AUTOCONSOMMATION: LA LUMIERE D’EDF ?

17/07/2017 – La Smartflower installée à Sainte-Adresse est symbolique pour le distributeur d’électricité EDF. Il s’agit de SON équipement capable d’autoproduire l’électricité de son propriétaire.

CONTENU EDITORIAL

Ah le futur… Un monde que l’on imagine déjà tout électrique. Une aubaine pour EDF ? Oui si on s’appuie sur le modèle économique et énergétique actuel. D’autant plus que bon nombre d’innovations sont déjà sur le marché ou sont amenées à l’être. Le tout avec un potentiel d’évolution non-négligeable. Seulement voilà, le modèle semble bien condamné à changer.

EDF EN ROUTE VERS L’AUTOCONSOMMATION

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Ce principe consiste en la consommation d’une électricité produite par des moyens domestiques. Jusqu’en 2016, ceci était interdit par la loi. Les possesseurs de panneaux solaires devaient en effet vendre l’énergie produite à EDF. Grâce à de nouveaux textes, ce n’est plus le cas. on a du mal à voir quel intérêt peut y trouver le distributeur d’électricité EDF sur le long terme… Pourtant, son directeur commercial délégué en voit plusieurs.

“On va là où nos clients veulent aller. Et on a des moyens de production pas toujours très populaires… La loi de transition énergétique prend ce chemin là et c’est normal qu’on le suive”

En attendant de voir se démocratiser l’autoconsommation, EDF a donc intérêt à sensibiliser la population à cette nouvelle technologie. Et particulièrement aux solutions que l’entreprise propose. C’est le sens de l’exposition de la Smartflower dans la cité dynonisienne. Les collectivités locales l’ont bien compris. Elles font ainsi appel à EDF pour coacher les utilisateurs de bâtiments publics à basse consommation ou à énergie positive.

“On est dans une période où on peut étudier l’autoconsommation à l’échelle urbaine (…) Il y a une baisse des coûts mais pas une baisse du confort. C’est pourquoi EDF doit accompagner ce mouvement, le mettre en oeuvre et le rendre visible”

Quoiqu’il en soit, la transition est déjà en cours. D’après le distributeur, sur 340 000 installations photovoltaïques en France, 14 000 ont déjà recours à l’autoconsommation.

EDF DOIT CHANGER DE MODELE AVANT 2040

A lire: Une Smartflower après ?

L’horizon de tous semble être 2040. Et EDF a apparemment intégré que son activité de distributeur d’électricité sera considérablement réduite à cette échéance. Le maire de Sainte-Adresse, Hubert Dejean De La Batie ne voit d’ailleurs pas l’avenir autrement.

“Il est fort probable qu’on voie vite arriver des habitations à courant de faible intensité”

Il y a donc une éducation à faire, des installations à adapter d’ici là. C’est sur cette carte que l’entreprise a sa carte à jouer. La Smartflower n’est qu’un exemple de ce revirement. L’éclairage intelligent en est un autre que EDF espère développer dans peu de temps. Mais il y en a d’autres à écouter Olivier Guerrand.

“L’urgence est climatique. Chez nous, il y a une unanimité sur ce constat (…) On doit réussir à mettre en place des équipements à neutralité énergétique. EDF développe déjà des ombrières qui sont des recharges photovoltaïques pour les voitures. Il y a aussi le numérique qui permet une capacité de calcul et d’optimisation sur la consommation”

Jusqu’à maintenant, la recherche et le développement faisait déjà partie des compétences d’EDF. Mais verra-t-on l’entreprise devenir essentiellement un équipementier plutôt qu’un distributeur ? Il semble bien que ça en prenne le chemin. C’est donc une mutation totale à laquelle on pourrait bien assister.

LA NORMANDIE COMME TERRITOIRE TEST

Cependant, le chemin est long. Pour le moment, seulement 0,6% de la production d’énergie est renouvelable. Et ce alors que la technologie photovoltaïque permet une production à 96,6% sans gaz effet de serre. Or, il s’agit justement de la technologie que le groupe met le plus en avant… tout comme à Sainte-Adresse. Quand on écoute Olivier Guerrand, ce n’est pas si anodin.

“La Normandie a une meilleure capacité d’ensoleillement à des endroits plus accessibles que dans le sud parfois”

La Normandie aurait donc les moyens de parvenir à son objectif de 100% énergies renouvelables d’ici 2040. Et ce n’est pas étonnant si le vice-président de la Région chargé de l’environnement fait de sa ville le cobaye des expérimentations.

Sur la photo: (de g. à d.) Hubert Dejean De La Batie et Olivier Guerrand

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Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
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