bout à l’autre de l’Axe Seine et ainsi créer les emplois qui manquent cruellement au Havre notamment. Bon, à moins que les trois ports ne fusionnent comme le souhaitait Antoine Rufenacht dès 2012 (décidément…), il paraît peu probable que Le Havre accepte de laisser sa place de locomotive de l’Axe Seine à celui de Paris qui sera le mieux placé pour s’ouvrir aux marchés de l’Europe de l’Est. Mais ça, c’est encore une autre histoire…

Photo: Pd-self, Conteneurs sur le bassin Vétillart, vus du quai de la Gironde, Port du Havre

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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