EN MARCHE LE HAVRE: L’INTERVIEW (PARTIE 5)

28/03/2017 – Le responsable de En Marche Le Havre, Eric Rucklin, a accordé une longue interview à Seinomedia. Après avoir abordé la vision Macron-économique, arrêtons-nous sur son pendant: l’emploi.

INTERVIEW

L'interview: Partie 1

Seinomedia – L’un des grands thèmes d’Emmanuel Macron, ça semble être l’emploi, c’est la logique de gauche. Pourtant, je l’imaginais plus dans la mouvance actuelle qui est de privilégier l’activité des entreprises et ce pas nécessairement au bénéfice de l’emploi. C’est ce que fait la Région Normandie en versant des aides aux entreprises en difficulté sans contrepartie et en permettant des pertes d’emploi.

E R – Je pense qu’il ne faut pas léser le privé. Un partenaire privé est toujours plus intéressant parce que le public n’a pas toujours l’expertise sur certains dossiers et notamment en terme de durabilité. Vis-à-vis des dispositifs économiques de la Région, je ne suis pas pour que l’on octroie des subventions sans avoir un suivi derrière parce qu’il n’y a pas toujours retour sur investissement. Que retire la Région de ARME et Impulsion Developpement ? C’est de conserver une boîte sur le territoire, qui se développe avec un meilleur chiffre d’affaire qui va rapporter plus de taxes et surtout une orientation plus terre à terre basée sur la rentabilité. Et une entreprise rentable, c’est aussi de l’emploi derrière.

“JE NE CROIS PAS QUE LA MONDIALISATION NOUS DESSERVE”

L'interview: Partie 2

Seinomedia – La rentabilité, c’est le nerf de la guerre ?

Je sais bien que quand on parle de rentabilité, les havrais se hérissent mais ce sont aussi les entreprises qui les font vivre. Je regrette cette haine de l’entreprise mais c’est culturel. Il faudra la changer mais ça va prendre du temps. En tout cas, je pense que grâce aux entreprises, ça permet de se développer, de trouver de nouveaux contacts et de se développer à l’international. Ce que l’on voit dans cette campagne présidentielle, ce sont les mondialistes contre les anti-mondialistes. Moi, je ne crois pas que la mondialisation nous desserve. Au contraire, on voit au Havre qu’une entreprise comme SIDEL vit sur l’export à l’internationale.

Seinomedia – SIDEL a quand même subi une restructuration et est sur le point d’en réaliser une autre…

E R – Ce n’est pas un problème les restructurations. Enormément d’entreprises connaissent des restructurations. C’est une seconde chance.

EN MARCHE ET “LA NOUVELLE BOÎTE”

L'interview: Partie 3

Seinomedia – Le diagnostic En Marche semble éloigné de la gauche radicale qui pense que la tertiarisation des services et l’externalisation qui en a découlé est responsable du chômage élevé au Havre malgré ses atouts.

E R – En terme d’économie, l’externalisation de service est logique pour une entreprise. Ca coûte moins cher. Après, il faut que le prestataire soit à côté de l’entreprise mère. Ca ne sert à rien de prendre, par exemple, un service comptabilité à Paris si l’entreprise est basée au Havre. C’est pour ça qu’on parle de société de cluster. Il y a des technologies de pointe au Havre mais autour il y a plein de sous-traitants qui doivent vivre et c’est pour ça que tout le monde doit être sur la même zone. Il faut faire du port une zone de cluster.

Seinomedia – On n’est pas dans cette logique là pourtant.

E R – Ca dépend dans quelle qualité de service on se trouve. Dans l’automobile, par exemple, c’est mieux que le sous-traitant soit à proximité de la boîte. C’est ce que fait Renault Sandouville avec Faurecia. Après, quand il s’agit d’un service, on peut le faire à distance. Mais c’est aussi la concurrence française et européenne qui veut ça. On a des parts de marché à garder et c’est pour ça que les entreprises recourent à de telles pratiques. C’est aussi un moyen de réduire les coûts. On ne peut pas toujours faire du dumping fiscal et social comme ça se fait dans certains pays.

“LES GENS DOIVENT COMPRENDRE QU’ON EST DANS UNE TRANSFORMATION”

L'interview: Partie 4

Seinomedia – On a oublié ce qui oppose En Marche à la gauche radicale avec tout ça…

E R – Elle oublie que l’externalisation de services permet la création de nouveaux métiers. La gauche radicale a toujours été dans cette opposition entre la vieille boîte des années 80 et la nouvelle boîte essentiellement axée sur le service justement. Je ne sais pas s’ils ont fait ce constat là mais le poids de l’industrie a énormément baissé ces 30 dernières années. Le numérique prend une place de plus en plus importante, il y a toutes ces technologies environnantes et bien sûr que cette mutation va détruire un certain nombre d’emplois mais combien est-ce que ça va en créer ? C’est aussi ça la question !

Seinomedia – On en revient aux problématiques de formation.

E R – Face à ces enjeux, est-ce que nos formations sont adaptées pour les 30 à 40 prochaines années ? Je connais la réponse, c’est non. Il y a 5 ans, les métiers de community manager et webmasters n’existaient pas. Des formations ont été élaborées et de plus en plus de débouchés s’ouvrent dans ces métiers. Peut-être que dans 10 ans, il y aura saturation et il faudra encore changer de stratégie. Il faut arrêter de faire des segmentations professionnelles. Les gens doivent comprendre que l’on est dans une transformation où il faudra s’adapter aux nouveaux métiers. Certes, il y aura toujours des ouvriers et des agriculteurs mais sûrement en moindre quantité du fait de tout l’attirail technologique.

SAVOIR S’ADAPTER

Seinomedia – Qu’est-ce que En Marche propose alors ?

E R – On essaye d’avoir une certaine honnêteté vis-à-vis des formations proposées aujourd’hui qui risquent d’être inutiles dans 10 ans. Un exemple frappant : l’artisanat. Dans les années 80-90, on a dit, « il faut que tout le monde ait bac+5 » et on retrouve aujourd’hui des bac+5 qui travaillent dans les fast-foods parce qu’il n’y a pas de débouché. Alors que si on a un jeune passionné qui fait un CAP et s’il est bon, il peut arriver à mieux gagner sa vie qu’un cadre qui a fait bac+5. En plus, ça cherche dans l’artisanat. A un moment donné, il faut savoir réorienter là où il y a des débouchés. C’est ça qu’on essaye d’expliquer aux havrais : ne pas faire une formation juste pour faire une formation.

La suite de cette interview est à retrouver tout au long de la semaine sur Seinomedia.fr

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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