AXE SEINE: L’UMEP HAUSSE LE TON

5/01/2017 – Réunis ce jeudi 5 janvier pour présenter le projet SeinePort Europe, l’UMEP et le STH se sont livrés à une démonstration de force vis-à-vis de la presse et des pouvoirs publics. Tantôt risible, tantôt effrayant, somme toute effarant.

CONTENU EDITORIAL

L'UMEP lance SeinePort Europe

Le projet SeinePort Europe devrait être mis en oeuvre vers 2020 pour arriver à son terme à l’horizon 2050. Pour cela, les porteurs du projet que sont l’Union Maritime et Portuaire (UMEP), la Fédération des Communautés Portuaires de l’Axe Seine (FCPAS) et le Syndicat des Transitaires du Havre (STH) auront besoin des pouvoirs publics et particulièrement de l’appui du futur Président de la République. C’est d’ailleurs pour cette raison que chacun des candidats sera reçu dans les prochains mois. Ceux-ci s’entrediendront de leur projet maritime avec les acteurs du territoire qui évalueront ensuite s’il s’accorde bien avec SeinePort Europe. Sérieusement ?

“Notre puissance sociale et économique fait que c’est nous qui maîtrisons les richesses et les pouvoirs politiques sont à notre service. On votera pour qui nous défendra et qui prendra en compte nos désirs.” (Jean-Louis Le Yondre, président du STH)

L’UMEP représente 600 entreprises, 22 000 salariés; la FCPAS, 1000 entreprises et 60 000 salariés. En tant qu’organisations patronales, elle ont sûrement leur mot à dire dans les décisions économiques des institutions politiques, surtout quand elles s’allient au STH, mais là… Car pour ces trois structures, le pouvoir a changé de main depuis 2009. Ce sont ceux qui créent les richesses qui ont le pouvoir et elles comptent bien s’en servir.

“Il faut des choix politiques majeurs. Si on ne fait rien, ce ne sera plus 22 000 salariés mais 8 000.” (Michel Segain, président de l’UMEP)

Ah oui, dès qu’on commence à parler emploi et chômage, ça a tout de suite plus de poids. Mais étant donné les budgets vont essentiellement venir de l’Union Européenne, que réclame-t-on en échange à l’Etat français pour éviter toutes ces suppressions d’emploi ?

“La France doit cesser d’interpréter et d’ajouter de la complexité là où il n’y en a pas, en demeurant fidèle au texte d’origine, pour ne plus créer des écarts de compétitivité, notamment avec ses voisins européens”.

En d’autres termes, on retire ce fichu principe de précaution de la Constitution qui empêche de mener à bien des projets rapidement. A cela, on ajoute les aides au démarrage d’activités, à la manutention, l’aménagement de terrains le long dans la Seine y compris en zones dangereuses et on simplifie leur obtention par les investisseurs. Y a un peu plus, je vous mets quand même ?

Quels sous pour financer quoi ?

ET CE QUI A ETE FAIT AVANT ALORS ?

Depuis 2006, l’Axe Seine a vu apparaître Port 2000 (2006), le Commissariat au Développement de l’Axe Seine (2009), HAROPA (ports du Havre-Rouen-Paris) en 2012 et le terminal multimodal en 2014. Pourtant, d’après Michel Segain, “depuis 2009, on dort”. Jean-Louis Le Yondre en rajoute même une couche: “le terminal multimodal a été imaginé par des grands penseurs qui se disaient que Le Havre accueillerait beaucoup plus de conteneurs qu’il ne le peut en réalité.”. Pourtant, tout le monde est d’accord pour dire qu’une fois que SeinePort Europe sera opérationnel, le terminal multimodal aura son utilité. C’est bon à savoir.

En bref, si la vallée de la Seine n’est pas compétitive, c’est parce que les pouvoirs publics ne donnent pas les moyens aux entreprises de se développer d’une part et qu’il est possible, d’autre part, pour les syndicats de bloquer une économie et faire perdre de l’argent au secteur privé comme ça a été le cas au printemps dernier ? Mais l’UMEP, la FCPAS et le STH n’ont-ils donc aucune responsabilité dans la situation actuelle malgré les quelques avancées énoncées ? On n’en saura rien. Ils réclament que HAROPA devienne un seul et même port ? C’était déjà le souhait de Antoine Rufenacht en 2012 lors de son lancement. Antoine Rufenacht était alors commissaire au développement de la vallée de la Seine nommé trois ans plus tôt par Nicolas Sarkozy encore Président de la République. Peut-être qu’il n’y avait qu’à demander ? Peut-être que les intérêts du port du Havre spécialisé dans le charbon et le pétrole ne sont pas compatibles avec ceux du port de Rouen plus axé sur le transport de céréales ? Peut-être que, même si elles sont sur le même territoire, les entreprises ont des intérêts divergents ? Mais “comme on n’y comprend rien”,  on va s’arrêter là.

Photo: Michel Segain, président de l’Union Maritime et Portuaire (UMEP) et de la Fédération des Communautés Portuaires de l’Axe Seine (FCPAS)

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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