EN MARCHE POUR LA SANTE AU HAVRE

27/02/2017 – Comme annoncé par En Marche Le Havre le 9 février, la branche locale du mouvement a dévoilé son livre blanc sur la santé. Issu du milieu médical havrais, ce document doit constituer un plan pour la transformation du système de santé.

DOCUMENT

Le Havre se met en marche

En Marche Le Havre a donc publié son fameux livre blanc sur la santé jeudi 23 février. D’après le responsable du mouvement, Eric Rucklin, ce document “s’inspire de la vision d’Emmanuel Macron mais doit s’ancrer localement”. Et même si Le Havre n’y est jamais cité, la territorialisation du système de santé est un axe majeur de ce plan.

“L’échelon régional, correspondant aux ARS, paraît trop vaste pour organi-ser le système de santé au plus près des besoins territoriaux. Nous proposons de le subdiviser en échelons territoriaux”

Ainsi, les Agences Régionales de Santé (ARS) seraient supprimées au profit d’Associations Territoriales de Santé (ATS). Celles-ci seraient constituées de “représentants de toutes les professions et de tout statut ainsi que des établissements du territoire, public ou privé”. En outre, les ATS seraient placées directement sous l’autorité de la Haute Autorité de la Santé (HAS). Cela dit, la consistance de ces territoires n’est pas précisée. Cette nouvelle organisation permettrait de placer l’université au centre d’un dispositif de planification.

“L’université aura un rôle central dans l’analyse des données épidémiologiques, l’adéquation de la formation initiale et continue aux besoins de santé, la production, l’évaluation des recommandations des bonnes pratiques”

Pour cela, l’université doit s’articuler autour d’un “petit CHU” qui garderait sa vocation régionale. Dédié “aux cas les plus difficiles, aux sujets de recherche”. Cette nouvelle organisation permettrait de réaffecter le personnel universitaire dans tous les établissements. Une commission d’éthique constituée de professionnels lui est aussi attribuée. Même les études de santé seraient territorialisées. Le numerus clausus ne s’appliquerait plus de façon uniforme au pays tout entier mais en fonction des besoins des territoires.

EN MARCHE POUR UNE SANTE TERRITORIALISEE ET RATIONNALISEE

En Marche: ce mouvement si déroutant

Objectif de cette réorganisation: élaborer des priorités sanitaires par territoire et mettre en place une politique de prévention. Les financements seront ainsi alloués en équence. En espérant développer une meilleure connaissance de la situation sanitaire, En Marche souhaite rembourser à 100% les affections qui seront considérées comme prioritaires sur le territoire en question. Les autres seront laissées à des mutuelles privées. Ceci implique des changements dans le fonctionnement des Caisses Primaires d’Assurance Maladie (CPAM). Actuellement, celles-ci sont financées par la Contribution Sociale Généralisée (CSG) et gèrent les mécanismes de remboursement tout en ayant un rôle de contrôle sur les médecins. Le document santé de En Marche propose de délester l’Assurance Maladie de son contrôle et de limiter ses compétences qu’à la gestion de la CSG. On y voit ainsi une source d’économies.

“Débarrassée du système des complémentaires et du 1/3 payant, ses frais de gestion s’effondrent”

Si l’Assurance Maladie doit rester la seule caisse disponible dans un premier temps, des caisses concurrentes pourront être constituées. Elles devraient financées par une quote-part de la CSG fixée en fonction du nombre d’affiliés et des risques pris en charge.

“La concurrence ainsi créée permet des gains de productivité et de consa-crer une part plus importante au financement de la santé plutôt qu’au fonctionnement des caisses”

LES ACTES DE SANTE REFORMES ?

Le document sur la santé de En Marche Le Havre propose aussi une réforme de la rémunération des médecins. S’inspirant du modèle scandinave, il propose d’indexer cette rémunération sur l’état de santé du patient grâce au Coefficient Individuel de Risque (CIR). Grâce au recueil de données mis en place avec l’université, ce CIR doit permettre une personnalisation de l’offre de soin en étant inscrit directement sur la carte vitale.

“Ce coefficient composite serait attribué en fonction de la situation sociale (niveau de vie, situation matrimoniale, emploi, etc…), de l’âge (il augmente chez les enfants et les personnes âgées), des facteurs de risques acquis (diabète, HTA, addiction…) s’ils font l’objet d’un programme de préven-tion, des pathologies innées ou acquises, des déficits sensoriels ou cognitifs”

Ce CIR évalué au fur et à mesure par une rencontre annuelle avec un infirmier doit permettre de mieux planifier les soins et leur financement. Ainsi, plus le CIR sera élevé, plus la rémunération du médecin le sera en équence.

“cela correspond à des patients demandant davantage de temps et d’attention et dont la prise en charge comporte un risque juridique plus élevé”

Les médecins seront payés aussi en fonction de leur niveau de formation, de l’établissement dans lequel ils exercent et de leurs résultats. En fonction du patient, l’acte ou le forfait seront préférés. Pour les visites ponctuelles, la rémunération à l’acte sera privilégiée au contraire d’une pathlogie longue.

REDUIRE LES DEPENSES DE SANTE

En Marche voit en ces mesures une opportunité de réduire les coûts liés à la santé. Grâce à une meilleure connaissance des besoins sur les territoires, le mouvement espère mettre en place une politique de prévention. Si elle s’avère efficace, elle devrait limiter les actes et donc les coûts. Pour autant, cela ne signifie pas de limiter aussi l’offre de soins. Le document prévoit de créer des Maisons Pluridisciplinaires de Santé. Elles devraient être accessibles en 30 minutes 24h/24 tout en permettant la tenue d’hôpitaux de tailles plus modérées. Le gros levier d’économies semble se situer au niveau de l’Assurance Maladie. Celle-ci se verrait soumise à la concurrence tout en supprimant au moins deux sources de remboursement.

Photo: Urban, Hôpial Flaubert du Havre, Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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