ENGAGÊNANT #10 – ADIEU VA (DANS LE FLOU)

Cette semaine, Maxime s’amuse à décortiquer la rentrée politique et sa transformation depuis la présidentielle. Quoique plus ça va, moins ça le fait rire. Et ce n’est pas la rentrée politique des différents Républicains qui va arranger les choses C’est l’Engagênant sur Ouest Track Radio.

Musique: Nicolaï Heidlas, Swingin’ Blues
Retrouvez La Pause Sandwich les lundis, mardis, jeudis et vendredis de 12h30 à 13h30 sur Ouest Track Radio 95.9 et www.ouest-track.com.

Salut à tous ! Engagênant un peu particulier aujourd’hui parce qu’il a été terminé il y a une heure à peine. En effet, je ne savais pas trop de quoi vous parler quand j’en ai écrit la première version cette nuit. Et là BIM ! La toute récente député Agnès Firmin-Le Bodo fait sa rentrée médiatique ce matin. Tout vient à point à qui sait attendre. D’ailleurs, ça me fait penser à vous demander si vous connaissez la différence entre des épines à gland et le travail d’équipe. Bah c’est sûrement pour ça qu’on ne fait pas de politique. Quoique, la politique, c’est quasiment devenu du management. On a un parti ou un groupe parlementaire et on doit faire en sorte d’atteindre des objectifs collectivement. Bienvenue dans le monde du business roi. Pour en revenir à Agnès Firmin-Le Bodo, vous savez qu’elle a rejoint le groupe dissident des Républicains mené par Thierry Solère. Les Constructifs qui « accompagne » la politique du gouvernement. Enfin, tant que Edouard Philippe sera Premier Ministre. Après on verra… C’est là qu’on voit à quel point gérer une équipe, c’est compliqué. Thierry Solère disait il n’y a pas longtemps « soit on fait notre parti, soit on rejoint La République en Marche ». Réponse d’Agnès Firmin-Le Bodo : « C’est ça qui est bien chez nous, tout le monde est libre. Thierry Solère dit ce qu’il veut moi, La République en Marche, je ne sais toujours pas ce que c’est donc il n’en est pas question ». Je suis con, je croyais que Thierry Solère, c’était son chef moi… Et puis bon, la création d’un parti semble en bonne voie mais rien n’est acté. Bon, on n’est pas plus à un bordel près quand on voit tous les chamboulements qu’on a connus depuis un an…

Ceci n’empêche que ça me dépasse. Le management, on déteste ça. Tu ne vas pas me contredire Matthieu, ce serait tellement plus simple si tout le monde tirait dans le même sens dans l’intérêt commun. Quand je dis « commun », c’est aussi bien au sens large que celui d’un groupe restreint. Personnellement, je sais que j’aurai bientôt une équipe à gérer pour Seinomedia et ça me fout les jetons. Par contre, tu en as, tu leur dis : « diriger 60 millions de personnes, gérer l’arrivisme de 1 000 parlementaires et ministres puis la pression des chefs d’état étrangers, ça te branche ?» Pas de problème, c’est dans mes cordes.

Vous vous en doutez, moi, ça me fait doucement rigoler. Surtout qu’on a l’élection à la présidence des Républicains qui arrive avec une belle brochette de vainqueurs. Entre Laurent Wauquiez qui voulait interner tous les fichés S dans des camps d’internement, Daniel Fasquelle qui doit avoir un intérêt à nommer lui-même son successeur à la trésorerie du parti puis Florence Portelli qui considère qu’une assistante parlementaire peut être payée à faire de la couture. On a tout bon. Et bien sûr le petit breton là… Mael de Calan qui arrive en disant qu’il est le fils spirituel du patron. MA-GIQUE. Finalement, ce n’est pas étonnant que Agnès Firmin-Le Bodo trouve que c’est Mael de Calan le meilleur. C’est le plus constructif. Mais bon, elle n’y croit pas…

Non, en fait, ça me fait pas rire. Car j’ai l’impression de voir en cette tragédie somme toute passionnante un triste reflet de nous-mêmes. Ici à Ouest Track Radio ou partout ailleurs. Nous nous amusons de ces petites mesquineries alors que nous faisons la même chose. Nous préférons attendre de juger les torts de l’autre plutôt que de vénérer d’entrée ses qualités. Nous promettons le meilleur. Nous nous présentons comme une équipe que nous prenons un malin plaisir de mettre à mal. Nous voulons un chef que l’on détestera. Nous mettons nos aspirations personnelles au-dessus du respect que le travail de chacun mériterait d’avoir. Quant à vous qui êtes derrière votre poste, qui riez de mes divagations absurdes, sachez que, en tant que média, nous sommes tout autant votre reflet. Un reflet que en plus vous avez choisi au contraire peut-être des intrigants qui sont les nôtres. Tout ça pour dire que je suis fatigué de me gausser de ces leaders dont nous ne sommes que les suiveurs. Pour quel résultat ? Passer pour un petit con prétentieux dont je me délecterais de clouer le bec si c’était un autre. Est-ce un adieu ? Je ne sais pas. Car il n’y a que ceux qui ne regardent rien pour qui l’adieu est facile. C’est Gustave Roud qui a dit ça.