DES SYNDICATS TOUJOURS AUSSI FORTS ?

18/01/2017 – Les voeux du secrétaire CGT du Havre, mardi 17 janvier, mettent en lumière toute l’ambiguité du combat syndical aujourd’hui. Une lutte qui reste déterminée mais qui n’ignore pas les défis à relever dans l’avenir.

CONTENU EDITORIAL

La CGT entre bilan et aspiration

Lors de ses voeux 2017, Reynald Kubecki, secrétaire de l’union locale CGT du Havre a rappelé que les syndicats avaient fait une démonstration de force lors de leur mobilisation contre la loi travail, au printemps 2016. Au Havre, cela a été particulièrement visible avec le blocage du port pendant deux semaines et le grand meeting salle Franklin du 2 juin qui lui ont valu le titre honorifique de “capitale de la contestation”. Pourtant, malgré cela, la loi travail a été votée. Faut-il en conclure que les syndicats sont moins forts qu’avant ?

“Personnellement, je suis inquiet pour l’avenir des acquis mais pas pour les syndicats.” Reynald Kubecki

Et pour cause, au Havre, l’union locale CGT représente 110 syndicats et 9000 adhérents. 300 personnes les ont rejoint en 2016. Les unions locales du Havre, de Harfleur et de Dieppe se sont même rassemblées autour d’un “front de lutte”. Celui-ci a été rejoint depuis par les unions départementales CGT de Seine Maritime et du Nord.

“Face à la loi travail, s’il y avait eu les mêmes moyens qu’au Havre partout en France, on aurait gagné. On n’est pas fort quand on est isolé.” Reynald Kubecki

On touche du doigt un problème des syndicats: leur éparpillement. Les élections dans les TPE qui se sont tenus du 30 décembre au 13 janvier ont montré les divisions qui existent au sein du monde syndical. Rien qu’en Normandie, 22 organisations étaient représentées. Au Havre, ceci est moins visible puisque les organisations historiques comme la CGT, FO ou la CFDT ont su plus ou moins conserver leur domination. Ensuite, les syndicats doivent faire avec un changement de mentalité certain de la part de l’Etat et des collectivités locales qui ont remis l’entreprise au centre de la création de richesses au détriment de l’emploi. Cela a été amorcé par le Pacte de Responsabilité de François Hollande puis la loi travail de Myriam El Khomri et cela se vérifie en Normandie depuis l’élection de Hervé Morin avec son dispositif ARME et la signature de cinq contrats de filière.

“Nous aussi, on a du répondant. On a les assises de l’industrie, par exemple. Si on est bien implanté, on s’oppose aux accords d’entreprise. Non, sur l’Axe-Seine particulièrement, on n’est pas en position de faiblesse.” Reynald Kubecki

Le constat est clair. A droite comme à gauche, il semble qu’on ait tourné le dos aux syndicats et leurs préoccupations. Pourtant, même si au Havre la CGT se porte plutôt bien, les syndicats doivent s’organiser et créer un véritable rapport de force au niveau national qui a du mal à exister aujourd’hui.

“Il faut arriver à la convergence des luttes. C’est possible malgré les divergences qui existent entre les branches. Moi, ce que je vois, c’est que les salariés de Dresser ont lancé une alerte sur leurs conditions de travail, c’est que les cheminots sont inquiets vis-à-vis de la réforme ferroviaire, c’est qu’il y a des situations précaires liées au travail. On le voit lors de nos permanences juridiques. Ca, c’est du concret.” Reynald Kubecki

 

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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