UN 1ER MAI PAS POLITIQUE DU TOUT

26/04/2017 – Plusieurs syndicats nationaux ont appelé à faire barrage au Front National. Pourtant, au Havre, on souhaite mettre la politique de côté. Et ainsi faire de ce 1er mai un moment purement syndical dédié à la population.

CONFERENCE DE PRESSE

Il est souvent reproché aux syndicats leur ingérance dans les milieux et débats politiques. D’ailleurs, au niveau national, la CGT a lancé un appel à faire barrage au Front National mardi 25 avril. Ceci devrait donc être au coeur des rassemblements syndicaux prévus pour la fête du travail, le 1er mai. Cependant, au Havre, les sections locales refusent de se déplacer sur ce terrain. Et en premier lieu… la CGT et son secrétaire Reynald Kubecki.

“L’extrême droite, on la combat tous les jours. Ca fait partie de nos convictions profondes, ça fait partie de nos statuts. Donc c’est pas le 1er mai qu’on va appeler à se saisir d’un front républicain pour contrer le FN. Ca c’est notre boulot de tous les jours”

UN 1ER MAI PARTICULIER

Les syndicats sur le front

Pourtant voilà, il est vrai que les préoccupations syndicales vont souvent de paire avec les décisions politiques. Loi travail, CICE, chômage… Cette proximité est pourtant très expliquable d’après Serge Fouché de Solidaires.

“Syndicalement, on ne se place pas (…) mais l’injustice sociale, c’est le terreau de tout, c’est le terreau du terrorisme etc… Donc on n’a pas à choisir nos élus. On sait très bien qu’il y aura des luttes avant, pendant, après”

Puis dans cette période présidentielle, l’intersyndicale réunie pour cette fête du travail aurait bien du mal à prendre parti. Entre une candidate infréquentable à leurs yeux et un ex-ministre dont ils ont toujours contesté les réformes.

“On demande aussi l’abrogation de la loi Macron, ça c’est clair. Et notamment la réforme prud’hommale qui a été mise en place. Depuis qu’elle est passée, il y a beaucoup moins de dossiers qui sont portés parce qu’il y a beaucoup plus de contraintes” Reynald Kubecki

Donc, vous l’aurez compris, pas question de prendre position localement en ce 1er mai.

PREPARER L’APRES

Autre raison de cette absence de position: l’analyse de la situation par les forces syndicales. Au vu du choix qui est proposé, les luttes vont probablement se succéder. C’est dans ce sens que va la pensée de Stéphanie Rio (FSU).

“On n’a pas envie de perdre notre énergie à parler de ça”

Quant à Serge Fouché (Solidaires), son constat est beaucoup plus alarmant bien qu’il justifie le caractère purement syndical de ce 1er mai.

“Le pouvoir n’est plus politique. C’est une machine libérale très puissante. C’est pour ça qu’on ne fait pas de politique, ce n’est pas faisable”

Enfin, pour Reynald Kubecki (CGT), il donc important de préparer l’avenir sans considération pour le pouvoir qui sera mis en place. Même si on s’oriente vers une élection d’Emmanuel Macron.

“Quand il y a eu un plan social chez SIDEL, Macron qui était ministre n’a rien fait. On y est allé 2 fois. 2 fois on s’est cassé le nez. La seule chose qui a fait reculer, c’est la lutte”

De quoi s’attendre à de futures grandes mobilisations, voire même un 3e tour social dans la rue ? “Nous, on est prêts” répondent en coeur les intéressés. Ca promet.

Le rassemblement du 1er mai est prévu lundi à 10h devant la salle Franklin du Havre.

Sur la photo: (de g. à d.) Stéphanie Rio (FSU), Reynald Kubecki (CGT), Serge Fouché et Alain Parisse (Solidaires)

Un petit partage ?
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Maxime Malfoy

Journaliste passionné, Maxime jongle entre radio, vidéo et presse écrite depuis 7 ans. Et pour ce tout terrain de 30 ans, l'important est de transmettre l'information en direct et sans filtre. C'est pour cette raison que Maxime a lancé Seinomedia.fr en janvier 2017.
View all posts by Maxime Malfoy →