Grand débat national : Le Havre se met à tables

Malgré une consultation citoyenne lancée dès le 2 janvier, le grand débat national a mis du temps à faire son apparition au Havre. Mais le mal est réparé depuis jeudi 21 février. Le tout en réservant une forme un peu particulière assez éloignée des standards.



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[membership level=”1,3″]A lire: [EN BREF] Où débattre du 25 février au 3 mars ?[/membership]

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Une soirée, des débats

C’était l’un des points d’interrogation du jour. Comment se présenterait cette première réunion organisée par la Ville du Havre ? Avouons-le, on n’avait pas demandé non plus. On savait qu’il s’agirait de table(s) ronde(s) avec des élus de la majorité municipale. Toutefois, rien sur les thèmes choisis parmi les 4 imposés par le président de la République Emmanuel Macron. A savoir : fiscalité et dépenses publiques, transition écologique, démocratie et citoyenneté puis organisation de l’Etat et des services publics. Et pour cause, ils ont tous été abordés.

En fait, la salle des fêtes de Bléville s’est vue parée de 12 tables pouvant accueillir chacune une dizaine de personnes. 12 panels encadrés par un élu de la majorité et un membre des services techniques de la Ville. Pas de quoi vraiment atteindre les 200 participants, chiffre qu’on avait pu entendre ici ou là. Mais suffisant pour se porter tout de même à 140 environ dont une bonne quinzaine de jeunes et même des gilets jaunes lors des débats. Oui, débatS puisque chaque table était invitée à se poser sur chaque thème pendant 20 minutes. Un peu court ? Oui, a priori. En pratique, pas tant que ça. Même si, à certains endroits, certaines discussions sur la fiscalité ont un peu empiété sur la transition écologique.

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La fiscalité en entrée


Si ce format a très probablement favorisé l’expression, et c’est bien là le principal, il l’a rendu plus difficile à suivre pour les observateurs. Parce qu’il était tout simplement impossible d’être à toutes les tables pour écouter les échanges en même temps. Il a donc fallu naviguer. Et, à défaut de se faire une idée exhaustive de leur teneur, s’en faire une idée globale.

Ainsi, on débute par le thème de la fiscalité. Sujet a priori technique mais qui aura finalement son importance quand il s’agira de parler services publics et organisation de l’Etat. En effet, on remarque très vite que les deux sont intimement liés. Pour les participants du soir, on s’aperçoit que le principal but de l’impôt est de financer les services publics et notamment ceux de proximité. Cependant, nombreux sont ceux à pointer du doigt une dégradations de certains services au moment de parler fiscalité. Comme dans l’Education ou la Santé, par exemple vues comme “à plusieurs vitesses” malgré leur gratuité. Dans le même temps, une remarque revient souvent sur l’inégalité devant l’impôt. Comme quoi les prélèvements des plus aisés ont baissé tandis que ceux des classes moyennes et des retraités ont explosé.

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Transition écologique : le cadet des soucis ?


Au début du mouvement des gilets jaunes, une opposition a vite été faite entre ceux qui se préoccupaient de “la fin du monde” et ceux qui pensaient à “la fin du mois”. A l’issue de ce grand débat, il faut reconnaître que la transition écologique fait partie des préoccupations des havrais. Certes, c’est un ressenti mais on est dans un cadre vert donc on a le droit de le présenter comme ça ! Car il n’y a pas eu de rejet de cette transition pas plus que de sa taxation. Et non.

Cependant, il y a des interrogations sur sa planification. En effet, les débatteurs se demandent quel est le plan du gouvernement pour mener à bien cette transition écologique. Ces questions se posent particulièrement dans le domaine de l’énergie où aucune filière sûre ne semble être prévue pour remplacer le pétrole ou le nucléaire. Pour autant, certains doutent de la capacité des gouvernants à prendre en main cette question. En effet, le besoin de planifier à long terme de tels changements leur paraît incompatible avec les impératifs électoraux. Toutefois, si un tel projet était mené, les citoyens ne semblent pas être contre une fiscalité dédiée. À condition que les recettes soient bien reversées à cette transition écologique…

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Services publics : le trou d’air


On vous avait dit que les débats sur la fiscalité seraient importants pour la suite. Eh bien on y est ! En liant très fortement le paiement de l’impôt à la jouissance de services publics, les citoyens n’ont pas vraiment pu renouveler leurs arguments. A tel point que les souhaits ont fait place aux questions. Comment une collectivité sait-elle qu’un service fonctionne ou pas ? Quelles sont les marges de manoeuvre des élus et technicien pour faire fonctionner un service ? A tel point que le ressenti final est que l’on ne sait pas très bien comment marche cette grosse machine que l’on appelle l’Etat.

