CEACOM: UNE REPUTATION A REFAIRE

11/10/2017 – Grèves, réputation désastreuse… C’est avec ce passif que Guillaume Milert est arrivé à la tête de Ceacom en 2014. Si la stratégie reconquête semble porter ses fruits en interne, elle est difficilement quantifiable en externe. Pourtant, les ambitions de l’entreprise le laissent penser.

CONTENU EDITORIAL

Passons aux choses sérieuses et pas nécessairement de façon bête et méchante. Même si le style Seinomedia le laisse à penser parfois. Mais ne soyons pas dupe, notre passage par les locaux de Ceacom avait pour but de faire passer un message clair. En effet, ce que l’on a pu connaître de Ceacom il y a 10 ans est derrière nous. Ce n’est pas fourbe de l’écrire puisqu’on en a fait part à la direction lors de l’entretien retranscrit par ailleurs. Est-ce que ça veut dire que cette stratégie de communication n’est que poudre aux yeux ? Pas spécialement.

CEACOM: HAVRAIS ET FIER DE L’ÊTRE

Cependant, il n’est pas dans la nature de Seinomedia de se faire (uniquement) le relais de l’enthousiasme de ses acteurs économiques ou politiques. Même si, avouons-le, celui montré par la direction de Ceacom fait plaisir. Surtout quand on connaît l’image que traîne l’entreprise depuis son implantation en 2006. Conditions de travail désastreuses, grèves à répétition jusqu’en 2015… Autant dire que voir le directeur Guillaume Milert et sa représentante du personnel Catherine Guney tournés ensemble vers le même objectif fait plaisir à voir. Si en plus on ajoute les mots bien choisis du directeur teintés d’humilité, on ne peut qu’adhérer.

“On est ambitieux. Mais on reste une petite entreprise qui gagne à être connue”

Une petite entreprise qui met en avant son implantation havraise depuis quelques années. C’est aussi le sens des mécénats engagés depuis 2 ans auprès d’événements culturels qui partagent cette marque: Moz’Aik, Ouest Park et We Love Le Havre. Pour ce dernier, Guillaume Milert en est d’ailleurs particulièrement fier.

“Dans cette démarche, on ne pouvait pas ne pas soutenir ce festival qui permet à des artistes locaux de tous horizons de se faire connaître. Puis quand on voit les difficultés qu’ils ont eues cette année, on se dit que notre présence a vraiment été importante”

De plus, on notera que Ceacom joue plutôt finement avec sa politique de mécénat. En effet, l’entreprise refuse de communiquer sur les sommes allouées et d’interférer dans la tenue de ces événements. Ceci aboutit à une communication indirecte plutôt flatteuse de la part des organisateurs. Ainsi, Matthieu Lechevallier, directeur de Ouest Track Radio mais aussi membre de l’équipe dirigeante du Ouest Park disait ceci à l’antenne en 2016.

“Ceacom a été super sympa. Ils ont accepté de financer l’ensemble du dimanche avec la seule condition de faire un truc bien”

Y a pas à dire. Quand on a une pub comme celle-ci, l’image ne peut qu’en bénéficier. Et faire oublier que si Ceacom est bien une enseigne havraise, elle n’en reste pas moins une filiale. Celle d’un groupe allemand du nom de Arvato Bertelsmann. Mais la communication fonctionne. La preuve, vous ne le saviez peut-être pas.

CEACOM DE RETOUR DANS LE VERT ?

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Le mécénat a un autre atout qui a pour avantage de se nicher dans le subconscient collectif. En effet, quand on y réfléchit, si une entreprise participe à des manifestations, c’est qu’elle en a les moyens. Logique. Si ça permet en plus de se donner une image sympa, c’est encore mieux. De quoi aider à tourner le dos aux conflits qui ont émaillé le passé de Ceacom ? En l’associant à la politique menée en interne, il semble que ce soit le cas. Du moins, d’après son directeur.

“Fin 2014, c’était compliqué (…) Pendant 2-3 ans, il y a eu une baisse d’activité, on a perdu un client et on a dû stopper le recrutement… Aujourd’hui, on a 3 clients dont 1 avec lequel on veut grossir (…) L’ambition est de continuer et pourquoi pas atteindre les 1 000 collaborateurs d’ici 2019-2020. Mais ça dépend de plusieurs autres facteurs”

Il s’agissait des objectifs de Ceacom lors de son implantation en 2006. Le bâtiment était d’ailleurs prévu pour ce contingent. Aujourd’hui, cette ambition paraît de retour. Et ce grâce à la paix sociale qui semble s’être installée dans l’entreprise. En effet, Ceacom n’a fait l’objet d’aucun mouvement de grève depuis 2015. Quand on sait que 3 minimum ont émaillé la période 2012-2015… A tel point que certaines mauvaises langues auraient pu penser que le centre d’appel avait disparu. Mais en s’affichant via diverses manifestations, la population havraise se rend à l’évidence: ce n’est pas le cas.

Peut-être qu’à terme la mayonnaise prendra pour que Ceacom ne rime plus avec emplois précaires, bas salaires et travail de forçat. Certes, on ne balaye pas 8 ans de pratiques pointées du doigt en seulement 3 ans. Surtout quand il faut concilier image et développement de l’entreprise. Alors pure communication ou ouverture ? On n’est pas là pour juger d’autant que certains éléments nous restent inconnus. On se contentera donc juste de se souvenir des mots d’un expert es-communication. Alors maire du Havre, Edouard Philippe disait ceci à propos du changement d’image opéré sur sa ville.

“On ne fait pas de la communication avec ce qu’on n’est pas”

On espère juste que ce soit vrai. En tout cas, si ça marche à terme, Guillaume Milert aura réussi une sacrée prouesse.