EN MARCHE LE HAVRE: L’INTERVIEW (PARTIE 7)

30/03/2017 – Le responsable de En Marche Le Havre, Eric Rucklin, a accordé une longue interview à Seinomedia. On termine par un diptyque sur l’attractivité de la Porte Océane et de la Normandie.

INTERVIEW

En Marche: l'interview

Seinomedia – Vis-à-vis du programme d’En Marche, notamment le terme de vision, ce sont des mots empruntés au management. C’est un projet ambitieux d’intégrer cela dans une ville populaire comme Le Havre. Non ?

Eric Rucklin – Mais c’est à nous de changer ça ! Le Havre a le potentiel pour devenir le Nantes de demain. Personnellement, je préfère avoir une vision qu’un programme détaillé. La dernière fois, le candidat élu avait un programme de 60 points et on a vu ce que ça a donné. On n’est pas un mouvement bobo au Havre. Il faut se le dire. On n’est pas la succursale du Rotary Club ou du Lions Club. Je pense que notre discours est compréhensible par une bonne partie de la population. Pour les autres, on fera de la pédagogie comme on le fait tous les jours.

Seinomedia – On est quand même sur un territoire qui vote historiquement à gauche en-dehors des municipales…

E R – J’étais sur le marché Thiers et ce discours est tout à fait intelligible par des gens issus des classes plus populaires. Il ne faut pas prendre les gens pour ce qu’ils ne sont pas. Ce discours est simple et s’il y a des ambiguités, on est là pour les expliciter. A première vue, c’est vrai que ce discours pourrait s’adresser à des élites de la finance comme nos détracteurs aiment le dire. Mais quand on regarde : non. On est sur des points communs et des projets communs. Le problème c’est que personne n’est jamais allé voir ces gens et personne n’a jamais parlé pour eux.

EN MARCHE: “C’EST A NOUS DE PROPOSER UN AUTRE CADRE DE VIE”

Seinomedia – Mais est-ce que l’on compte vraiment sur la population havraise actuelle au regard de la politique d’attractivité menée ? Celle-ci a surtout pour but de faire venir de nouveaux habitants de l’exterieur, non ?

E R – Surtout les étudiants ! On a ouvert une antenne de Sciences Po au Havre mais on se rend compte qu’il y a plus de 60% de parisiens qui sont là-bas. Et quand on parle avec ces jeunes, on s’aperçoit que Le Havre est une étape dans la vie, ce n’est pas un projet de vie. C’est ça qu’il faut changer. Ces jeunes diplômés des grandes écoles françaises, il faut qu’ils restent au Havre. Et c’est aussi à nous d’en prendre conscience. Il faut proposer tout un cadre de vie, une offre culturelle… On commence à y venir avec le Carré des Docks mais c’est encore insuffisant. Les gens cherchent à se projeter et s’installer avec leur famille.

Seinomedia – Ce n’est pas ce qu’indiquent les derniers chiffres de l’INSEE.

E R – D’après les chiffres de décembre, Le Havre a à nouveau gagné des habitants, c’est vrai. Peut-être que la mayonnaise actuelle prend mais ce n’est qu’un début. Ce sera difficile mais il faut penser plus global au niveau du Havre et ne pas se dire que les gens ne cherchent que du travail ou une école. Et c’est à nous de proposer un autre cadre de vie. Quoiqu’il en soit, Le Havre a tout pour devenir une ville vraiment attractive sur le territoire à l’image de Nantes où j’étais ce week-end par exemple.

“UNE PRISE DE CONSCIENCE TARDIVE”

Seinomedia – Mais du coup, en quoi la mise en place du projet d’Emmanuel Macron et l’action de ses élus, s’il y en a, changerait la politique d’attractivité actuelle menée par Le Havre, son agglomération et plus largement la Région ?

E R – Ce ne sera pas un changement de cap complet. On ne peut pas faire un 360 radical. La particularité d’En Marche et ses membres, c’est leur capacité à discuter avec des gens qui ne sont pas nécessairement du même bord. C’est déjà beaucoup parce que même au sein du Conseil Municipal, il existe des guéguerres de clochers. Ensuite, il y a des choses qui ont été faites et il y a une prise de conscience. On le voit avec le projet Normandie Attractivité mené par Philippe Augier. Mais cette prise de conscience est tardive.

Seinomedia – Mais En Marche a bien des solutions ?

E R – En terme d’offres d’emplois, d’offre culturelle, on a de belles installations mais il faut savoir élargir et toucher tout le monde. Mais ça a été fait et il ne faut pas revenir dessus. On va intégrer certains éléments à notre politique d’attractivité parce que certaines choses ont été faites depuis 10 ans qui sont bien et qui ont porté leur fruit. Mais d’un autre côté, on a notre vision et on va aller sur d’autres points du programme auxquels n’a pas pensé la majorité actuelle qui ont simplement été omis faute de temps ou faute de moyens.

La suite de cette interview est à retrouver tout au long de la semaine sur Seinomedia.fr

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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