ENGAGÊNANT#9 – PAUVRE EDOUARD PHILIPPE

Il y en a qui gardent une petite affection pour ceux avec qui ils ont débuté. Mais qui ont aussi du temps à perdre pendant l’été. C’est le cas de Maxime qui s’est amusé à noter toutes les fois où il a eu mal pour le Premier Ministre Edouard Philippe. Pour faire court, c’est le grand retour de l’Engagênant sur Ouest Track Radio !

A voir: Engagênant #3, l'Intouchable

Musique: Nicolaï Heidlas, Swingin’ Blues
Retrouvez La Pause Sandwich les lundis, mardis, jeudis et vendredis de 12h30 à 13h30 sur Ouest Track Radio 95.9 et www.ouest-track.com.

Resalut à tous ! Deux mois de pause ! L’Humour Seinomedia a dû bien vous manquer donc j’ai une blague : quelle est la différence entre un paillasson… et Edouard Philippe ? Eh bien comme vous vous en doutiez, y en a pas ! C’est tout droit, ça pique un peu et ça se dégarnit à l’usage !

Non, vous savez que Edouard Philippe n’est pas spécialement mon copain mais je l’ai tout de même observé tout l’été et je dois dire que j’ai mal pour lui. Car j’ai eu une petite fascination pour notre ex-maire par le passé. C’est quand même génial de débuter dans le journalisme politique avec une cible pareille. Bon orateur, compétent, bon client médiatique… C’est avec lui que j’ai appris jusqu’où je pouvais aller et surtout comment. Seulement, depuis le 15 mai et sa nomination au poste de Premier Ministre, une question m’agite : DOUDOU, T’ES OU ??!

Bon, tout le monde ne se pose pas cette question, il faut le reconnaître. Quand son nom est sorti comme possible locataire de Matignon, le 8 mai, il y avait deux France, je ne sais pas si vous vous souvenez. Le Havre d’une part où on a réagi comme ça : AH AH AH AH AH ! Et le reste qui a dit : C’est qui ? Quand il a enfin été nommé, la France entière a dit : c’est qui ? Tandis qu’au Havre, on s’est plutôt dit… « OH LA…. ».

Donc pendant que 98% de cette métropole ignarde se demande toujours qui est Edouard Philippe, nous on observe et on prie pour qu’il nous entende : RENTRE A LA MAISON ! Parce que là, son parcours, c’est limite Jackass. Lui qui était intouchable ici, le grand patron qui pouvait dire ce qu’il voulait comme il voulait à tout le monde, il est devenu le pare-feu d’Emmanuel Macron. ET PAS QUE ! Bon, il y a eu le coup du discours du Président de la République au congrès la veille du discours de politique générale du Premier Ministre à l’Assemblée Nationale. Mais la polémique a été bien désamorcée. Donc on passe… Là où j’ai commencé à me poser des questions, c’est quand il s’est fait clashé par François Bayrou. BAYROU PUTAIN ! Le mec dont la seule répartie, c’est « Mais euh… ». Alors pour renvoyer dans les cordes Alexis Deck, Christian Bouchard ou Nathalie Nail, y a du monde. Tu lui mets François Bayrou, y a plus personne. Bon, je comprends qu’il ait été surpris, la dernière fois que Bayrou a été aussi réactif, c’est quand il a mis une gifle à un gosse qui essayait de lui piquer son porte-feuille… Je ne sais pas si c’est très flatteur…

Puis il y a tous les petits détails qu’on va vite oublier mais qui font mal. Notamment cette phrase pour justifier les coupes budgétaires : « Je ne pensais pas que la situation était aussi mauvaise ». Il était député ou pas ? Un député, ça vote le budget. Donc ça veut dire qu’il a donné son avis sur les budgets de ces 5 dernières années sans savoir ce qu’il y avait dedans ? Pourtant, il était bien au courant de la baisse des APL qui n’avait jamais été appliquée… J’adore à quel point il nous prend pour des cons. Sur ce point là, je le reconnais bien. Surtout que dans ces restrictions budgétaires, il y a une baisse de dotations aux collectivités de 300 millions d’euros environ. Type de baisses qu’il fustigeait en tant que maire sous le précédent quinquennat. On va être gentil et dire qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.

Et encore, je n’ai pas le temps ici de vous faire la liste de tout ce qui a retenu mon attention. Si ce n’est une des dernières en date avec le gros ratage de son passage chez Jean-Jacques Bourdin sur RMC que vous pouvez retrouver partout sur Internet. Juste pour dire que d’une : une interview, ça devient tout de suite plus difficile quand un journaliste ne se voit pas obligé de filer les réponses à l’avance. De deux : Ca devient aussi plus difficile de répondre aux colles quand on n’a pas le Directeur Général des Services derrière soi pour souffler les réponses.

Quoiqu’il en soit, même si une place de Premier Ministre, ça ne se refuse pas, on ne va pas le blâmer, la gloire qui va avec n’a cependant de valeur que le prix qu’on la paie. Et vendre sa dignité pour ça, c’est quand même cher payé… En tout cas, ça me fait penser à une question posée par John Petit-Senn : « Que servent au parvenu ses airs de hauteur ? Quelque chose trahit toujours son origine »