EN MARCHE VERS LE DIALOGUE ?

8/06/2017 – Les syndicats CGT, Solidaires et UNEF ont manifesté devant les locaux de la République en Marche jeudi 8 juin. Une cinquantaine de personnes ont ainsi pu engager un dialogue avec Béatrice Delamotte, candidate aux législatives.

MANIFESTATION

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Ils l’avaient annoncé, ils l’ont fait. Les syndicats CGT, Solidaires et UNEF se sont rassemblés devant les locaux de la République En Marche (REM). Une cinquantaine de personnes se sont ainsi réunies pour espérer rencontrer les responsables havrais du mouvement. Notamment les candidats aux élections législatives. Et c’est Béatrice Delamotte qui les attendait.

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La symbolique recherchée par les syndicats était simple. Montrer leur désapprobation à l’égard de la future loi travail préparée par le gouvernement. Les premières pistes ont été avancées mardi 6 juin par la ministre Muriel Pénicaud et le Premier Ministre Edouard Philippe. D’ailleurs, dans cette optique, la date du 8 juin n’a pas été choisie au hasard. C’est en tout cas ce qu’explique Reynald Kubecki, co-secrétaire de la CGT du Havre.

“Cette journée de grève est à l’initiative du secteur de la métallurgie qui est un laboratoire pour la loi travail. Nous, on s’est battus contre cette loi en 2016. La nouvelle est encore pire”

Face à la cinquantaine de syndicalistes, Béatrice Delamotte, candidate aux législatives dans la 8e circonscription, est venue dialoguer. Elle répondait ainsi à une première demande de l’intersyndicale formulée par voie de presse l’avant-veille.

“Je ne voulais pas tourner le dos. Il n’en était pas question (…) Quand il y a une loi comme celle-là, il y a des gens qui sont pour, d’autres qui sont contre. Et dans ces cas là, il faut dialoguer”

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Sans surprise, les échanges ont donc surtout tourné autour de cette fameuse loi travail en préparation. Mardi, l’intersyndicale disait vouloir des explications de la part des responsables REM. 4 points ont ainsi été particulièrement abordés. Il s’agit de la flexibilité des emplois, la fusion des instances représentatives des salariés, le pouvoir d’achat et la réforme des indemnités prud’homales. Sur le premier point, la réponse de la candidate n’a pas plus aux syndicalistes présents.

“Il faut regarder le côté positif de la loi. Beaucoup de jeunes réclament du travail (…) A un moment donné, il faut avancer. Il faut repartir au travail et en donner à tout le monde”

Puis, en ce qui concerne le pouvoir d’achat, la réponse n’a pas convaincu. Béatrice Delamotte assure que la suppression des cotisation sociales sur les salaires va permettre un gain de 100€ par mois aux salariés. Et ce sans compter la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages. Mais pour la CGT et Solidaires, ce serait plutôt de l’ordre de 20€. La baisse de ces cotisations sociales serait compensée au niveau budgétaire par une hausse de la Contribution Sociale Généralisée (CSG). Cette mesure fait craindre aux syndicats que cette hausse soit plus élevée que prévue pour financer la sécurité sociale. D’autant plus que cet impôt est payé par tous y compris retraités et chômeurs. Cependant, Béatrice Delamotte a bien indiqué que les petites retraites ne seraient pas concernées.

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Dernier sujet à avoir été discuté: la fusion des instances représentatives des salariés. En effet, Edouard Philippe et Muriel Pénicaud ont annoncé vouloir fusionner au moins 3 des 4 existantes actuellement. La candidate dans la 8e circonscription est pour aussi.

“C’est un plus. J’ai été déléguée syndicale CFDT. J’ai siégé dans une instance et je souhaite la fusion des instances pour que tout le monde soit au courant de tout. Il ne faut pas cloisonner les information (…) car une personne siège dans une instance et pas dans une autre”

Enfin, les questions sur la réforme des indemnités prud’hommales ne trouveront pas de réponse.

“Je n’ai pas réfléchi sur les indemnités prud’hommales. Je me renseignerai et on prendra rendez-vous”

Finalement, même si les réponses apportées par Béatrice Delamotte ont été loin de convaincre la CGT, Solidaires et l’UNEF, le cadre a plutôt été apprécié. Notamment par Reynald Kubecki (CGT)

“Ce fut une rencontre très cordiale (…) C’était mieux de discuter devant tout le monde que de s’enfermer dans un bureau. Pour ça, je respecte sa démarche”

La démarche semble plaire. Pour le fond, ça n’a pas encore l’air d’être ça.

Sur la photo: (de g. à d.) Béatrice Delamotte et Reynald Kubecki

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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