CITE NUMERIQUE: CHAIPAONVERRAAPRES

31/05/2017 – Le bâtiment qui va abriter la Cité Numérique et l’EM Normandie est intéressant. Architecturalement, déjà. Mais aussi parce que si tout a été prévu pour l’école, ce n’est pas du tout le cas de sa colocataire. Il faut dire qu’on s’en doutait un peu…

CONTENU EDITORIAL

La diversion d’Edouard Philippe, alors président de la CODAH, sur l’aménagement de la future Cité Numérique avait moyennement fait rire. Ensuite, l’explication de Hubert Dejean De La Batie, vice-président de Normandie, nous avait moyennement convaincu. Mais bon. Tout ça, c’était le 30 mars lors de la présentation du projet. Et force est de constater que, comme peu d’éléments semblent avoir été pensés en amont, ils n’ont fait que dire la vérité.

CN+EMN= ?

LA CITE NUMERIQUE OU L’OCCASION GÂCHEE

Certes, l’actuel Container n’est pas fonctionnel. Mais il a une excuse. Ses tenanciers ont dû composer avec un espace déjà prédéfini. C’est ainsi qu’il a fallu disposer les espaces de coworking et de détente, son administration/accueil puis le Fablab dans un espace total de 360 m² environ. C’était donc le gros avantage de commander un bâtiment tout neuf: pouvoir penser en amont à une organisation optimale. Hélas, même en interne de la CODAH, on le reconnaît, ça n’a pas été fait. Un comble quand on sait qu’il existe un projet SmartCODAH… Pourtant, du côté de l’Ecole de Management de Normandie (EMN), cet aspect a bien été pris en compte. A tel point que Jean-Guy Bernard, son directeur général, se réjouissait de sa mise en oeuvre fin mars.

“Le futur campus est proportionné pour accueillir tous nos étudiants. Leur nombre a doublé depuis 2007. C’est un bâtiment innovant, moderne et dans la logique de la smart-école. De plus, il répond aux standards internationaux. Ce sera un vrai élément de différenciation pour recruter les étudiants”

Mais pour la Cité Numérique, on va reproduire le même schéma en devant composer avec un espace que l’on n’a pas choisi.

UN BÂTIMENT PAS ADAPTE

On ne sait même pas de quoi sera faite la cloison séparant le Fablab de l’espace de coworking. Si c’est un bon gros mur des familles, ça ira. Si ce n’est qu’une simple plaque de placoplâtre, le bruit des machines va vite devenir un problème. D’ailleurs, parlons-en de ces espaces. Chacun est réduit. De 240 m², l’espace de coworking passe à 220. Certes, il est délesté de son espace détente et de sa partie administrative.

Elle est belle ma cité !

Puis il y a le Fablab qui espérait augmenter son espace de travail pour y installer toutes ses imprimantes 3D. Actuellement, elles sont disséminées entre le lycée Jules Siegfried, l’université du Havre et le Container. Seulement, ses futurs locaux devraient être amputés de 20 m². Une solution a bien été proposée: déplacer l’administration au rez-de-chaussée dans l’espace de 96 m² pour installer le Fablab au niveau de la mezzanine. En effet, cet espace est équivalent aux locaux actuels situés au Container. Mais justement, le bruit des machines pourrait être un problème à proximité d’un espace de détente ouvert à tous. D’ailleurs, on ne sait même pas si les niveaux du bâtiments peuvent soutenir le poids des imprimantes… Pour ces raisons, certains pensent donc à installer le Fablab dans l’ensemble de l’actuel Container à l’horizon 2019.

ENCORE BEAUCOUP DE TRAVAIL A LA CITE NUMERIQUE

Numérique ? Oui, non, ou pas

D’autres groupes de travail sont encore prévu entre les acteurs du secteur et les financeurs. Il faut réfléchir à un nom qui viendrait remplacer celui de Cité Numérique. Mais il faut aussi en trouver un pour le bâtiment lui-même sans pour autant faire oublier les deux entités qu’il abrite. Le magazine municipal du Havre parlait de totem début mai. Mais ça ne semble pas emballer tout le monde. Il faut aussi penser à une stratégie de communication afin d’installer ce lieu dès la pose de sa première pierre. C’est d’ailleurs pourquoi la question du nom devient urgente puisque les travaux vont débuter à l’automne. Enfin, un groupe de travail doit se tenir à propos de l’école du numérique. Car, là, encore, on a bien une vision. Mais dans les faits…

Edouard Philippe et la CODAH voulaient un beau bâtiment. Ils l’ont eu. Savoir quoi en faire aurait été un petit plus très appréciable. Surtout quand il s’agit d’argent public.

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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