EN MARCHE LE HAVRE: L’INTERVIEW (PARTIE 8)

31/03/2017 – Le responsable de En Marche Le Havre, Eric Rucklin, a accordé une longue interview à Seinomedia. On termine encore par l’attractivité avec un petit détour par… l’économie, évidemment.

INTERVIEW

En Marche: l'interview

Seinomedia – Emmanuel Macron prévoit un grand plan d’investissement dans le programme d’En Marche. Il doit s’élever à 50 milliards d’euros. A quoi va-t-il servir ?

Eric Rucklin – Ca va toucher principalement la transition énergétique. Parce que tout le monde parle de l’importance de l’écologie, tout le monde veut des éoliennes mais pas à côté de chez soi. D’autre part, on parle beaucoup du démantèlement de la centrale de Fessenheim et des emplois qui y sont supprimés. Mais combien d’emplois va-t-on créer et pour combien d’années ? Et comme un tel démantèlement prend au moins 10 ans, on a le temps de… mettre en place des formations. On y revient. Donc quand on investit dans la transition énergétique, c’est très transversal. Ca représente 15 milliards d’euros. J’ai beaucoup parlé d’éducation et de l’importance que lui porte Emmanuel Macron mais ce plan d’investissement la concerne aussi. Donc vous voyez, un plan économique doit être vu comme transversal. C’est à l’image du programme, du personnage, de la vision et surtout des gens.

Seinomedia – La région havraise va-t-elle en profiter ?

E R – D’un point de vue plus local, l’utilisation de ces fonds entreraient plus dans la politique-fiction. Ca dépendra de la politique maritime qui est mise en place, de l’utilisation qui est faite du canal Seine-Nord. Donc forcément, je pense que ce serait surtout axé sur le port et l’Axe-Seine tout en étant sujet à notre capacité à nous remettre à flots si j’ose dire. Il y a aussi l’agriculture qui pourrait être concernée. Là encore, ça passera par une prise de conscience des exploitants. Ce n’est pas en fonction de la taille de l’exploitation qu’une aide doit être octroyée mais en fonction du risque pris pour changer ses modes de production. Il faut que les agriculteurs prennent des risques et deviennent de vrais managers. La Normandie, c’est la région historique du lin, certes, mais il faut se diversifier dans le bio ou l’agriculture 2.0

Seinomedia – Ca ressemble plus à un plan de développement qu’à un plan d’investissement.

E R – Oui, tout à fait. Si on va jusqu’à Fécamp et son port, d’accord, c’est un port de pêche, il y a un lustre d’antan mais il va bien falloir penser un jour à une reconversion. C’est en cours mais En Marche peut les y aider aussi pourquoi pas. Ensuite, pour revenir sur Le Havre, si Emmanuel Macron est élu, comment on met en place le Pass Culture de 500€ dès 18 ans ? Et il manque un événement international. Le LH Forum, j’aime beaucoup, c’est super mais ce n’est pas à la portée de toutes et tous. Ca n’incite pas les jeunes des quartiers à venir en ville basse. C’est pour ça qu’il faudra un événement d’envergure mais plus centré et plus accessible.

Seinomedia – Pour attirer à l’extérieur ?

E R – Mais oui ! C’est une problématique plus normande que havraise d’ailleurs. Il faut qu’on se réunisse pour faire du lobbying à Paris. Quand je suis à Saint-Lazare, je vois beaucoup de pubs pour la Bretagne et très peu pour la Normandie alors qu’on est aux portes de Paris. On a de belles villes, il faut faire quelque chose sinon on va dépérir entre nous. Pourquoi un parisien préfère-t-il faire 2h15 de train pour aller à Nantes plutôt que 2h10 pour aller au Havre ? Parce qu’à Nantes, il y a une certaine qualité de vie, un réseau routier et ferroviaire de qualité et que des entreprises s’installent. Donc si on travaille sur tous ces points, les parisiens vont forcément finir par revenir vers Le Havre.

“EN MARCHE PEUT APPORTER CE PETIT PLUS”

Seinomedia – C’est un petit peu ce qui est entrepris actuellement au Havre et en Normandie en matière d’attractivité… Au risque parfois de faire supporter cet effort par les entreprises avec un simple soutien public.

E R – Mais ce n’est pas parce que je viens d’un autre mouvement politique que je ne suis pas d’accord ! Puis, il n’y a pas que les entreprises, il y a aussi le culturel. On a la chance d’avoir un centre-ville classé patrimoine mondial, il y a des croisiéristes qui passent. Il y a des éléments qui, s’ils sont combinés, peuvent faire une belle région attractive, source de travail et de culture. Mais pour cela, il va falloir arrêter de travailler chacun dans son coin à Rouen, Le Havre et Caen.

Seinomedia – Ah ça…

E R – Il faut dépasser les clivages et travailler sur un projet commun, un intérêt commun et une vision commune. J’étais à la réunion des ambassadeurs au musée Malraux. J’ai trouvé ça intéressant mais aussi qu’il manquait quelque chose. Et je pense que En Marche peut apporter ce petit plus. Mais ce petit plus doit s’appuyer sur une volonté commune. On n’est pas dans la division. Les havrais et les havraises en ont marre de voir des gens passer et chercher à être le baron du coin. Ils veulent des femmes et des hommes qui oeuvrent pour leur ville et pas pour un mandat. Ils ont en marre et il faut faire attention.

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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