Faut-il moins de fonctionnaires ? Oui, peut-être diront certains. Mais combien y en a-t-il en réalité ? Sont-ils tous bien répartis en fonction des besoins ? Cependant, personne n’a voulu critiquer les services publics pour autant. Tant qu’ils restent… publics. Quoiqu’ils sont considérés comme “moins bien” alors qu’ils semblent coûter de plus en plus cher. Tout au plus, l’accompagnement des usagers dans la transformation numérique s’est faite entendre. De plus en plus de démarches sont informatisées et passent par internet, ce qui pose des problèmes d’accessibilité à une partie de la population.

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Démocratie et remises en question


En revanche, le thème “démocratie et citoyenneté” est bien celui qui suscite les passions ! Et les divisions aussi… Un constat se fait fortement sentir à travers les dires des débatteurs : on a oublié le citoyen dans la construction permanente de notre société. Bien sûr, c’est une interprétation. Mais c’est comme si la population et les décideurs politiques s’étaient peu à peu éloignés tout en conservant des liens de plus en plus ténus. Même si le vote reste le symbole de la vie démocratique, son processus s’est dégradé aux yeux de beaucoup. Ainsi, certains regrettent la bonne vieille méthode du bulletin dans l’urne. Un geste apparemment plus sûr car concret et surveillé que le fait d’appuyer sur le bouton d’une machine à voter. D’ailleurs, ce procédé, bien qu’il existe encore ailleurs en France, suscite une certaine nostalgie chez ceux qui participaient à son fonctionnement.

“Quand j’étais assesseur, j’avais vraiment l’impression de participer à la démocratie. Pendant une journée, je rencontrais des gens d’horizons différents et on travaillait tous ensemble pour l’intérêt commun. Cette démarche disparaît petit à petit”

Mais au-delà de ce lien distendu, l’implication de la population est remise en cause. Certains s’offusquent qu’il y ait un refus constant d’une quelconque contrepartie en échange des aides que peut apporter l’Etat. C’est même l’intégration par les individus que la citoyenneté est une alliance de droits mais aussi de devoirs dont doutent des débatteurs. Une situation qui inquiète certaines personnes présentes. D’autres ont une solution : obliger le citoyen à s’impliquer dans la démocratie en rendant le vote obligatoire.

“Actuellement, il y a beaucoup de monde qui manifeste, qui gueule. Pourtant, beaucoup parmi eux ne sont pas allés voter. Ce n’est pas normal”

Evidemment, ce n’est pas l’avis des gilets jaunes qui ont fait le déplacement. Ils étaient une petite dizaine d’après leurs dires. Nous, on en a reconnus 5. Enfin bref. Eux préfèrent pointer du doigt les décisions des politiques allant à l’encontre des intérêts du peuple. Mais aussi la répression des opposants par les forces de l’ordre lors des manifestations récurrentes depuis le 17 novembre 2018. D’ailleurs, pour exprimer cette vision des choses, ils n’ont pas hésité à employer des mots très forts qui n’ont pas plu à tout le monde. Toutefois, les  gilets jaunes ne sont pas les seuls à s’interroger sur l’honnêteté du pouvoir politique. En effet, à une autre table, certains se sont posés des questions sur la façon dont le pouvoir politique s’organise en interne. Ainsi, l’opacité des récentes nomination au conseil constitutionnel et le passé de ces personnes ont rendu sceptique.

A voir si ces observations seront entendues par le Président de la République. Le maire du Havre Luc Lemonnier s’est engagé à ce que les résultat de ces échanges soient transmis aux services de l’Elysée. En attendant, pour ceux qui souhaitent s’exprimer, un nouveau grand débat national est prévu au Havre mardi 26 février à la salle François 1er à 18h.

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 8 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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