COMMENT CEACOM EST DEVENU COOL

11/10/2017 – Le centre d’appel Ceacom du Havre revient peu à peu sur le devant de la scène. Présent sur le territoire depuis 2006, son nom s’exporte au-delà de ses murs. Une stratégie voulue et assumée par son directeur Guillaume Milert… Mais aussi par le personnel.

INTERVIEW

Vous l’avez peut-être remarqué, le nom de Ceacom s’affiche ici ou là. Notamment comme partenaire de divers événements culturels. Le centre d’appel a ainsi pour ambition de se rappeler au bon souvenir de sa ville: Le Havre. Une ville dont les habitants n’ont pas toujours eu une bonne image de l’entreprise. Cette ouverture fait donc partie de la stratégie reconquête opérée par Guillaume Milert depuis sont arrivée en 2014.

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A CEACOM, TOUT PART DE L’INTERNE

Car oui, l’entreprise a connu un trou d’air en 2012-2013 avec 2 conflits sociaux. Guillaume Milert est d’ailleurs arrivé dans la foulée de cette situation qui a laissé Ceacom bien mal en point. Pourtant, le directeur ne veut pas oublier non plus cette période.

“On m’a demandé de changer de nom. Mais le passé est ce qu’il est. Il faut faire avec”

Pour réhausser l’entreprise qui venait alors de perdre l’un de ses clients, l’idée du nouveau patron était simple: remettre de l’ordre dans les relations entre salariés et direction. En effet, si les tensions ont été cristallisées lors des grèves évoquées, elles ont aussi été le reflet d’un certain mal-être au sein de l’entreprise. Ca, Guillaume Milert assure l’avoir bien compris.

“L’image vient de l’interne. Si les salariés rentrent chez eux et ont du mal à en parler, ce n’est bon pour personne. Ensuite, le salarié a du mal à dire ‘je suis Ceacom’ du fait que l’on travaille pour d’autres marques. Ca joue sur l’image externe”

Et pour cela, le directeur peut compter sur… ses employés. Catherine Guney, déléguée du personnel, appuie l’action de son directeur quant à l’implication de tout le monde.

“Chaque direction avait ses principes et sa façon de travailler. S’il y a eu conflits sociaux, personne n’en est fier mais les circonstances l’ont déterminé ainsi… Aujourd’hui, Ceacom nous appartient donc c’est notre mission aussi”

APRES LE CONSTAT, LES ACTES

Ainsi, il semblerait que les conditions de travail qui avaient fait la mauvaise réputation de l’entreprise appartiennent au passé. En effet, la représentante du personnel affirme que des réunions régulières ont été mises place en ce sens par Guillaume Milert. Mais cette stratégie ne s’arrête pas là. Car la direction et le comité d’entreprise se creusent la tête pour créer une certaine cohésion parmi les salariés. Aux manettes: Catherine Guney.

“On crée des animations tous les mois pour donner la possibilité de vivre autre chose. Ce sont des moments forts qui sont aussi importants pour le dialogue social (…) On a des désaccords, on se dispute. Mais sur ces animations, on se rejoint”

C’est ainsi que Ceacom s’implique actuellement contre le cancer du sein dans le cadre d’octobre rose. Précédemment, un barbecue avait été organisé entre les salariés tandis qu’une soirée avait eu lieu à la cabane des entrepreneurs de la plage début juillet.

Toutefois, ce travail en interne n’est pas déconnecté du travail de communication réalisé en externe. Car oui, Ceacom se montre de plus en plus à l’extérieur. Vous aurez peut-être remarqué que l’entreprise s’affiche en tant que mécène sur plusieurs événements bien implantés. En cette année 2017, le centre d’appel a ainsi participé au financement des 500 ans du Havre, bien sûr. Mais aussi à ceux des festivals Moz’Aik, We Love Le Havre. Ceci a eu pour but de soutenir ces initiatives puis de proposer quelques contreparties à ses salariés. En effets, des visites des Jardins Suspendus ou de l’exposition Impression(s) Soleil ont pu leur être proposées.

“Le mécénat rejoint la politique interne mise en place. Il faut savoir que certains salariés n’étaient jamais allés aux Jardins Suspendus ou au MuMa avant cela. Ca leur fait plaisir” (Guillaume Milert)

CEACOM SATISFAIT DES PREMIERS RESULTATS

Mais en somme, que doit on retenir de cette stratégie une fois que tout a été mis bout à bout ? Eh bien, elle répond à plusieurs problématiques d’après Guillaume Milert.

“On a un rôle social. On recrute parce que l’entreprise doit grossir (…) Or, il y a plein de personnes qui ne pensent pas à nous bêtement…”

La raison avancée par le directeur est simple. Ceacom propose des métiers du tertiaire au sein d’un bassin industriel. Des métiers a priori pas assez valorisés. Pourtant, d’après lui, cette stratégie fonctionne.

“Aujourd’hui, vis-à-vis des conditions de travail, on n’a pas de mauvais avis. D’ailleurs, on reçoit de plus en plus de candidatures spontanées depuis 2016. Le bouche à oreille est meilleur et il y a moins de mauvais souvenirs qu’auparavant de la part de ceux qui sont passés chez nous”

Les chiffres avancés sont là pour l’attester. Après être tombé à 260 salariés suite aux conflits sociaux de 2012-2013 et la perte d’un client majeur, le recrutement a été relancé. Et les embauches aussi. Ainsi 150 emplois ont été créés depuis 2014 tandis que 80 autres sont à venir. Ceacom a pour objectif de compter 450 employés d’ici fin 2017. Des emplois pas si précaires que ça à en croire Guillaume Milert.

“En 11 ans d’existence, on a remarqué que la durée moyenne de présence dans l’entreprise était de 6,5 ans. On propose des CDI avec une formation équivalent à bac +1 qui attire les jeunes en difficulté scolaire ou professionnelle. Ca joue”

C’est pourquoi, les partenariats de Ceacom avec diverses structures participent à sa communication externe. En effet, l’entreprise est en lien avec l’Association de Formation Professionnelle des Adultes (AFPA). Mais aussi le CFA Jeanne D’Arc, Cap Emploi, la Mission Locale et l’association Nos Quartiers ont du Talent (NQT).

La stratégie fonctionne dit-on au sein de la direction. Suffisamment pour renouer avec l’objectif de 1 000 salariés imaginé avant ses déboires ?